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Innovations/ Start-up : Lyon à la conquête de la Chine

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Innovations/ Start-up : Lyon à la conquête de la Chine
©Caroline Thermoz-Liaudy - Vue de Chongqing

Les liens entre la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Chine ont plus de 30 ans. Aujourd'hui, selon la CCI Lyon Métropole- Saint-EtienneRoanne, les deux territoires perpétuent de nombreuses collaborations culturelles, universitaires ou encore économiques. Ainsi, une quarantaine d'universités ont conclu des partenariats avec leurs homologues chinois, plus de 160 entreprises auralpines se sont installées en Chine, tandis que 16 chinoises ont aussi choisi notre région. A noter que 8 % des investissements étrangers d'Auvergne-Rhône-Alpes proviendraient d'entrepreneurs chinois. Rencontre avec ces entreprises lyonnaises qui ont choisi ce vaste marché d'Orient.

Peut-on construire le gagnant-gagnant franco-chinois ?

Avec ses proportions démesurées, la Chine se présente comme une opportunité de croissance de marché importante pour les entreprises françaises.

Au début du mois de novembre, le président Macron se rendait en Chine. Une visite plutôt efficace, puisque le Président français a signé une quarantaine de contrats, soit plus de 13 Md€ de valeur. Emmanuel Macron était aussi en visite officielle à la Foire internationale des importations de Shangai, dont la France était l'invitée d'honneur, preuve que les deux pays souhaitent repenser certains aspects de leurs économies respectives ensemble.

Une délégation de la région Auvergne-Rhône-Alpes lui a emboîté le pas un mois après pour tenter de développer des partenariats économiques. Venu inaugurer un incubateur de start-up franco-chinois, Eric Romestant associé et dirigeant d'1Kubator à Lyon explique qu'« en étant sur les deux continents, nous maîtrisons deux marchés.

Car si les façons de fonctionner françaises et chinoises diffèrent, elles n'en seraient pas moins complémentaires. Nous avons en France une forte présence auprès des start-up pour les aider à se structurer et à se développer. En Chine, les entreprises, pour peu que le projet séduise, trouvent assez facilement des soutiens, auprès des grandes entreprises ou des entreprises publiques. Ces appuis permettent aux start-up d'être prêtes rapidement pour répondre à de très grosses commandes ».

L'atout chinois ? Sa capacité manufacturière importante et meilleure marché que la production française. Face à cela, quelles sont les chances pour l'économie française ? D'abord la chance des idées, car les Chinois reconnaissent eux-mêmes leurs lacunes en matière d'innovation. Mais aussi la chance du savoir-faire tricolore. En effet, les entreprises françaises qui produisent en Chine ne font souvent réaliser qu'une partie de leur produit (surtout les parties à moindre valeur ajoutée), car le risque de copie est encore grand. La France et la Chine seront-elles alors capables de construire une relation économique win-win ?

« Chongqing talents conférence »˜: 6 000 participants au service de la coopération internationale

Les 9 et 10 novembre derniers se tenait à Chongqing, le CTC (Chongqing talents conférence). 6000 participants étaient attendus parmi la trentaine d'évènements organisés autour de ce grand rendez-vous.

Le 9 novembre s'est ouvert le CTC, au sein du démesuré Centre des congrès international de Chongqing.

Un établissement adapté à la jauge de la métropole et qui accueillait pour la seule ouverture, près de 3 000 personnes, principalement chinoises, mais pas seulement. Parmi les internationaux : une délégation française, issue de Lyon.

Ainsi, au milieu des écrans de plusieurs dizaines de mètres de long, sur une scène aux proportions étonnantes, ont défilé les intervenants d'un casting hors-normes, pour débattre de développement économique. Des intervenants reconnus qui bénéficiaient d'une notoriété internationale évidente, même si l'œil occidental pouvait être interpellé par la nature de certains speakers.

En effet le CTC était organisé par le Parti communiste chinois municipal. S'y côtoyaient donc des créateurs de licornes, les professeurs des plus grandes universités du monde, des prix Nobel… et des soutiens ouverts de Xi Jinping, faisant la propagande du régime chinois sous le portrait de leur président.

Ce qui n'a pas empêché d'évoquer le motif principal de l'évènement. Ainsi, Robert Merton, prix Nobel d'économie 1997 expliquait : « En matière de technologie et d'innovation, c'est la notion de compression qui se remarque depuis le début du XXe siècle.

Cette compression fait que ce qui prenait 10 ans à l'époque, ne prend plus que trois ans aujourd'hui, et ne prendra probablement que 8 mois dans cinq ans. Cette accélération de l'innovation a des conséquences que nous devons prendre en compte, sur la recherche de financement, l'éducation et les pratiques. »

Sur l'écologie, sujet que l'on n'attendait pas forcément dans ce contexte, a fortiori en Chine, intervenait l'expert Mohan Munasigue. « Nous devons intégrer à notre économie des solutions en faveur du climat. On doit maintenir un équilibre entre les dimensions sociales, économiques et écologiques. Je propose pour cela un nouveau modèle de croissance globale : le BIGG pour Balance Inclusive Green Grouth ».

