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Financement de la culture / Le mécénat dans la danse

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Financement de la culture / Le mécénat dans la danse

Le mécénat est de plus en plus tourné vers l'intérieur même de l'entreprise et ses salariés. Exemple avec la Maison de la danse de Lyon, établissement municipal, qui développe des projets sur mesures pour ses mécènes.

« Le mécénat est de plus en plus utilisé en interne dans les entreprises, comme levier d'une politique RSE (responsabilité sociale des entreprises), constate Anouk Aspisi, secrétaire générale de la Maison de la Danse. » La Maison de la Danse s'est donné pour objectif de doubler les recettes issues du mécénat, qui sont actuellement de 400 000 € sur un budget annuel de 6 M€ (autofinancé à 60%).

« Cela reste bien sûr un outil de communication en direction des partenaires et du BtoC pour une fondation, une entreprise, une banque, une société d'assurances… complète Clémence Atallah, responsable mécénat et partenariat. »

La Maison de la Danse, pilotée par Dominique Hervieu, est un modèle unique en Europe d'outil culturel, en perpétuel développement, exclusivement dédié à son art. Elle va se doter d'Ateliers de la danse d'ici à 2022 au cœur d'une vaste restauration de l'ancien musée municipal « Guimet » : "Ce sera un bâtiment différent, avec une vocation vers le jeune public, les amateurs, et surtout la création, il a une grande valeur symbolique patrimoniale pour les Lyonnais, c'est pour nous un grand enjeu de notre stratégie mécénat qui fera l'objet d'une campagne spécifique, affirme la secrétaire générale...Ce sera un lieu ouvert pour des périodes ponctuelles, mais ce ne sera pas une salle de spectacle.Cela pourra passer par une campagne de crowdfunding, pour que chacun puisse s'approprier un peu du musée Guimet."

La Maison de la Danse compte parmi ses grands mécènes la Fondation BNP Paribas, la Compagnie nationale du Rhône. D'autres organisations et entreprises sont « mécènes de projets » comme la Fondation Apicil, Seb, ou HTH (Holding Textile Hermès). A titre d'exemple la Fondation Apicil soutient cette année un projet de danse contemporaine avec des patients en souffrance psychique de l'hôpital du Vinatier (lire encadré ci-dessous).

« Certaines entreprises n'ont pas vocation, compte tenu de leur activité BtoB (ex : Spie Sud-Est) à communiquer en direction du public sur leur implication de mécènes, explique Anouk Aspisi . On affiche ses valeurs à l'externe, et de plus en plus à l'interne... » Cela se traduit « par des achats de places, des projets cousus main, complète Clémence Atallah. Ce sont par exemple des ateliers de danse parents-enfants, (société HTH), avec un chorégraphe, pour 40 places par an. L'engouement est tel que l'entreprise doit refuser des candidats chaque année…» La Maison de la Danse attire ainsi par la même occasion de nouveaux publics, qui ne connaissaient pas forcément l'institution.Avec la caisse d'Epargne Rhône-Alpes, la Maison de la Danse a monté un évènement au musée d'art moderne de Grenoble et au musée des Beaux Arts de Chambéry.

La Maison de la danse propose une formule "échauffement du spectateur" avec les collaborateurs de l'entreprise qui souhaitent se prêter au jeu. Ils s'essaient à quelques mouvements avec un chorégraphe : "L'expérimentation permet d'appréhender mieux ce que l'on voit sur scène, et de se rendre compte du travail des danseurs, explique Anouk Aspisi. La danse est un art très direct, qui parle au corps, c'est un très bon vecteur pour les entreprises."

"On est passé de l'entreprise qui communique sur beaucoup de sujets, à une entreprise en recherche de sens, confirme Anouk Aspisi, on affiche des valeurs à l'extérieur, on le fera d'autant plus à l'interne."

Les entreprises et fondations s'engagent sur du mécénat de projets : "Ce sera plus souvent des achats de place, souligne Clémence Atallah, ou un soutien à une jeune compagnie,un projet d'audio-description par exemple..." Les mécènes individuels sont encore rares, mais la Maison de la Danse entend développer cette piste dans l'avenir.

"L'importance de l'autofinancement (60%) de la Maison de la Danse nous rapproche des entreprises, par notre responsabilité économique", ajoute la responsable du mécénat. Comme exemple de mécénat, le groupe Seb (12000€, à titre de comparaison, les plus gros mécènes, BNP, CNR versent 100 000€) souhaite soutenir les projets éducatifs artistiques et culturels, dans notre programme "Le parcours du spectateur" auprès des collèges du VIIIè arrondissement. Cela consiste en formations spécifiques des professeurs pour qu'ils puissent parler des spectacles qu'ils vont voir, des places de spectacles, des vidéo conférences en lien avec les spectacles vus ..."

Pour les fondations et les entreprises, la « philanthropie » est un outil de défiscalisation incitatif depuis la loi Aillagon (2003) puisqu'elle donne droit à une déduction possible de 60% du montant versé, dans la limite de 0,5% du chiffre d'affaires HT. Les contreparties en communication et relations publiques proposées, dont l'entreprise mécène peut bénéficier ne doivent pas excéder la limite de 25% des sommes versées au titre du mécénat. Pour un don de particulier, ce sont 66% des sommes versés qui sont déductibles des impôts.

Un exemple de mécénat solidaire Maison de la danse/Fondation Apicil/Le Vinatier​

© Jean-Camille Goimard

« Des habitants » est un projet culturel qui réunit les patients d'une structure de soins autour de la danse contemporaine... Il propose une nouvelle expérience du corps à travers un projet artistique exigeant. Il implique des patients souffrant de handicap psychique suivis au CHS Le Vinatier, leurs aidants familiaux et des soignants spécialisés en santé mentale. Il vise à lutter contre l'autodépréciation et la stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques.

Ce projet participe à une réappropriation positive du corps et à une meilleure inscription de la vie de chacun sur un territoire à travers l'accès à une structure culturelle.21 personnes ont participé à cette expérience dont 12 patients, 5 aidants et 4 soignants du secteur de psychiatrie adulte du 8ème arrondissement de Lyon.

Ce projet artistique aboutira à une restitution publique du travail mené sous la direction du chorégraphe Sébastien Ly, le 27 juin 2019 au Studio Jorge Donn de la Maison de la Danse de Lyon.

La Fondation APICIL contre la douleur apporte son soutien à hauteur de 13 000€. « Eclats d'art », déclinaison interne au CHS Le Vinatier du dispositif régional « Culture et Santé » finance ce projet à hauteur de 4000€. Une campagne de financement participatif a permis de recueillir 2 000€ supplémentaires.




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