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Louis-Eugène Alleyron, gardien de la paix au cambodge

Louis-Eugène Alleyron voit le jour le 10 novembre 1825, à Grenoble.

ActualitéSociété Publié le ,

Attiré par l’armée, il entre à Saint- Cyr, dont il sort en 1846 avec le grade de sous-lieutenant d’infanterie de marine, muni d’une affectation pour Mayotte. En chemin pour La Réunion, il réprime sa première insurrection à Nosy Be, une île côtière de Madagascar, alors que les Sakalavas (une ethnie locale) déclenchent des émeutes. Il devient lieutenant en 1852, puis capitaine en 1855, et est enfin promu chef de bataillon en 1861. Une période au cours de laquelle il officiera en Crimée, avant de participer au siège de Sébastopol, puis à la prise de Saïgon, pour revenir, quelque temps plus tard, prendre le commandement d’une garnison en France. En 1866, alors qu’il supervise la province de Bien Hoa, proche de l’ancienne Saïgon, l’occasion va lui être offerte de s’illustrer au Cambodge.

La victoire sans combattre

Depuis le traité signé le 5 juillet 1863 par le roi Norodom 1er, le Cambodge est sous protectorat français ; une action rendue possible grâce au concours du capitaine Ernest Doudard de Lagrée, autre explorateur rhônalpin qui s’illustrera quatre ans plus tard lors d’une expédition scientifique sur le Mékong. Or, en 1866, l’équilibre précaire de ce royaume est menacé par un agitateur connu sous le nom de Pu-Combô. Ce dernier, ancien novice à la bonzerie d’Angkor-Vat, où il était connu sous le nom de Pou, mène une insurrection à la tête de 2 000 Khmers, prétendant être le prince Pu-Combô, petit-fils du roi Ang-Chan. Les troubles commencent dès le 7 juin, date à laquelle l’administrateur français de la région de Tayninh est tué par les émeutiers. Au fur et à mesure de sa progression, Pu-Combô entrevoit de plus en plus la possibilité de s’emparer du pouvoir suprême dans la région, utilisant l’impopularité du roi comme prétexte à sa légitimité, promettant de surcroît au peuple de baisser ses impôts.
Ne pouvant tolérer cet état de fait, la France charge alors le commandant Alleyron de rétablir la paix dans la région. Vers la fin du mois de novembre, ce dernier prend la tête d’une colonne d’un millier de soldats français, et entre en campagne. Il est alors rejoint par un mandarin du nom de Pu-Soc, qui dirige quelque 1 800 Cambodgiens, équipés en partie comme des Européens. Une alliance qui s’avère payante : probablement effrayé par la taille de cette armée, l’ennemi se retire au fur et à mesure de la progression des troupes, qui ne rencontrent, de fait, aucun obstacle. Il ne s’agit pourtant là que qu’une demi-victoire, car Pu-Combô a chassé les fonctionnaires royaux, utilisant désormais ses hommes pour percevoir les impôts à leur place. Or, Alleyron ne parvient que très difficilement à rétablir les autorités légitimes, les mandarins restés fidèles au roi ayant tous disparu… Les troupes d’Alleyron finissent par atteindre le bord du Mékong, sans parvenir à mettre la main sur Pu-Combô. Le commandant reçoit alors l’ordre de rentrer à Tayninh, point de départ de la campagne qui permit de contenir temporairement la révolte, permettant ainsi aux Cambodgiens d’organiser leur défense. Ainsi, lorsque Pu-Combô menace la capitale, Phnom-Penh, le commandant Brière de l’Isle est en mesure de le repousser jusqu’à l’arrivée des renforts, menés par le colonel Reboul. Les troupes rebelles seront finalement vaincues le 7 janvier 1867, entre Phnom-Penh et Oudong. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5110 du samedi 19 juillet 2014

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