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Le TIG comme rebond professionnel

A l'initiative de l'association Chantiers-Passerelles, créée en 2014, et de son délégué général Sylvain Lhuissier, un important colloque s'est déroulé à l'université catholique de Lyon sur les travaux d'intérêt général (TIG). Une alternative humaine et efficace à l'incarcération.
Le TIG comme rebond professionnel
DR - Sylvain Lhuissier et Aziz Mehenna, bénéficiaire d'un TIG

Vie juridique Publié le ,

Une expérimentation a été menée en Auvergne Rhône-Alpes par Chantiers-Passerelles depuis 2015, impliquant sept jeunes en vue de leur insertion professionnelle, mais aussi citoyenne. Rappelons que les TIG, introduits dans le droit français en juin 1983, sont des peines basées sur un travail non rémunéré au profit d’une collectivité publique, d’une personne de droit moral ou encore d’une association habilitée.
Entre 2011 et 2014, 25 300 peines TIG ont été prononcées annuellement, sans compter les courtes peines de prison transformées en TIG, portant alors le nombre de peines prononcées à plus de 30 000 par an. Environ trois-quarts des TIG sont exécutés avec succès et ce, dans un délai moyen de quinze mois.
Fort de ses avantages, le TIG évite les courtes peines « désocialisantes », permet de réparer les torts commis via une tâche au service de l’intérêt général, tout en impliquant la société civile dans un dispositif efficace favorisant l’insertion, voire la réinsertion de la personne condamnée.
Cette première journée-rencontre, organisée sous la présidence d’honneur de Robert Badinter, a permis, au travers de tables rondes animées par des magistrats, conseillers pénitentiaires, chercheurs, représentants d’administration et autres tuteurs, de se rendre compte de l’intérêt de ce système. « Comment donner un nouveau souffle aux TIG ? » : telle était la thématique de l’une des tables rondes, démontrant que l’implication d’acteurs divers est fondamentale dans la réussite de cette mesure, également favorable aux services publics.
Point d’orgue de la journée, l’intervention, sous forme de témoignage poignant, d’Aziz Mehenna : « J’ai été très bien encadré et considéré comme un travailleur et non pas comme une racaille. On a crû en moi, on m’a donné la force. On m’a remis dans le droit chemin et chaque matin, j’avais envie d’aller travailler avec le sourire. Je n’ai pas pris mon TIG comme une punition, mais comme un moyen de revenir dans le droit chemin ».

Michel Godet

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