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Edito : Le Thiers-état

« La menace terroriste demeure à un niveau élevé et la France reste une cible ». C'est en ces termes que Bernard Cazeneuve a commenté l'adoption par le Parlement d'une nouvelle prolongation de deux mois de l'état d'urgence, instauré au lendemain des attentats du 13 novembre dernier. Une décision quasi inéluctable alors que se profilent des événements sportifs majeurs - Euro de football et Tour de France -, prompts à drainer des centaines de milliers de supporters des quatre coins du vieux continent.
Edito : Le Thiers-état
Par Papaye-Travail personnel (Photo personnelle),commons.wik

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Cet état d’urgence était censé limiter les rassemblements sur la voie publique, pour ne point pénaliser le travail des forces de l’ordre, hautement sollicitées. La multiplication des manifestations et grèves en tout genre ne cesse de garrotter un pays d’ores et déjà exsangue. Aux blocages, s’ajoutent des scènes de violence urbaines, des dégradations et des agressions. Le ministre de l’Intérieur, bien qu’haussant le ton, semble inaudible. Et le combat mené par la rue d’un autre âge, la loi El Khomri s’apparentant chaque jour un peu plus à une coquille vide.

Une loi, une de plus. Légiférer à tous crins. Notamment sur les émoluments des grands patrons. Emmanuel Macron, à l’origine favorable, n’en est plus certain. Une rebuffade alors que François Hollande et Manuel Valls se sont clairement positionnés pour une loi afin d’encadrer ces salaires souvent astronomiques. Une cacophonie de plus au sommet de l’Etat qui témoigne de relations à couteaux tirés. Le ministre de l’Intérieur, qui n’entend justement pas demeurer dans ce costume de second couteau, a estimé que « légiférer, ce n’était pas la bonne méthode. C’est prendre le risque de voir s’échapper les dirigeants et de perdre les sièges sociaux ».

A l’heure où des pans entiers de notre industrie ont le vague à « lame », la coutellerie joue l’union sacrée. Dans la nouvelle grande région Auvergne Rhône-Alpes, elle a de solides arguments à faire valoir. Vitrine française du secteur à l’international, le bassin de Thiers est la référence en matière de coutellerie, outillage, quincaillerie et ouvrages divers en métaux. A Thiers, en ce mitan du mois de mai, dix capitales mondiales (Ybbsitz - Autriche ; Zlatooust - Russie ; Seki - Japon ; Gabrovo - Bulgarie…) ont affûté leurs argumentaires et ciselé leurs exposés afin de dévoiler leurs savoir-faire et réfléchir à de nouvelles façons de travailler ensemble. Une initiative qui tranche avec la morosité véhiculée par les Cassandre de l’économie et qui, on l’espère, permettra de faire fondre le scepticisme au creuset de l’excellence.

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