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Lyon / Hervé Richard (KPMG) : "Les dossiers de fusions-acquisitions sont importants"

Publié le - - Grand témoin

Lyon / Hervé Richard (KPMG) : "Les dossiers de fusions-acquisitions sont importants"
© Marine-Agathe Gonard - Hervé Richard, directeur régional de KPMG Auvergne-Rhône-Alpes

L'accompagnement des entreprises n'aura jamais été aussi vital qu'en cette période de préparation de reprise. Rompu depuis plus de trente ans à cette expertise, Hervé Richard décrypte avec finesse et profondeur le travail d'audit et de conseil qui rythme le quotidien de KPMG en Auvergne- Rhône-Alpes, notamment auprès des ETI, PME et TPE. A la fois carburant économique de la région, mais aussi les plus exposées depuis un an.

Un an après le début de la crise liée à la Covid-19, quel est votre sentiment sur les perspectives de reprise économique ?

Il est difficile de répondre de façon globale, car nous sommes organisés par métiers – expertise-comptable, audit, conseil et droit - et par marchés, au service des TPE, PME, ETI et grands comptes. Toutefois, l'impact de la crise est réel pour la plupart des entreprises, je pense notamment à l'hôtellerie, la restauration et l'événementiel (jusqu'à 70 % de baisse de chiffre d'affaires, Ndlr), tandis que la moyenne de perte d'activité se situe à 10 % environ. Quoi qu'il en soit, le climat des affaires se stabilise, voire est résilient en Auvergne-Rhône-Alpes. Mais l'incertitude demeure. Et le chef d'entreprise n'aime pas l'incertitude. La crise met par ailleurs en exergue des enjeux de transformation numérique, mais également de rentabilité. Ce dernier point ouvre sur la vision stratégique de développement que doivent avoir les entre- prises. Elles vont devoir renforcer l'analyse de leur business plan dans un contexte où, en plus, il va falloir se préparer à rembourser les PGE et ne plus forcément compter sur les aides qui vont s'amenuiser.

La crise a-t-elle accéléré, en région Auvergne-Rh^one-Alpes, les mouvements de fusion-acquisition ?

Il y a deux grands axes qui se dégagent : les opérations de petites tailles qui correspondent à la création de briques complémentaires dans la construction d'une entreprise, qui peuvent être technologiques, de compétence ou géographiques, et celles relatives aux grands rapprochements, souvent très médiatiques. Ces deux sujets ont un point commun : le temps et le process nécessaires pour réaliser ces opérations. Ils sont devenus plus longs. Car l'adéquation entre la valeur que souhaite le vendeur et le prix qu'est prêt à payer l'acheteur, dans un contexte d'incertitude sur le business plan et sur les méthodes d'évaluation des trésoreries futures, est devenue complexe. Autant nous avons pu corriger 2020, car les impacts de la crise étaient maîtrisables sur la partie financière (PGE, chomage partiel...) autant les choses restent compliquées dans l'évaluation de la partie opé- rationnelle. Autrement dit, la baisse de l'activité des entre- prises est-elle seulement due à l'impact de la pandémie ? Les fonds d'investissements sont d'ailleurs très actifs actuellement et notre volume d'affaires concernant les reprises d'entreprise est très important.

Ambitions en région

Devez-vous faire face à une concurrence accrue dans le métier de l'accompagnement des entreprises ?

Si l'on prend le cadre des Big Four (les quatre plus grands groupe d'audit mondiaux : Deloitte, EY, PwC et KPMG, Ndlr), les stratégies sont toutes différentes. Chez KPMG, nous avons toujours misé sur la proximité avec nos clients. Nous sommes donc implantés en région en créant localement des équipes dédiées, c'est un élément différenciant. Le conseil spécifique aux ETI, PME et TPE est un marché sur lequel nous nous singularisons également. La région Auvergne-Rhône- Alpes est la deuxième région française en termes de PIB et de chiffre d'affaires et constitue pour notre groupe un levier fort de développement, notamment sur la partie conseil que nous avons engagée en 2016 de manière plus spécifique avec 70 personnes dédiées en région. Notamment sur la partie « deal », autrement dit les segments de la transaction (achat-cession d'entre- prise), fusions-acquisitions, restructuring et évaluation d'entreprise. Et sur la partie conseil proprement dite : management consulting, risk consulting (sécurisation informatique) et le conseil en finances.

