AccueilActualitéLe mot d'actu : Parité

Le mot d'actu : Parité

Ah, des chiffres, on en a été abreuvé avec les résultats du deuxième tour des élections régionales. Qui a eu lieu vingt-quatre heures après les élections municipales en Arabie Saoudite auxquelles étaient « conviées », pour la première fois, les femmes. Non seulement elles ont voté, mais une dizaine de Saoudiennes ont été élues. Ne nous moquons pas : notre pays a attendu 1945 pour faire voter les femmes, il y a soixante-dix ans donc. Alors ce pourcentage que l'on voulait rajouter à l'avalanche de chiffres qui nous ont submergés ces derniers jours, c'est 47,54 %. Notre champion rhônalpin toutes catégories en mathématiques, Cédric Villani, sursauterait peut-être si on lui disait que 47,54 %, cela correspond à la moitié, à 50 %, à la parité si l'on préfère. Parité établie par la loi pour ces élections régionales ; et pourtant, sur les 204 conseillers régionaux élus en Rhône-Alpes-Auvergne ou Auvergne-Rhône-Alpes au choix, il n'y a que 97 femmes... Et toujours un homme président, dans ce territoire rhônalpin qui fut pionnier avec l'élection à la présidence de la région en 1999 d'une femme, Anne-Marie Comparini. Bien sûr, peser la parité au milligramme près serait absurde. En revanche, si l'on estime que cette parité homme-femme revêt une importance certaine (sinon pourquoi lui consacrer débats et lois), les récentes élections régionales offrent un éclairage cru sur la difficulté à passer de la loi aux actes. En 2010, les 22 régions de France métropolitaine n'avaient qu'une seule femme président : c'était en Franche-Comté, Marie Guite-Dufay. Réélue à la tête de la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté récemment, cette dernière se retrouvera moins seule, avec Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, et Carole Candela, présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ; elle pourra brandir l'étendard de la parité à 25 %, soit trois présidences sur douze régions métropolitaines hors Corse. Et pourtant, pour ces régionales, et c'est peut-être cela qu'il faudrait retenir sur le plan de la parité : au deuxième tour, sept femmes étaient têtes de liste dans ces douze régions. Ouf, l'honneur de la parité est sauf... Mais on ne peut que constater qu'un parti, le Front national, avait fait confiance massivement à des femmes pour conduire des listes aux élections régionales, dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en PACA et en Bourgogne-Franche-Comté. Elles n'étaient pas plus, trois, chez Les Républicains, et une seule au Parti socialiste, toujours dans les douze régions. Et si, au sein de ces formations dites de gouvernement, on se disait que quatre ou cinq têtes de liste sur douze, c'est encore un peu éloigné de la parité, et encore trop proche de l'application du principe du mâle dominant ?

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