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Le « théâtre intime » de Picasso sculpteur, à Paris

Le « théâtre intime » de Picasso sculpteur, à Paris
RMN - Grand Palais Adrien Didier Jean

CultureExposition Publié le ,

Parallèlement à sa création picturale, Picasso a conçu une œuvre sculptée importante qu’il a volontairement tenue secrète car il la considérait comme son « théâtre intime ». Cette œuvre sculptée lui était très chère, d’ailleurs il a définit par ces mots la position de sa sculpture face à son œuvre peinte : « La sculpture est le meilleur commentaire qu’un peintre puisse faire à sa peinture ». Tout est dit !

Il a fallu attendre la grande exposition du Petit Palais en 1966 puis celle du Centre Pompidou en 2000 pour que le public découvre cette facette de l’œuvre de Picasso, le magicien qui a créé des œuvres superbes à partir d’objets de récupération, de plaques métalliques tordues ou de terre malaxée. Son monde en trois dimensions l’accompagnera dans toutes ses résidences.

L’exposition se déroule sur deux niveaux. Les sculptures présentées en grand nombre montrent aux visiteurs la frénésie avec laquelle Picasso a travaillé. Il abandonne la sculpture en 1962 pour se consacrer totalement à la peinture mais le dialogue permanent établi entre les œuvres resta très enrichissant.

Le parcours de l’exposition est chronologique. Plusieurs sculptures réalisées en sériestémoignent du processus créatif du maître qui reprend souvent le même motif avec des matériaux différents, depuis le plâtre qu’il affectionne, le papier, la terre ou la cire, jusqu’aux épreuves en bronze, en tôle en ciment ou en béton.

La Femme enceinte de 1950 accueille le public, avec, présentée à ses côtés, La Femme à latoilette, une peinture de la même période. Dans une vitrine de la deuxième salle, une petite Femme assise en terre crue de 1902 est la toute première sculpture de l’artiste. Quelques pas plus loin, une série de trois Fous (1905), de deux Têtes de femme (Fernande) de 1906 et de six Têtes de femme proches du cubisme analytique, de 1909. On peut voir dans la quatrième salle le « clou » de l’exposition : les six versions du Verre d’absinthe réunies exceptionnellement pour l’exposition. Ce sont de petits bronzes peints à l’huile, de 1914. En 1921, Picasso reçoit la commande d’un monument à la mémoire de Guillaume Apollinaire, mort en 1918. Il réalise Le Monument à Apollinaire, une grande sculpture en fer soudé peinte en blanc pour laquelle il s’est fait aider techniquement par son ami le sculpteur Catalan Julio Gonzàles. Les projets présentés autour de la sculpture ont été refusés par le Comité Apollinaire. Un peu plus loin, la salle des Constellations de 1930, des sortes de dessins dans l’espace, en acier peint. Dans le vestibule trône l’immense Tête de femme en ciment, de 1931-32, au gros nez phallique, qui traduitl’amour fou de Picasso pour sa nouvelle muse Marie-Thérèse Walter.

Au premier étage l’on découvre une reconstitution de l’atelier de Picasso du château de Boisgeloup dans les années 30 : des bustes et des têtes de femmes, en plâtre, un ensemble de dessins préparatoires à la pointe sèche pour la sculpture Tête de femme. Dans la section suivante« Picasso et la fonderie Claude Valsuani », quelques œuvres très originales dont La Guenon et son petit (1951) et La Petite Fille sautant à la corde (1950), composées de matériaux et d’objets de récupération. Puis les sculptures « coloriées » des années 50 : La Grue - Tête de femme (1953) en bronze peint. La salle voisine présente en son centre l’ensemble monumental des Baigneuses composé de six bronze longilignes peints en noir. Ces six sculptures sont indissociables.

Le parcours s’achève avec les sculptures en tôle pliée et peinte, la synthèse en quelque sorte entre le dessin, la peinture et la sculpture. Enfin la dernière section « Dessiner aux ciseaux » est illustrée par La Femme au chapeau et surtout la Femme aux bras écartés (1961), en tôle pliée, découpée et peinte.

Une exposition magistrale qui éblouit les visiteurs par l’originalité, la diversité et le talent d’un magicien qui a utilisé toutes les techniques pour réaliser une œuvre sculptée exceptionnelle. A voir absolument.

Picasso, sculptures, jusqu’au 28 août 2016, Musée national Picasso-Paris, 5, rue de Thorigny Partis 7e, tous les jours, sauf les lundis et le 1er mai, de 11 h 30 à 18 h, de 9 h 30 à 18 h les samedis et dimanches

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