Nous travaillons également sur le sujet primordial de l'intégration des équipes dans le cadre d'une reprise d'entreprise, les fameux 100 premiers jours après l'acquisition qui sont majeurs aprés la mise en place d'un modèle organisationnel. Notre action porte par ailleurs sur la compréhension par les entreprises des différents éléments du plan de relance. Nous avons engagé une réflexion toute récente, relative au fonds souverain lancé par la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec cette volonté d'aider la relance des entreprises, par exemple en matière de réindustrialisation. L'analyse du développement stratégique dans l'accompagnement des entreprises dans cette période d'incertitude, n'aura jamais été aussi primordiale. Nos axes de développement depuis trois ans en Auvergne-Rhône-Alpes tournent donc autour de la transformation des entre- prises, notamment digitale, et de la responsabilité sociale des entreprises.

Blockchain Partner a récemment rejoint KPMG, quel est l'objectif de ce rapprochement ?

Notre association va dans le sens de cette nécessaire transformation numérique des entreprises. Blockchain Partner est spécialisée sur ce domaine très spécifique en accompagnant, notamment, des entreprises du CAC 40. L'utilisation de la blockchain au service de la Supply Chain et des services financiers, reste un sujet fort.

Quid de I'IA dans vos métiers ?

Notre enjeu reste la gestion et l'analyse de la data. Il faut qu'on aille plus vite dans le traitement de nos tâches et que l'on travaille encore mieux. Ainsi, la question du benchmark dans le développement des entreprises est essentielle pour les années à venir, d'où l'intensification de l'utilisation de cette data pour améliorer la veille stratégique. Le projet Blue que nous déployons, utilise par ailleurs l'IA pour mettre en relation un vendeur et des acheteurs dans le cadre de la restructuration d'entreprise.

L'international est un levier de croissance que vous promouvez. La crise a-t-elle, ou va-t-elle modifier la perception des entreprises françaises vis-à-vis des possibilités de développement hors des frontières ?

J'ai travaillé pendant 15 ans à l'international en participant notamment à l'implantation de KPMG en Roumanie en 1995. Nous sommes passés de 20 à 450 personnes en 8 ans. C'est à cette période que je suis devenu conseiller du commerce extérieur. Le sujet de l'international reste complexe pour une entre- prise. À l'étranger, l'étranger c'est nous. C'est important de le garder en tête même si le développement hors des frontières est un relais de croissance. Plus de 750 entreprises en Auvergne-Rhône- Alpes ont une implantation à l'international et ont montré d'ailleurs une certaine résilience depuis un an. Les entreprises ont cette volonté de se développer à l'étranger, mais ça coûte cher.

Seb est un bel exemple de réus- site sur le marché chinois, mais le groupe lyonnais a dû passer par des étapes d'investissements mûrement réfléchies avant de connaître le succès. Il faut aussi savoir pourquoi l'on va à l'international. L'autre sujet de l'inter- national, ce sont les investissements directs étrangers (IDE). Les chiffres ne sont pas bons depuis un an. Il y a certes de l'incertitude qui peut expliquer cette situation. Mais le vrai sujet reste la stabilité d'un pays.

C'est un indicateur de confiance pour les investisseurs étrangers. L'argument des seules aides que peut octroyer un pays, ou de la fiscalité avantageuse localement ne suffit pas à répondre à la volonté de s'implanter à l'étranger. Le dynamisme d'une région, la concentration des talents, la qualité de vie, les infrastructures, la géographie... Sont d'autres éléments qui pèsent aussi dans cette décision.

Ses dates clés

2020
Président du Lyinc

2016
Nommé directeur de KPMG Auvergne- Rhône-Alpes

2003
Devient Conseiller du commerce extérieur

1999
Devient associé à KPMG




Julien THIBERT
Journaliste

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