AccueilSociétéLoisirs - Jazz à Vienne : une ouverture sur les musiques afro-américaines !

Loisirs - Jazz à Vienne : une ouverture sur les musiques afro-américaines !

Pour cette 31e édition, Jazz à Vienne voit sa programmation une dernière fois marquée de l’empreinte de Jean-Paul Boutellier.

ActualitéSociété Publié le ,

Christophe Bonin lui a succédé en prenant officiellement la fonction de directeur du festival le 4 avril dernier avec l’envie de « poursuivre le développement initié par l’équipe de Jean-Paul Boutellier, d’aller dans le sens de la qualité de la programmation et de faire vivre le jazz tout au long de l’année sur le pays viennois et à l’extérieur ». On en veut pour preuve l’opération « Jazz à Vienne in Paris » qui s’est déroulée bien entendu… à Paris !
A Vienne proprement dit, la programmation sera articulée autour de deux grands axes. Le premier concernera la commémoration du vingtième anniversaire de la disparition de Miles Davis sous la forme d’hommages, directs ou indirects. Ce musicien exceptionnel a véritablement marqué l’histoire de Jazz à Vienne lors de ses différents passages entre 1984 et 1991. Une première soirée, le 2 juillet, viendra donc mettre en lumière cet artiste avec un « Hommage à Miles » qui exhumera, pour le plaisir de tous, l’album « Bitches Brew », né il y a quarante ans (1970). Ce chef d’oeuvre a véritablement ouvert les portes du jazz fusion avec un jazz électrique et visionnaire qui montre toute l’ampleur de son génie. Pour cet hommage, Wallace Roney – qui a fait ses classes au sein des Jazz Messengers d’Art Blakey au début des années 80 et qui a rejoint par la suite le quintette de Tony Williams – fera revivre la musique du maître dans le projet « Bitches Brew Beyond », porté par la famille de Miles – le batteur de cette formation, Vince Wilburn, n’est autre que son neveu. A leurs côtés, on annonce de grandes pointures : présence de Bennie Maupin – saxophoniste des Headhunters dès 1973 et sur quatre albums de Miles Davis dont « Bitches Brew » – ; Foley, dans le rôle du « lead Bass » – qui est aussi batteur avec George Clinton ou Fishbone – ; Al Foster – le batteur qui a remplacé Jack Dejohnette auprès de Miles dès 1972 – ; Darry Jones – l’actuel bassiste des Rolling Stones – ; ou encore Duane « Black Byrd » McKnight – guitariste de Parliament et de Funkadelic…

Après les femmes, les hommes…

Un second spectacle, « Tribute to Miles », se déroulera le 12 juillet ; il lui sera également dédié. Ce spectacle a été spécifiquement préparé par Marcus Miller, ancien musicien et producteur de Miles, qui sera entouré de deux grands artistes : Herbie Hancock et Waine Shorter. Dans la programmation 2011, d’autres musiciens ayant côtoyé Miles Davis viendront renforcer cette commémoration, avec différentes formations, à l’image de John Scofield, Mike Stern, Didier Lockwood, Dave Holland, Chick Corea, Ahmad Jamal ou encore Sonny Rollins.
Jazz à Vienne a dédié sa précédente édition aux voix féminines. Cette fois-ci, honneur aux voix masculines, notamment avec la venue de Tom Jones. Ce dernier rentrera d’ailleurs directement dans le vif du sujet en inaugurant le festival le 29 juin, aux côtés de Matt Dusk et de l’Harold Lopez Nussa trio. Du côté des voix masculines, il faudra également compter sur d’autres noms célèbres comme Al Jarreau, Georges Benson, Gilberto Gil, Jamie Cullum… Cependant, les voix féminines seront aussi représentées avec Ayo, La Velle, Cecil McLorin… Et le retour de Cyndi Loper qui laisse son côté pop originel pour une touche plus jazz…

Jamie Cullum, un pianiste déjanté !

