AccueilSociétéLucien Mainssieux : « la plus belle peinture est celle qui nous fait voyager »

Lucien Mainssieux : « la plus belle peinture est celle qui nous fait voyager »

Lucien Mainssieux naît le 4 août 1885 à Voiron.

ActualitéSociété Publié le ,

Il n’a pas deux ans lorsque sa mère décède et c’est son père, pharmacien de son état, qui se voit alors confier la tâche délicate d’élever ce petit à la santé fragile. Très tôt en effet, les spécialistes lui diagnostiquent une tuberculose des os du bassin. Le garçonnet restera alité les douze premières années de sa vie, avant de se mouvoir à nouveau, bien qu’en boitant. Il en fallait pourtant plus à cet enfant vif et plein d’entrain pour se décourager. Eveillé, avide d’apprendre, il hérite du don de sa mère pour la musique et se lance dans l’apprentissage du violon, en effectuant en parallèle quelques études picturales sous la coupe de François-Joseph Girot, puis Jules Flandrin. C’est en 1905 qu’il débarque à Paris, une capitale alors secouée par le scandale des peintres fauves, et rejoint les bancs de l’académie Julian, où il se lie d’amitié avec Dunoyer de Segonzac. Peu à peu, les artistes parisiens lui ouvrent leurs portes : Matisse, Marquet, Rouault… Se délectant d’enrichissants échanges, se nourrissant d’inspirations diverses, Mainssieux se plait dans la capitale et s’épanouit dans son atelier montmartrois ; il y restera jusqu’en 1910, date de son tout premier voyage à Rome. Une nouvelle page de sa vie était alors sur le point de s’ouvrir.

L'appel de l'Orient

De ce séjour au coeur de la capitale antique, le Voironnais en ressort transformé, au point d’effectuer un voyage par an en Italie jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale. En résultent ses premiers succès picturaux : La Ciociara, Italie fermes romaines, Les ruines de Pompéi... Après la guerre – à laquelle il ne participe pas à cause de son handicap –, il se lance dans une frénésie productive, qui lui vaut d’être lauréat de la Société coloniale des artistes français. Déclinant la récompense, une bourse pour le Congo, Lucien Mainssieux préfère se tourner vers le nord du continent, qui l’intrigue davantage. En se rendant en Tunisie en 1921, il pose pour la première fois le pied au Maghreb. C’est le coup de foudre. « Ses aquarelles sont toutes aussi limpides et claires que sa vision des choses. Son écriture est cursive, voire incisive et rappelle par maints traits celle de Matisse et Segonzac », dira Bruno Jay après avoir contemplé quelques-unes de la centaine de toiles que l’artiste rapporte de Tunis. Il faut dire que Mainssieux n’est pas le seul à être victime de cet « appel du Sud » : dès le début du XIXe siècle, la France s’ouvre aux pays méditerranéens via l’antique route de la Soie. Louis Appian, Jules Migonney, Jean Seignemartin… Ils sont nombreux à alimenter une véritable fascination pour cet ailleurs, dont ils représentent l’âpreté du désert, la sensualité des femmes orientales ou encore le pittoresque des scènes de rues. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5104 du samedi 7 juin 2014

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