Expert en Big data et professeur à l'université d'Oxford, Viktor Mayer Schonberger prodiguait aussi ses conseils : « L'agilité, la capacité d'adaptation, est ce que nous devons enseigner à nos talents, et c'est ce qu'ils devront embrasser. »

Fasteech met le cap en Chine

Alors qu'elle s'apprête à distribuer ses brosses à dents électriques pour personnes dépendantes dans 70 pays du monde, et après avoir été conviée au CES de Las Vegas, Fasteesh était le 9 novembre dernier en Chine pour participer au CTC : Chongqing Talents Conférence. Objectif : l'international.

Benjamin Cohen

Fasteesh est une société lyonnaise créée par Benjamin Cohen et Christophe Cadot qui développe des brosses à dents électriques qui permettent de brosser les dents des personnes dépendantes en 10 secondes. Si la startup commercialise déjà son produit dans une trentaine d'établissements spécialisés pour personnes dépendantes en France, elle a aussi lancé l'équivalent pour les particuliers : la Y-Brush.

Les préventes ont permis de vendre 7 000 appareils (soit 500 000 €), pour une distribution qui commencera en janvier 2020 dans 70 pays dont la Chine. « On souhaite accélérer notre développement à l'international.

Les Etats-Unis nous intéressent, ainsi que l'Asie et notamment la Chine où on sait qu'il y a un marché. La participation au CTC nous permet d'explorer, de voir ce qui peut être fait dans l'année qui vient.

Nous avons déjà des clients ici, mais nous recherchons désormais des investisseurs et des partenaires pour commercialiser en Chine dès 2020. » C'est l'activité « à domicile » qui devrait être développée en Asie. « On est en train d'investir sur les moyens de production pour être capable de fournir rapidement.

Et en France, on s'organise avec des entreprises de distribution, notamment dans la pharmacie, car si Internet est un canal qui fonctionne bien à l'étranger, en France ça ne suffit pas sur un produit tel que le nôtre ». La brosse brevetée est fabriquée en France. La production du manche est délocalisée en Asie et dans d'autres pays d'Europe. L'année dernière, Fasteesh a réalisé 200 000 € de ventes, et a pour objectif de réaliser 38 M$ de CA en 2023. Après une première levée de fonds pour lancer l'activité, Fasteesh opère actuellement une deuxième levée et espère rassembler 3 M$ d'ici au premier semestre 2020.

Expertise française: quelles attentes des acteurs économiques chinois ?

Si les entrepreneurs français aspirent à investir la Chine, les acteurs du monde économique chinois se montrent disposés à leur ouvrir les portes. L'expertise française en matière de technologie et d'innovation, associée à la capacité manufacturière chinoise, pourrait alors être une clé de la réussite.

Jeng Ling, vice-présidente de l'Assemblée consultative municipale de Chongqing : « Emmanuel Macron a visité l'expo de Shanghai et a signé de nombreux contrats et accords, et une nouvelle page de la coopération franco-chinoise a été ouverte.

Une nouvelle révolution technologique et scientifique est en cours. Il faut aider les entreprises à lever les barrières pour faciliter les échanges. La France est un grand pays d'innovation, et Chongqing est un site industriel important, situé sur un carrefour stratégique de la route de la soie. J'attends avec impatience que les technologies innovantes françaises soient développées, avec les avantages manufacturiers de Chongqing. » Wang Zhen, directeur adjoint du département Administratif et membre du département affaires du centre de développement économique de Qingdao : « Nous sommes spécialisés dans l'innovation et le transfert de technologies, c'est pourquoi nous avons intérêt à travailler avec l'Europe, et en particulier avec la France qui sait développer des compétences dans ces domaines. […] Au-delà du soutien financier, notre structure peut-être un facilitateur pour les parties administratives, par exemple pour faciliter les obtentions de visas. » Joe Sun, CEO 1Kubator Asia: « La Chine est aujourd'hui dans une phase où elle souhaite s'ouvrir sur le monde.

Et parmi les pays avec qui elle souhaite le faire, il y a la France qui a été le premier pays à reconnaître la Chine en tant que grande puissance mondiale. Nous célébrons d'ailleurs cette année le 55è anniversaire des relations diplomatique entre nos deux pays. Les acteurs français doivent savoir saisir les opportunités de ce contexte pour développer avec la Chine de l'innovation et du transfert de technologie. »

1KUBATOR : premier pas vers la conquête de la Chine

Situé au 49e étage d'un building en plein quartier d'affaires du district de Jiulongpo, à Chongqing, le premier incubateur chinois de la marque lyonnaise 1kubator vient d'être inauguré. Ce ne sont pas moins de 1 500 m² dédiés à la collaboration franco-chinoise, et au développement des start-up (Lire par ailleurs ici).

