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Le Mot d'actu : Eléphants

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Le Mot d'actu : Eléphants
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ActualitéEditos-Billets Publié le ,

Il a trompé son monde, le candidat à l'investiture du parti républicain pour les prochaines élections présidentielles américaines, Donald Trump, il y a six mois donné perdant. Normal après tout puisque le G.O.P. (Grand Old Party) est personnifié, si l'on ose écrire, depuis 1874 par un éléphant. Et un éléphant, c'est bien connu, cela Trump énormément.... Heureusement que cette chronique est rédigée en français, nul n'ignorant à l'heure de la mondialisation que la trompe de l'éléphant se dit elephant´s trunk en anglais...

Bref Donald Trump a écrasé ses adversaires mardi dernier, au sens figuré bien sûr et pas comme en Inde il n'y a pas si longtemps où les criminels étaient exécutés par des éléphants, la dernière de ces « pratiques » ayant parait-il eu lieu en avril 1947 ; de mémoire humaine évidemment, et pas d'éléphant. Qui n'en manque pas, parait-il. Comme il ne manque pas d'intelligence : si vous tendez un miroir à votre éléphant, après lui avoir dessiné une tache sur le front, en un endroit qu'il ne peut pas voir directement avec ses yeux, il va passer sa trompe sur la tache, autrement dit il reconnait son image. Oui, oui, c'est très sérieux ; tout comme les éléphants, en se grattant avec des branches qu'ils coupent, nous prouvent qu'eux aussi sont capables de se servir d'un outil.

Autant de raisons pour faire en sorte que ces animaux (si attendrissants qu'ils ont donné naissance à des héros pour enfants aussi emblématiques que Babar et Jumbo) ne viennent pas à disparaitre. La question est revenue sur le tapis il y a quelques semaines, à la fin janvier avec la décision de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal (non, on ne parlera pas à son propos d'éléphante du PS...) de suspendre les exportations d'ivoire brut et de renforcer la lutte contre le braconnage. Au nom de la préservation « de ce joyau de la biodiversité mondiale ».

A Bangkok en mars 2013 déjà, les 178 états de la (prenez votre souffle) « Conférence des parties à la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction » (ouf!), on dira CITES comme tout le monde, s'étaient déjà penchés sur ce problème d'abattage illégal d'éléphants par les braconniers du commerce de l'ivoire. Bangkok était, soit dit en passant, un lieu particulièrement bien choisi pour une telle conférence : l'ordre de l'Eléphant blanc en Thaïlande, fondé en 1861, c'est comme la Légion d'Honneur chez nous. La CITES donc s'inquiétait de l'abattage de 25 000 éléphants par an. Résumons : la population d'éléphants serait passée de plusieurs millions en 1970 à quelques centaines de milliers trente ans plus tard, et le trafic ne cesse d'augmenter depuis le début du XXIe siècle. Tout comme le prix de l'ivoire, qui atteint aujourd'hui 600/800 € le kilo. Sachant qu'une défense d'éléphant peut peser jusqu'à 100 kg, on vous laisse faire le calcul de rentabilité.

Le plus inattendu dans ce contexte, c'est que le 8 novembre 2012, le secrétaire d'Etat des Etats-Unis avait lancé un « appel à actions » contre le commerce illégal des espèces sauvages et proposait des pistes pour cette conférence de Bangkok. Retour à la case départ de cette chronique donc, le secrétaire d'Etat en question étant alors... Hillary Clinton, actuellement candidate à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de novembre prochain ; un parti démocrate symbolisé, lui, par un âne. Saura-t-elle se garder, Hillary, des coups de pieds de l'âne probables de son adversaire républicain « Elephant man » ? Un adversaire qui n'a pas l'air menacé d'extinction, lui...

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