AccueilActualitéLe spectre de la « grande démission » plane-t-il sur l’Hexagone ?

Le spectre de la « grande démission » plane-t-il sur l’Hexagone ?

Alors que des millions d’Américains ont déjà quitté leur emploi sur fond de remise en cause du modèle traditionnel, le phénomène se répand en France. Décryptage avec Luc Mertzweiller, directeur R&D d’Erhgo, cofondateur de la démarche #jenesuispasuncv et spécialiste de l’analyse du travail.
Le spectre de la « grande démission » plane-t-il sur l’Hexagone ?
© DR - Luc Mertzweiller, directeur R&D d’Erhgo à Lyon et cofondateur de la démarche #jenesuispasuncv.

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Qui aurait cru qu’un tel mouvement puisse naître au pays du travail-roi ? La « grande démission » ou « big quit » en version originale est un phénomène récent – mais massif – qui secoue le monde du travail aux Etats-Unis.

Plus de 4 millions de lettres de démission par mois depuis juillet, avec un pic à 4,5 millions en novembre (derniers chiffres connus), du jamais vu de l’autre côté de l’Atlantique.

La conséquence d’une remise en cause du modèle traditionnel, dopée par la crise du Covid. Et de l’avis de nombreux experts, tout porte à croire que le phénomène gagne la France.

© Pxhere / Le phénomène de la « grande démission » prend de l'ampleur. Ils sont de plus en plus nombreux à effectuer le saut dans le vide pour changer de vie.

"On a sous-estimé le fait que les gens n’attendaient pas la relance, mais une transformation profonde du travail."

"La planète s’est retrouvée soudainement en stand-by, avec des litanies sur le « monde d’après ». Et finalement, avec la relance et le rebond économique en mode « business as usual », la situation apparait aujourd’hui enthousiasmante pour les politiques et les décideurs, mais totalement déprimante pour la plupart des gens", analyse Luc Mertzweiller, directeur R&D d’Erhgo à Lyon.

Celui qui est également cofondateur de la démarche #jenesuispasuncv à Lyon souligne ceci : "On a sous-estimé le fait que les gens n’attendaient pas la relance, mais une transformation profonde du travail."

Paradoxalement, la marque d'un attachement au travail

Pour autant, le spécialiste de l’analyse du travail voit dans la situation actuelle des raisons de se montrer optimiste.

"Paradoxalement, c’est la marque d’un vrai attachement au travail. Simplement, il existe une asymétrie de plus en plus flagrante : chacun s’interroge sur son utilité dans l’entreprise, sur sa contribution à son évolution. Il y a beaucoup d’exigences au moment du recrutement, et en miroir souvent beaucoup de déception quant aux possibilités d’autonomie, de créativité", souligne Luc Mertzweiller.

© Pxhere / Beaucoup d'exigences au moment du recrutement... et souvent beaucoup de déception en retour pour les salariés, selon l'analyse de Luc Mertzweiller.

Il faut réinterroger l’organisation du travail, laisser de la liberté aux salariés.

"Si la question de la rémunération existe, c’est tout le modèle de l’emploi salarié d’exécution qui est à la peine. Il faut réinterroger l’organisation du travail, laisser de la liberté aux salariés. Comment conjugue-t-on développement économique et épanouissement humain, voilà la grande question des mois et années à venir", achève le dirigeant d’Erhgo.

Un défi collectif afin d’éviter que la « grande démission » ne passe du virtuel au réel dans l’Hexagone.

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