AccueilCultureExpositionLes horizons élargis d'Hugo Pratt au musée des Confluences

Les horizons élargis d'Hugo Pratt au musée des Confluences

C'est pour un voyage au long cours que le musée des Confluences embarque les visiteuses et les visiteurs de sa nouvelle grande exposition, Hugo Pratt-lignes d'horizons.
Les horizons élargis d'Hugo Pratt au musée des Confluences
Olivier Garcin

CultureExposition Publié le ,

Il faut dire que ce projet autour de l'oeuvre du créateur du mythique Corto Maltese existait déjà avant même l'ouverture du musée des Confluences, explique sa directrice, Hélène Lafont-Couturier.

« Son œuvre éprouve le rôle du musée et l'osmose est totale », à l'image de ses collections qui embrassent les cinq continents. L'univers de celui qui a révolutionné la bande-dessinée, en cherchant de nouvelles voies entre récit et dessin, a aussi beaucoup bourlingué, érigeant le voyage en mode d'être au monde, arpentant les cinq continents et dénichant des objets aux quatre coins du globe, ne pouvait que rencontrer les missions du musée.

Comme une secrète connivence qui se matérialise parfaitement dans cet accrochage, un dialogue fructueux entre l'artiste et les collections. Pensée en collaboration avec Patricia Zanotti, directrice générale de Cong, en charge de la valorisation de l'oeuvre de Pratt et Michel Pierre, historien et grand ami du Vénitien, l'expo se déroule comme une immersion complète dans son œuvre, se différenciant par là d'autres accrochages consacrées à la BD et le visiteur peut arpenter à loisir les paysages qui se déploient devant lui et larguer les amarres, comme les voiles qui l'accueillent au début du parcours l'y invitent.

Masque, kavat (2009, Papouasie-Nouvelle-Guinée, archipel Bismarck, Nouvelle-Bretagne, village de Goalim, population bain ©Olivier Garcin

Entre les 94 objets, pour la plupart sorties des collections du Musée, mais aussi de celles du musée du Quai Branly, du musée du Cinquantenaire de Bruxelles et de collectionneurs privés, et l'univers graphique de Pratt se créent de singulières correspondances comme cet étonnant masque Kavat de la population Baining de l'archipel Bismarck dialoguant avec une case de l'album La ballade de la mer salée (le premier album où apparaît Corto Maltese).

On commence par découvrir l'homme, son histoire, ses sources d'inspiration, ses influences, littéraires, cinématographiques, avant de s'immerger dans son œuvre. Ses géographies personnelles, entre escales et parcours maritimes, entre aquarelles (surprenantes puisque habituellement le dessin est en noir et blanc) et cartes imaginaires, entre Amériques et îles du Pacifique, entre Venise et Buenos Aires se développent au fil du parcours.

Hugo Pratt à Venise (1945) ©Cong S.A. Suisse. Tous droits réservés

Avec en point d'orgue une carte interactive des « imaginaires prattiens », magnifique atlas de routes fantasmées ou réelles qu'empruntent les personnages de ses albums. Le parcours se termine par une étonnante lanterne magique animée de figurines qui dansent, derviches tourneurs, nuages et papillons.

Une bibliothèque et une galerie de 390 personnages croqués par Pratt (dont lui-même) parachèvent le chemin et donnent une furieuse envie de (re)lire les albums de celui qui définissait ses histoires comme de la « littérature dessinée ».

Trésor pour les afficionados, cette exposition est aussi un excellent point de départ pour découvrir l'oeuvre de ce très grand artiste, encreur et coloriste hors-pair...

Musée des Confluences, jusqu'au 24 mars 2019

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