AccueilEconomieFinances« Les fonds d'investissement ont de l'argent »

« Les fonds d'investissement ont de l'argent »

Après des années en dents de scie, le marché des fusions acquisitions devrait retrouver de la vigueur à la faveur de la reprise.
« Les fonds d'investissement ont de l'argent »

EconomieFinances Publié le ,

Stratège et conseil en fusions-acquisitions, particulièrement dans le domaine de la santé, Stéphane Olmi a, en 2012, quitté Lyon où il avait créé le bureau de Grant Thornton. Mais l’ancien directeur du bureau régional de Lazard garde un pied à terre dans la capitale des Gaules où il intervient régulièrement pour le compte d’Apicil. Nous l’avons interrogé sur un marché qui retrouve du mordant.


« Le marché des fusions-acquisitions a reculé depuis la crise de 2008. Après des années en dents de scie, il semble reprendre depuis la rentrée de septembre. Les fonds d’investissement ont de l’argent et les acheteurs sont plus nombreux, mais les prix ont monté ». L’absence de transaction tient aussi aux dirigeants cédants qui attendent d’afficher des résultats opérationnels plus favorables à la montée des enchères. « Des opérations attendent, notamment chez les dirigeants en âge de prendre la retraite. Ils ne pourront reporter les opérations indéfiniment. Si l’économie repart, anticipe Stéphane Olmi, les vendeurs seront plus nombreux. La réglementation sur la cession et la transmission d’entreprises, « qui change toutes les 5 minutes », ne favorise pas le marché. « Et puis, poursuit le consultant, les cédants ont de plus en plus de mal à gérer la confidentialité ».


Depuis quelques mois, on assiste à un désinvestissement des grands groupes étrangers, notamment ceux qui détenaient des parts dans des entreprises, toujours au seuil de la taille critique. « Et puis, ils répondent aux sirènes des pays émergents », justifie Stéphane Olmi. Pas sûr qu’avec le recul de la croissance chinoise et d’autres BRIC, ils ne retrouvent le chemin de la vieille Europe.


La situation du marché de la santé reflète d’autres tendances. Les grands groupes se désengagent de la R&D, préférant acheter des start-up. « Ils achètent des molécules, pas des start-up », poursuit-il. Autre phénomène, la complexité des dossiers fait reculer les capitaux-risqueurs. « Le chaînon manquant traduit le manque de compétences pour analyser les dossiers des start-up ». Seuls en profitent ceux qui savent décoder un vocabulaire très scientifique ou qui font appel aux bons experts.A.M.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?