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Les confessions d'Abd Al Malik

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Les confessions d'Abd Al Malik
© Fabien Coste - Abd Al Malik se produira au Transbordeur le 23 mars

Avec Scarifications, son 5e album studio, Abd Al Malik révèle une facette inédite de sa personnalité. Un dernier album sombre et puissant qui respire l'introspection, rythmé à grands coups de rimes chocs et techno sous perfusion. Canon.

Scarifications est intégralement produit par Laurent Garnier. Un binôme d’apparence insolite : pourquoi ce choix de collaborer avec le pape de l’électro ?

Pas si insolite que ça. Vous savez, j’ai grandi en Alsace et, adolescent, je passais régulièrement la frontière pour me rendre dans des clubs allemands, où la techno est reine. Et puis, il y a aussi une histoire humaine. Laurent, je l’ai rencontré il y a dix ans. Il était venu me voir à un concert. Par la suite, c’est lui qui m’a rappelé, et on a décidé de collaborer pour Qu’Allah bénisse la France. Quand on travaillait sur l’écriture musicale de mon film, on s’est rendu compte que l’on avait le matériel suffisant pour faire un album. C’est Laurent qui m’a poussé, et il avait raison : le rap et l’électro sont des musiques sœur et nous avons voulu les mettre en dialogue.

Cet album est plus sombre que les précédents. Peut-on dire qu’il s’agit de votre œuvre la plus personnelle ?

D’une certaine manière. Allogène (j’suis un streumon), Initiales CC, C’est comme ça ! sont autant de chansons où j’évoque mon enfance à Strasbourg, la violence des quartiers, la perte d’amis proches, la drogue… J’ai réalisé ce disque en même temps que mon film, qui est autobiographique. Du coup, forcément, il y a une part d’introspection, mais c’est aussi et avant tout un bilan que l’on dresse sur son passé. Après le temps des mutilations vient celui des cicatrices. D’où l’importance de toujours magnifier cette part de lumière que l’on a en nous. Que quel que soit l’endroit où l’on naît, où l’on grandit, quels que soient les obstacles, nous sommes seuls à pouvoir nous affranchir et agir. C’est, en réalité, toute la thématique de cet album : dire que l’on doit toujours se battre.

Deux titres sont respectivement dédiés à Daniel Darc et Juliette Gréco. Pourquoi faire référence à ces chanteurs français ?

Juliette, nous l’aimons tous. C’est une inspiration universelle. Mais c’est aussi une dame dont je partage l’amitié depuis plus de dix ans. Finalement, elle nous enseigne qu’il est important de cultiver notre singularité, et j’avais envie de rendre hommage à cette muse au talent fou. Quant à Daniel Darc, nous étions très proches. Je le considérais comme un frère. Ce sont ces gens qui ont donné ses lettres de noblesse à notre art, qui l’élèvent à des formes pures. J’ai souhaité rendre hommage à leur poésie.

En 2015, Qu’Allah bénisse la France a reçu une nomination au César du meilleur premier film. Cela vous donne-t-il envie de poursuivre vers la voie du 7e art ?

Oui, car je me considère comme un artiste d’art contemporain et j’aime me diriger vers tous les styles. Ce sont des vecteurs d’humanité, des moyens qui nous permettent d’exprimer au plus haut notre émotion. Je suis actuellement en train de préparer mon prochain long métrage, mais je réfléchis aussi à un nouveau roman. Quant à la scène, je l’imagine comme une expérience à part entière, un instant de pure communion avec mon public. Mon objectif finalement, c’est de pratiquer un art total.

Vous vous produirez le 23 mars au Transbordeur. Un petit message à faire passer à vos fans lyonnais ?

À chaque fois que j’ai joué à Lyon, j’y ai reçu un accueil fabuleux. Je suis donc impatient d’y retourner, et encore plus dans cette salle, qui est absolument mythique ! Le lieu doit devenir un écrin à part entière. Pour cela, nous avons créé quelque chose d’original, une oeuvre partant d’un voyage intérieur. Un mix entre le concert de rap, la rave party et un espace d’art contemporain. Pour le reste, mystère…

L’artiste aux 1 000 visages

Rappeur, slameur, écrivain, réalisateur… On ne compte plus les casquettes de Régis Fayette-Mikano, dit Abd Al Malik. Fils d’un haut fonctionnaire congolais, il grandit dans la cité de Neuhof, à Strasbourg, où il est rapidement confronté à la violence des quartiers. Profondément affecté par la mort d’amis proches, il se retire progressivement de la délinquance et plonge dans la lecture, avant d’étudier la philosophie à l’université. En l'espace d’une décennie, cet artiste singulier s'est imposé comme l'ovni de la scène rap française, récompensé quatre fois aux Victoires de la musique. Il est également l’auteur de cinq ouvrages qui traitent le problème de l’islam en France et les problèmes de la banlieue.






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