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Les trois coups de mai, juin, juillet

Juin 68.

ActualitéSociété Publié le ,

Roger Planchon réunit les directeurs de théâtre (Jean-Louis Barrault, Patrice Chéreau, Jean Dasté, Marcel Maréchal, Ariane Mnouchkine, Antoine Bourseiller, Georges Wilson...) et de maisons de la culture au Théâtre de la Cité à Villeurbanne. Enfermés dans leur forteresse, isolés du mouvement syndical, l’oreille collée contre les transistors pour avoir les dernières nouvelles diffusées sur Europe 1, ils avouent leur impuissance et les limites de leur action, incapables de répondre aux interrogations soulevées dans les universités et les usines. Mais les Assises de Villeurbanne marquent une étape importante de la décentralisation avec la revendication du pouvoir pour les créateurs. Roger Planchon triomphe. Mai 68 a bien une dimension artistique car il remet en cause l’ordre social.
Juillet 2014. Les directeurs des scènes nationales, présents à Avignon pour le 68e festival, la première affiche préparée par Olivier Py, se trouvent confrontés à la grève des intermittents, nourrie par le feu croisé de revendications politiques, sociales et catégorielles. Une différence de taille. En 68, les artistes défendaient un projet culturel. Les intermittents de 2014 défendent leur statut. Lors de la représentation d’Orlando ou l’impatience, la création d’Olivier Py rescapée de la journée de grève du samedi 12 juillet, ils étaient venus nombreux pour sensibiliser le public, l’inciter à faire grève lui aussi. Une jeune comédienne lança alors : « Je veux pouvoir vivre de ma passion ». L’étendue du fossé se mesure à cette phrase lourde de sens. En 68, les artistes luttaient pour renverser le conservatisme gaulliste. Aujourd’hui, ils luttent pour obliger le Medef à financer leur passion !
Et s’il faut une preuve supplémentaire à ce grand écart, rendez-vous le soir de la première représentation de Mai, juin, juillet, une pièce de Denis Guénoun qui, justement, revient sur les événements qui ont bouleversé le paysage théâtral dans le sillage de Mai 68. Occupation de l’Odéon, désarroi de Jean-Louis Barrault, Assises de Villeurbanne, fronde au festival d’Avignon où le public scande « Vilar Béjart Salazar ». Pas un intermittent en vue des marches de l’Opéra d’Avignon qui affiche cette pièce mise en scène par Christian Schiaretti et interprétée par la troupe du TNP, avec la participation de Marcel Bozonnet dans le rôle de Barrault et de Robin Renucci dans celui de Vilar. Cela ne les intéresse pas. Pourtant l’histoire semble bégayer. Dans certaines assemblées générales, Olivier Py (Olivier Qui ?) canalise la grogne des artistes et techniciens comme, jadis, Vilar celle des rénovateurs. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5110 du samedi 19 juillet 2014

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