Le 12 novembre dernier a été inauguré à Chongqing, métropole chinoise de quelque 33 millions d'habitants, le premier 1Kubator de Chine. La marque d'incubateurs lyonnaise a en effet lancé sa filiale en Asie : 1K Asia, basée à Hong-Kong et dirigée par Joe Sun. Avec ce premier établissement en Chine, 1K souhaite développer son potentiel (et le potentiel de ses start-up) sur le marché asiatique, avec le double objectif d'aider ses entreprises à l'export, et de générer une véritable collaboration franco-chinoise.

A terme, c'est l'ensemble du marché asiatique qui est en ligne de mire. « Nous présentons des projets à haut-niveau technologique, pas toujours brevetés mais toujours très en pointe. La France est un petit marché intérieur.

Donc, bien que très créatifs, on a des difficultés à développer rapidement une entreprise, pour des questions de taille de marché ou de réglementation. D'où l'intérêt d'arriver sur un marché plus grand, qui nous permet d'aller rapidement sur une masse critique conséquente, explique Eric Romestant, cofondateur et associé d'1K. Et nous profitons de cette inauguration pour ouvrir le premier club d'affaires francochinois, afin de donner de la visibilité aux entreprises des deux pays, et de protéger leurs intérêts dans les pays où elles se rendront ».

A l'occasion de l'inauguration, le Consul général de France à Chengdu, Bruno Bisson, expliquait : « Après deux ans de travail, vous arrivez à la naissance de ce premier incubateur franco-chinois. Vous ouvrez vos portes aux entreprises françaises et aux entreprises voisines de la France, mais il ne faut pas s'arrêter là. Car tout reste à faire. C'est maintenant qu'on a besoin des investisseurs, des partenaires, des entrepreneurs… Il faut faire savoir ce que vous faites. » Un second 1kubator est en projet, cette fois dans l'Est du pays, dans la ville côtière de Qingdao. « Nous y travaillons depuis un an et espérons l'ouvrir en 2020. Nous cherchons les locaux et des investisseurs que nous sommes venus rencontrer en ce mois de novembre.»

Supraways : transport urbain pilotable et prédictif

Originaire de Lyon, la start-up Supraways propose des transports en commun pilotables et réservables via une application smartphones. Offrant plus de liberté de déplacements que les modèles connus de transports urbains, ils sont aussi moins coûteux à réaliser.

Alors que la France comme la Chine font face à un important besoin en matière de transports, 1kubator présentait à Chongqing, une start-up lyonnaise innovante en matière de transports en commun pilotables. Encore au stade de concept malgré des brevets déjà déposés, Supraways propose un métro aérien, où les cabines ne sont plus déposées sur le rail mais suspendues. L'innovation réside principalement sur le fait que les cabines sont pilotables via smartphones.

Il suffit de commander une cabine grâce à l'application, et celle-ci se rend disponible en gare la plus proche, pour mener les passagers à destination. Plus de lignes fixes, mais un réseau sur lequel peuvent librement naviguer les cabines en fonction des besoins des utilisateurs. De plus, le déchargement de passagers étant pensé pour se faire sur des voies parallèles aux voies de circulation, celle-ci n'est jamais censée être interrompue.

Le placement des cabines doit se faire de façon prédictive dans les gares, avec des algorithmes qui anticipent les habitudes de déplacement des voyageurs. L'approvisionnement électrique se fait par panneaux solaires. « Outre la pertinence de développer des transports innovants, les villes françaises comme étrangères pourraient trouver un intérêt économique à cette solution. En effet, la construction d'une ligne aérienne coûte 50 % de moins que la construction d'un métro et 20 % de moins que la réalisation d'un tramway, pour un coût énergétique réduit de moitié » expliquait Eric Romestant, CEO d'1Kubator, devant les investisseurs potentiels chinois.

Un prototype est d'ores et déjà réalisé, et les composants clés fonctionnent. Un accord devrait être très rapidement conclu pour une installation dans une grande ville de France, dont le nom est encore confidentiel.

1Kubator Lyon invite à une conférence

1Kubator Lyon et son partenaire Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes à l'occasion du passage exceptionnel à Lyon d'une délégation chinoise de Chongqing, la première municipalité de Chine (34 M d'habitants), et de la Smart China Expo. Cliquez ici https://ypl.me/dhR-

29 novembre 2019 de 8 h 30 à 10 h 30-Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes-4 Boulevard Eugène Deruelle-Lyon 3è.

8h30 : accueil des participants au siège de la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, 15e étage, café d'accueil, networking, échanges informels avec les intervenants

8h55 : installation dans l'auditorium

9h00 : projection vidéo sur la municipalité de Chongqing, ses atouts démographiques, économiques, et touristiques,

9h10 : discours d'accueil

9h20 : présentation de la Smart China Expo, une foire internationale de référence au niveau mondial sur le thème des Smart Industries

9h45 : présentation des programmes d'accueil des investissements étrangers en Chine offerts au sein de la high-tech zone

10h00 : question/réponses

10h30 : networking, échanges informels autour d'un café, possibilité de rendez-vous personnalisés




Caroline THERMOZ-LIAUDY
Journaliste

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