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Le rêve brisé de Patrice Lumumba

Le rêve brisé de Patrice Lumumba
© : DR - Marc Zinga incarne le personnage de Patrice Lumbumba

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Spectacle fleuve de plus de 2H30, Une saison au Congo d’Aimé Césaire nous plonge au cœur du pouvoir congolais entre l’accession à l’indépendance de l’ancienne colonie belge et l’assassinat de l’éphémère premier ministre Patrice Lumumba. Très brechtien dans sa construction en succession de saynètes, ce récit épique a le mérite de lever le voile sur un épisode tragique de la décolonisation, « arrangé » par la censure. Sans revenir sur les événements, les conflits politiques internes, les sécessions des riches provinces minières du Katanga et du Sud-Kasaï, sans s’attarder sur la complexité des rapports entre Lumumba et Mobutu, sur l’opposition entre le panafricanisme du premier et tribalisme nationaliste du second, la pièce dénonce la soit disant neutralité de l’ONU, tiraillée entre les intérêts divergents des USA et de l’URSS.


Le penseur de la négritude avance masqué, enveloppant la réflexion politique dans les habits de la poésie, de l’humour et de l’émotion. Du pain béni pour Christian Schiaretti qui signe un spectacle d’une grande fluidité malgré la présence sur scène d’une troupe de plus de 35 comédiens et figurants. Il dirige ses acteurs autour d’un cercle central, sorte d’arène dans laquelle le héros descend drappé de son innocence. Des ponctuations musicales (Fabrice Devienne) allègent le propos porté par une distribution, très majoritairement africaine, où se détache nettement Marc Zinga.

Celui-ci incarne Lumumba avec ce mélange de pudeur et de candeur qui rend son martyr encore plus insoutenable. Mwanza Goutier (Mokutu), Marcel Mankita (Kala-Lubu), Paterne Boungou et, côté « blancs », Stéphane Bernard (Hammarskjöld), Philippe Vincenot et Olivier Borle lui donnent la réplique. Dans cette épopée Christian Schiaretti joue sur la culture africaine de ses acteurs plutôt que de les enfermer dans des codes occidentaux.

TNP, 2 au 10 décembre
www.tnp-villeurbanne.fr

Le « petit » Mahabharata

Face à la violence qui assombrit le monde, Peter Brook exhume Le Mahabharata, ce texte mythique élaboré par Jean-Claude Carrière, créé en 1985 au Festival d’Avignon, dans la minéralité de la Carrière de Boulbon. Une épopée de 9 heures qui a marqué l’histoire du théâtre.

A 90 ans, le maître anglais du théâtre trouve encore la force de s’indigner avec Battlefield, comme un retour sur le champ de bataille (battlefield) du Mahabharata. Peter Brook concentre son travail sur l’un des épisodes du livre, la guerre qui oppose au sein d’une même famille, d’un côté les cinq frères Pandavas, de l’autre les cent fils du Roi aveugle Dritarashtra. Un épisode sanglant qui rappelle les conflits internationaux actuels.


Radiant, 30 novembre au 12 décembre
www.radiant-bellevue.fr
Théâtre de Villefranche, 7 au 9 décembre
www.theatredevillefranche.asso.fr

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