AccueilEconomieIndustrieLoi anti-gaspillage : la plasturgie à la relance, l'analyse d'un expert lyonnais

Loi anti-gaspillage : la plasturgie à la relance, l'analyse d'un expert lyonnais

A la suite de la loi anti-gaspillage économie circulaire (AGEC), la filière plasturgie a œuvré en amont pour proposer à l'Etat un ensemble de dispositifs en faveur des entreprises de la plasturgie et des composites. Basé à Lyon, Thierry Charles, directeur des affaires juridiques et emploi formation d'Allizé Plasturgie, nous livre son analyse.
Loi anti-gaspillage : la plasturgie à la relance, l'analyse d'un expert lyonnais
DR - Thierry Charles, directeur des affaires juridiques et emploi formation d'Allizé Plasturgie.

EconomieIndustrie Publié le ,

Le gouvernement a présenté son plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans. "France Relance" prévoit de consacrer une enveloppe de 30 milliards d'euros à la transition écologique. Cette enveloppe va servir quatre axes que sont la rénovation énergétique des bâtiments et des TPE/PME, la biodiversité, la décarbonation de l'industrie, l'économie circulaire et la transition agricole.

Certaines mesures du plan de relance concernent directement la plasturgie quand d'autres auront un impact indirect sur notre profession.

Ainsi, sur le volet "économie circulaire", une enveloppe de 226 millions d'euros sera consacrée à l'investissement dans le réemploi et le recyclage des plastiques.

Deux axes de déploiement

Le gouvernement a en effet identifié deux axes de déploiement pour cet investissement. Le premier consiste à accompagner la réduction de l'utilisation du plastique (notamment à usage unique) : cette mesure comprend les emballages plastiques qui sont considérés comme des produits à usage unique sauf bien sûr s'ils sont réutilisables.

Le second à favoriser l'incorporation de plastique recyclé, accélérer le développement du réemploi : cette mesure pour laquelle notre profession a milité auprès du gouvernement va permettre d'accompagner les plasturgistes vers l'objectif d'incorporation de 1 million de tonnes de plastiques recyclés d'ici 2025. A titre d'exemple, le dispositif en AURA est exemplaire.

Le soutien au réemploi

Le soutien au réemploi et aux activités de réduction de l'usage des plastiques notamment à usage unique se traduira par une aide financière : au développement et à la modernisation des ressourceries ; à l'accompagnement des entreprises, notamment du secteur de l'emballage, dans la substitution du plastique à usage unique et la recherche de solutions alternatives (investissement dont R&D) ; à l'industrialisation de solutions d'emballages réemployables et recyclables, y compris à travers le développement d'infrastructures logistiques et d'outils de lavage.

Mais aussi à l'acquisition des équipements alternatifs à l'utilisation de plastiques notamment à usage unique ou à leur adaptation (équipements de lavage, matériels de conditionnement, adaptation de l'outil de production) dans la restauration collective ; à l'expérimentation de projets pilotes dans les établissements de santé (études de faisabilité et investissements) dans des équipements alternatifs à l'utilisation de plastiques à usage unique.

Le soutien au recyclage

Le soutien au recyclage du plastique consistera en une aide financière aux études et tests de faisabilité de l'incorporation de matières plastiques recyclées, en particulier pour les entreprises qui n'en intègrent pas déjà ; un soutien financier aux investissements des entreprises dans l'adaptation de leurs équipements pour intégrer davantage de matières plastiques recyclées.

Mais aussi une aide à l'approvisionnement de tonnes de matières plastiques recyclées à travers un soutien direct au fonctionnement des plasturgistes/transformateurs permettant de soutenir la demande, dans le cadre des règles spécifiques de soutien aux entreprises mises en place par la Commission européenne dans le cadre du covid19 ; un soutien à la recherche et au développement du recyclage chimique des plastiques.

Sur le plastique, est ainsi visée une capacité annuelle supplémentaire d'incorporation de 700 000 tonnes de matières plastiques recyclées à la fin de la période 2021-2022.

D'autres mesures possibles

L'outil de financement est principalement le fonds "économie circulaire" de l'Ademe, sous pilotage du ministère de la Transition écologique (à l'exception de l'action sur le recyclage chimique qui sera opérée par Bpifrance). L'attribution des aides financières passera, selon le cas, par une logique de guichet ou par des appels à projet (AAP).

D'autres mesures pourront également concerner certaines les entreprises de la plasturgie : rénovation énergétique des bâtiments publics et privés, sécurisation des infrastructures de distribution d'eau, décarbonation de l'industrie, plans de soutien aux secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, décarbonisation et numérisation des entreprises, etc.

Accélérer la responsabilité élargie des producteurs

Quant au soutien à l'incorporation de matières plastiques recyclées, il consiste en un appui direct au fonctionnement pour 2020 pour faire face à la forte chute de la demande et des prix. La baisse des prix des plastiques vierges consécutive à la chute du pétrole fait que certaines résines recyclées sont devenues plus chères que le vierge.

Ainsi, le dispositif du gouvernement va permettre aux plasturgistes d'acheter la MPR aux mêmes conditions que le vierge, l'Etat compensant la différence de prix. Il devrait rapidement voir le jour car l'enveloppe doit être consommée avant la fin de l'année.

Des sommes sont également prévues au soutien aux investissements dédiés à l'incorporation, mais également pour accélérer la responsabilité élargie des producteurs avec une aide à la traçabilité dans la filière bâtiment ou encore pour le soutien au développement de la réparation et de ressourceries en vue du réemploi (matériel électrique ou électronique, meubles, vêtements et autres produits de consommation), etc.

S'agissant du volet formation, le plan de relance initié par le gouvernement a mis comme prioritaire l'emploi, celui des jeunes en particulier, avec différentes mesures afin d'aider les entreprises et les encourager à embaucher. Et il est de la responsabilité de notre branche d'accompagner de façon pérenne l'emploi des jeunes et des alternants et d'y apporter un cadre attractif et sécurisant. Aussi, la Plasturgie soutient les mesures du plan de relance et notamment sur le volet « compétences » autour de l'Apprentissage [nous avons notamment une politique volontariste de développement dans la Plasturgie et une grille de rémunérations plus favorable que le légal].

Des primes à l'emploi

Le plan de relance prévoit également des primes à l'emploi des jeunes, ainsi que pour tout alternant de -30 ans recruté, quel que soit le niveau de diplôme préparé, outre le dispositif FNE-Formation, un dispositif dédié à la formation des salariés placés en activité partielle ou en APLD et la ProA (reconversion ou promotion par alternance).

Quant à la formation continue, la Plasturgie a lancé un "dispositif transitoire d'urgence", notamment pour les entreprises de plus de 50 salariés entrant dans le cadre : ce dispositif s'applique pour toutes les formations débutant entre le 1er octobre et le 31 décembre 2020 (les moins de 50 bénéficient d'une mesure OPCO 2i de prise en charge).

La branche s'organise actuellement pour pouvoir et accompagner les entreprises, et notamment les PME, afin de les guider dans la mobilisation des différents dispositifs en fonction de leur situation.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?