AccueilCultureSpectacle vivantLes naufragés de Meirieu, cénotaphe pour les sans-abri : Bouleversant, tout simplement !

Les naufragés de Meirieu, cénotaphe pour les sans-abri : Bouleversant, tout simplement !

Les naufragés de Meirieu, cénotaphe pour les sans-abri : Bouleversant, tout simplement !

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C'est un geste fort pour l'ouverture théâtrale des Nuits que de choisir de co-produire avec la Comédie Odéon la dernière pièce de Emmanuel Meirieu, Les naufragés. Adaptée de l'ouvrage éponyme de Patrick Declerck, somme philosophique et ethnologique sur les clochards de Paris, livre qui a fait date dans l'histoire de la collection Terre Humaine, ce nouveau spectacle s'inscrit parfaitement dans la démarche du metteur en scène. Et c'est une formidable réussite.

Tout d'abord il y a le lieu, la halle Debourg. Ancien centre d'entraînement des pompiers devenu entrepôt de triage de fret puis musée des pompiers, il s'impose comme l'endroit idoine.

Brut, encore dans son jus, -il reste des quais de déchargement, des destinations, Evreux, Dunkerque, il évoque irrésistiblement le triage humain. Celui précisément des sans-abri, sans nom, sans sépulture.

Ensuite, il y a le décor, 250 tonnes de sable, un voilier échoué baptisé Puck (du nom du lutin du Songe d'une nuit d'été), une carcasse de voiture à moitié enterrée, des bouteilles de bière vides qui plonge le public directement dans le vif du sujet.

Enfin, il y a le texte et le comédien qui le porte, habité par son rôle. Un texte qu'il a fallu réduire, comme auparavant Mon traître adapté du livre de Sorj Chalandon, A l'essentiel.

Ou plutôt duquel il a extrait quelques morceaux, comme l'histoire de Raymond, venu mourir en face de « la maison », le surnom que donnent les SDF au centre d'accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre, où a officié Patrick Declerck pendant des années en tant que psychanalyste.

Patrick Declerck qu'incarne François Cottrelle, le comédien, également à l'origine du projet. En effet, c'est lui qui a fait découvrir le texte à Meirieu et qui le fait vivre, admirablement, plongé jusqu'à la lie dans son personnage, tandis que résonnent le bruit de la mer déchaînée ou quelques notes des Gymnopédies de Satie. Bouleversant, tout simplement !

Halle Debourg, jusqu'au 23 juin,www.nuitsdefourviere.com

Décor Somptueux pour les comédiens (©ES)

Un vrai bateau échoué sur 250 tonnes de sable (©ES)

Le décor post industriel de la Halle Debourg dans son jus (©ES)

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