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Le Moi de la danse, un nouveau temps fort dense

Un festival chasse l'autre. Exit Aires de jeu, le Moi de la danse le remplace.
Le Moi de la danse, un nouveau temps fort dense
© José Caldeira - Le chorégraphe portugais Marco Da Silva Ferreira signe un quatuor inspiré de la danse urbaine

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Même si les Subsistances ont subi une baisse de budget suite à un rapport de la Cour des comptes, ce laboratoire de création, que tout le monde nous envie, continue de développer des projets pour soutenir les jeunes créateurs. Témoin, ce nouveau festival intitulé le Moi de la danse (on peut d'ailleurs s'interroger sur le choix du qualificatif au jeu de mots un peu facile) qui propose de croiser les propositions de jeunes créateurs et les paroles de chorégraphes reconnu(e)s. Il va remplacer Aires de jeu, un festival qui offrait la possibilité à des chorégraphes de choisir dans le corpus d'un(e) artiste de musique contemporaine et de créer une pièce à partir d'une partition.
S'il est moins ambitieux et pointu, le Moi de la danse affiche des spectacles nouveaux et permet d'écouter ce que les anciens ont à nous dire. Notamment les réponses que donneront Maguy Marin, Mathilde Monnier, La Ribot et Nicolas Leriche et Clairemarie Osta à des questions aussi existentielles que Qui suis-je quand je danse ou quand je fais danser ? ou Quelle est mon identité. Il est également question de partager la matière danse avec les créateurs par des « work-shop brunch » et des cours de danse-minute. Ainsi au cours de trois semaines et demi pourra-t-on voir des pièces de Manuel Roque, Alexandre Roccoli, Marco Da Silva Ferreira, Cecilia Bengolea et François Chaignaud.
Ce nouveau rendez-vous lève ainsi le voile sur quatre compagnies. La nouvelle comète de danse canadienne, le chorégraphe Manuel Roque vient présenter son solo Data, sur le requiem de Gabriel Fauré. Créé en septembre 2014 à Montréal, ce solo met en jeu la solitude, explorant les moindres parcelles du corps. Alexandre Roccoli, chorégraphe itinérant entre Lyon et Berlin, reprend Longing, une pièce créée ici-même en septembre 2014, en marge de la Biennale de la danse. Splendide ode aux gestes des ouvrières tisseuses, Longing est un duo pour la danseuse Malika Djardi et le musicien Benoist Bouvot, une partition tissée méticuleusement qui emporte le spectateur dans une transe insensée et presque communicative.
Marco Da Silva Ferreira, membre très actif de la jeune scène portugaise et ancien interprète de Hofesh Shetchter, donne à voir un quatuor inspiré de la danse urbaine tout à fait singulier, ouvrant « le chemin du « moi humain » au « nous urbain ». Cecilia Bengolea et François Chaignaud clotureront le bal avec Dub Love, une incroyable variation entre dub et vocabulaire sur pointes. Où la rencontre, à priori très incongrue, entre cette musique des Caraïbes vibrante et l'usage des pointes crée une tension et un décalage, instaurant ainsi un étrange rapport de la danse à la musique.

Les Subsistances, jusqu'au 7 février

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