Avec Jamie Cullum, vous êtes assurés d’assister à un véritable show, dans lequel son piano risque de ne pas se relever ! Cet auteur-compositeur multi-instrumentaliste, originaire d’Angleterre, est principalement connu en tant que pianiste et chanteur. Quatre ans après le succès de « Catching Tales » (2005, Universal Classics & Jazz), il sort son cinquième album « The Poursuit » (2009, Decca Records). Sa particularité est d’aller autant du côté de la pop que d’un jazz léché. « The Poursuit » en est d’ailleurs une belle illustration puisqu’il démarre avec « Just One of Those Things », écrit par Cole Parker, que Jamie Cullum – chant, piano – interprète notamment aux côtés de The Count Basie Orchestra. Autant dire que cet album commence fort ! Le titre « Wheels » s’égare quant à lui du côté d’une pop mélodieuse et classieuse. Avec « If I Ruled The World », le jazz vient côtoyer le trip-hop… Puis, en arrivant à la fin de l’album, on atterrit même dans une pop-électro avec « Music Is Throught ». Cependant, l’album garde une grande cohérence, notamment grâce un tracklisting bien pensé qui vient littéralement rythmer l’album. Outre le fait d’être un musicien qui connaît la musique, Jamie Cullum possède également une voix de crooner qui sait charmer son auditoire. Sur scène, vous ne vous ennuierez pas une seconde. Jamie Cullum se transforme de temps en temps en véritable acrobate en montant sur son piano... Le 10 juillet, ce sera du jazz, mais aussi de la pop, du trip-hop… et une voix !

Quatre scènes principales

Mais Jazz à Vienne, ce sont aussi des soirées à thème. Elles seront toujours d’actualité dans cette nouvelle édition. Le festival verra ainsi une soirée blues le 1er juillet avec le guitariste Derek Trucks aux côtés de sa compagne Susan Tedeschi, Robert Randolph & the Family Band et le surprenant duo Mountain Men. Le 3 juillet sera dédié au gospel avec Rhoda Scott qui sera entourée de plus de 200 choristes de la région et interviendra juste avant avec les Soul Sisters. Rhoda Scott sera d’ailleurs une sorte de fil rouge puisqu’elle se produira aussi le 30 juin, le 5 juillet... La soul aura également une soirée dédiée, le 6 juillet, avec un artiste bercé au son d’Otis Redding, Aretha Franklin, Sam Cooke, Marvin Gaye…, qui a explosé cette année et qui a été signé par le label de référence Motown : Ben l’Oncle Soul. Cette soirée sera notamment ouverte par Raphael Saadiq, une des figures de proue du mouvement néosoul actuel. S’en suivra une soirée « Funk » avec Bootsy Collins « Funk Capitol of the World Tour », Larry Graham & Graham Central Station, puis Brooklyn Funk Essentials. A ne pas manquer pour les amateurs de la basse funk avec cette co-affiche qui rassemble deux maîtres du genre : Larry Graham et Bootsy Collins. Pour en finir avec les soirées à thème, la « All Night Jazz » vous emmènera toute la nuit avec Pink Turtle, Samuel Toress Group & la Mantanga, Gilberto Gil « Fe Na Festa », Sidony Box…
La 31e édition se déroulera toujours autour des quatre scènes principales : Théâtre Antique, Jardin de Cybèle, Club de minuit et Jazz Mix. Outre les divers concerts déjà évoqués, une soirée exceptionnelle pour les amateurs de big band viendra marquer cette édition avec la reconstitution de la « Battle Royal » entre Count Basie et Duke Ellington, « ressuscitée » par les orchestres de Laurent Mignard et de Michel Pastre, qui seront entourés de près de 40 musiciens. L’occasion pour Jean-Paul Boutellier de transformer un rêve qui n’avait pas pu se réaliser à l’époque où ces deux artistes étaient encore de ce monde. Mais Jazz à Vienne, c’est aussi, depuis cinq ans, le Jazz Mix où des musiciens de tous horizons se produisent au cours de dix soirées en proposant une ouverture, un brassage ou encore une découverte de la fusion des genres entre jazz, électro, hip-hop, world, fusion, soul, afro…

O.T


Du 29 juin au 13 juillet
Renseignements et billetterie Tél. : 0892 702 007 (0,34 €/mn) billeterie@jazzavienne. com ; www.jazzavienne.com.
Scène du Théâtre Antique à 20 h 30 (sauf les dim. 3 et 10 juillet à 19 h 30) : de 21 € à 45 €, pass 7 soirées 140 €/150 € (billet supplémentaire abonné : de 21 € à 30 €).
Scènes de Cybèle, Club de Minuit et Jazz Mix : entrée libre.

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