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Le TNP s’ouvre en grand

11 novembre 1920, inauguration du Théâtre National Populaire au Palais du Trocadéro à Paris ; 11 novembre 2011, inauguration de la salle rénovée de Villeurbanne.

ActualitéSociété Publié le ,

Des décennies marquées du sceau de créateurs prestigieux, de Firmin Gémier, qui porta la structure sur les fonts baptismaux, à Christian Schiaretti, en passant par des noms désormais mythiques pour les amoureux du théâtre : Jean Vilar, Georges Wilson, Roger Planchon qui assura la décentralisation à Villeurbanne, en compagnie de Patrice Chéreau, Robert Gilbert, Georges Lavaudant. Ils méritaient tous d’être cités.
Cité, comme le nom du théâtre de Villeurbanne avant que Roger Planchon ne lui donne ses lettres de noblesse de Théâtre National, même si la structure, statutairement, est un Centre Dramatique National. C’est sous l’ère de Roger Planchon que la vénérable salle a bénéficié d’une rénovation d’ampleur, au milieu des années soixante-dix, afin d’accueillir un public féru de découverte dans un cadre le plus confortable possible.
L’aventure initiée par Roger Planchon, accompagné de prestigieux associés, a été menée à bien, et la scène villeurbannaise a joué les phares de l’actualité théâtrale, damant le pion à nombre de scènes parisiennes aux résonances plus prestigieuses. Le théâtre et son actualité s’inscrivaient alors dans l’agglomération lyonnaise avec ses deux figures de proue : Roger Planchon à Villeurbanne et Marcel Maréchal au Théâtre du VIIIe, après, pour l’un et pour l’autre, un rapide passage au Théâtre de la rue des Marronniers.
Une rénovation
Ce rapide historique évoqué, place aux nouvelles générations menées par Christian Schiaretti depuis sa nomination
en 2001. Il a accompagné, voire initié, les gigantesques travaux de rénovation que les structures des années soixante-dix nécessitaient. Une volonté évidemment appuyée par les Pouvoirs publics, manne financière de la rénovation. Des Pouvoirs publics qui ont joué le jeu, tant au plan national que local. L’Etat et les collectivités territoriales ont investi dans cette entreprise de quatre ans de rénovation, en fait une douzaine d’années depuis la genèse du projet (lire encadré). Un vaste chantier donc mené à bien, pratiquement dans les temps qui lui étaient impartis.
Le résultat s’avère probant, l’aménagement du nouveau TNP a été l’objet d’un concours remporté conjointement par le cabinet d’architecture Fabre/Speller, implanté à Clermont-Ferrand, et l’architecte Massimo Scheurer, de l’agence A rassociati de Milan. Ils ont su trouver à la fois l’adaptation aux technologies contemporaines et le retour aux racines esthétiques d’un lieu historique qui baigne ainsi dans « son jus ».
La nouvelle structure se présente comme une formidable « machine à créer » de spectacle théâtre en continu : deux salles de représentations, quatre de répétitions, auxquelles il convient d’ajouter un espace de restauration gastronomique, une brasserie-cabaret qui pourra aussi accueillir des spectacles, et un espace dédié à l’accueil d’un musée qui retrace l’historique du TNP.
Mais au-delà de la pure structure théâtrale, c’est l’ensemble du quartier qui a été refaçonné comme l’a souligné Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, rendant au passage hommage à l’un de ses prédécesseurs, Lazare Goujon, « qui oeuvrait en son temps pour rendre le quotidien de ses administrés meilleur. Une architecture datée des années 1930 (1934 pour la salle du théâtre de la Cité) remise au goût du jour avec cette opération. C’est en fait tout le « Palais du Travail » qui en a bénéficié, y compris les salles de réunions et la piscine qu’il abrite en son sein ».
Quant à Alain Lombard, directeur des affaires culturelles Rhône, le représentant de l’Etat, il a tenu à souligner que l’effort de l’Etat, substantiel, et comparable à celui des collectivités territoriales, qui elles aussi ont effectué une montée en puissance, ne se faisait pas au détriment de la politique de l’Etat en matière culturelle au niveau régionale. Le soutien à la figure de proue, que constitue le TNP de Villeurbanne sur la scène théâtre, n’entame donc en rien l’accompagnement des autres compagnies de la région, même si certains choix ont été accomplis.
Les festivités de la réouverture du TNP se dérouleront les 11, 12 et 13 novembre, un clin d’oeil donc à l’ouverture du premier TNP parisien. Christian Schiaretti a choisi dans le répertoire, « Ruy Blas », du père Hugo (du 12 novembre au 11 décembre), histoire peut-être de raviver la querelle des « anciens et des modernes », même si ce n’est pas la bataille d’Hernani.
F.S

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