Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Le renouveau des coteaux du lyonnais

le - - Gastronomie / Vins

Le renouveau des coteaux du lyonnais
Geoffroy de Joux, représentant la cave de Sain-Bel, Baptiste Nayrand et Jonathan Garnier

Une nouvelle génération de vignerons réinvente de nouveaux modèles économiques et rajeunit l'image d'une appellation de moins en moins confidentielle.

En dépit de la méconnaissance d’une l’appellation qui rend difficile sa commercialisation hors de la région, du snobisme des Lyonnais qui préfèrent les côtes du rhône, l’AOC coteaux du lyonnais se vend très bien. Ce succès tient à l’émergence d’une nouvelle génération de vignerons qui bouscule les habitudes. Ces viticulteurs mettent en valeur le terroir où émergent des goûts inattendus soutenus par une forte minéralité, des gamay qui « pinotent », des cuvaisons plus longues, qui pourraient tromper les palais les plus aguerris. Le tout à des prix si doux qu’on aurait tort de s’en priver.

Installé depuis 2 ans à Millery, Baptiste Nayrand est « tombé amoureux » du terroir des coteaux du lyonnais après avoir cherché une appellation où se reconvertir. Cet ancien cadre dans l’industrie chimique est parti d’une feuille blanche, en créant son domaine. Il a repris des vignes de plus de 50 ans en fermage et planté quelques parcelles. Aujourd’hui il exploite 1,9 ha de gamay et un peu de chardonnay, travaillés en agriculture biologique. Progressivement, ce Bourguignon de 35 ans, qui propose son premier millésime, veut étendre son exploitation pour atteindre le seuil critique de 5/6 ha. Symbole de son savoir-faire : la cuvée Vésanie, un gamay issu de parcelles plantées sur des moraines glaciaires, à la couleur sombre, avec un nez compoté et une bouche veloutée (8,50 €).

Originaire de Saint-Genis-Laval (Rhône), âgé de 34 ans, lui aussi installé à Millery, Jonathan Garnier a commencé sa carrière aux fourneaux, notamment dix ans à L’Alexandrin, avant de devenir caviste. Deux ans pendant lesquels ce fan de gamay déguste beaucoup avant de passer un BTS viti-oeno à Mâcon Davayé et de se lancer dans le travail de la vigne. Au-delà premier hectare initial, il a étendu son domaine des Grabottes (dédicace à sa grand-mère) pour atteindre aujourd’hui 2,2 ha, cultivés en bio. Ses premiers millésimes, vendus aux cavistes et en CHR, sortent en ce moment. Pour faire connaissance avec lui, goûtez sa cuvée Los Compadres, un rouge issu de vignes de plus de 40 ans,  d’une complexité aromatique étonnante (13 €).

Trentenaires, adeptes du bio, Baptiste Nayrand et Jonathan Garnier symbolisent cette nouvelle génération de viticulteurs qui rompent avec les modèles traditionnels. Ni l’un ni l’autre n’ont spécialement envie d’acheter des vignes. Pourquoi mobiliser de la trésorerie quand ils peuvent louer des parcelles. Pourquoi investir dans un cuvage lorsqu’ils peuvent le partager sans pour autant créer des liens comme dans les coopératives ?

Les deux vignerons poussent même la logique plus loin, avec un projet de cuvage collectif, cuvage relais qui fonctionnerait comme une pépinière d’entreprise de manière à faciliter la transmission des exploitations. « Avec l’appuis de la commune, nous cherchons un terrain où nous pourrions l’ériger », précise Jonathan Garnier. Mais ni l’un ni l’autre ne veulent griller les étapes. Surtout dans ce territoire soumis à la pression de la spéculation foncière.

Fiche technique

AOC depuis 1984, les coteaux du lyonnais s’étendent sur 320 ha, essentiellement de la roche basaltique, répartis sur 49 communes.  L’encépagement en gamay et chardonnay produit  14  000 hl, 80 % vinifié en rouge, 10 % en blanc, le reste en rosé. La région lyonnaise capte 90 % des ventes réalisés par la cave coopérative qui regroupe 85 adhérents, et 23 caves particulières.

Le poids de la coopération

Créée en 1956, la cave de Sain-Bel s’étend sur 30 communes. Avec 400 000 cols par an, elle représente à elle seule 60 % de l’appellation des coteaux du lyonnais. En France, elle commercialise sa production dans les circuits traditionnels (50 %), les GMS (40 %) et en vente directe. Le Royaume-Uni, marché historique, et l’Amérique du nord occupent le podium de l’export.

 






Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer