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Les taux d'intérêt négatifs, un risque ?

La Banque du Japon a rejoint le 29 janvier dernier la longue liste des banques centrales qui ont adopté une politique de taux d'intérêt négatif. Pour en citer quelques-unes, nous avons la banque centrale de Suède (Riksbank), de Norvège (Norgesbank), la Banque Nationale Suisse et la Banque Centrale Européenne.

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Plusieurs de ces institutions envisageraient même de faire plonger ces taux encore plus profondément en territoire négatif, nous pensons par exemple au dernier propos de Mario Draghi et aux anticipations de marché au regard du Conseil des gouverneurs se tenant le 10 mars prochain.

Pour autant, on peut s’interroger si l’instauration de taux d’intérêt négatifs fonctionne partout de la même manière. En effet, certaines banques centrales cherchent avant tout avec cet outil à affaiblir leur devise et ainsi stimuler l’inflation et les exportations. Mais ces objectifs aboutissent uniquement si la politique monétaire du pays est plus accommodante que celles de ses principaux partenaires commerciaux. De plus, malgré une politique monétaire accommodante, l’inflation dans certains pays, comme la Suisse et le Japon, reste très faible voire négative car elle n’a aucune emprise sur le comportement d’autres facteurs tels que les prix de l’énergie et les salaires.

Les taux d’intérêt négatifs sont également supposés améliorer la transmission de la politique monétaire en stimulant le crédit. Sauf qu’au regard de la croissance des crédits au secteur privé (ménages et entreprises), on remarque que cet instrument ne garantit pas forcément une accélération de la croissance du crédit.

Les impacts positifs de cette mesure sur l’inflation et l’activité sont donc encore à démontrer et ce d’autant plus que même la Banque des règlements internationaux, la banque centrale des banques centrales, s’interroge sur ses effets nets. En l’occurrence, les effets secondaires paraissent bien réels. La profitabilité des banques souffre de cette mesure qui n’est pas répercutée aux clients et de l’aplatissement de la courbe des taux qui réduit les revenus liés à l’activité de transformation. Associées à un contexte de ralentissement de la conjoncture et des craintes sur le secteur de l’énergie, les récentes inquiétudes des investisseurs concernant le secteur bancaire en Europe s’expliquent en partie.

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