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Le maître et le disciple

Le maître et le disciple
© Bertrand Pichène - Lucile Richardot et Etienne Bazola, solistes accompagnés par Correspondances dans l'ode à Sainte-Cécile de Purcell

CultureMusique Publié le ,

Avec Hail ! Bright Cecilia de Purcell, Sébastien Daucé et l’ensemble Correspondances font leur première incursion en territoire britannique. Pas la dernière, si l’on en croit les baroqueux lyonnais qui ont l’ambition de creuser le sillon de la musique anglaise du XVIIè siècle. Cet essai vaut coup de maître. Pièce d’une grande richesse d’inspiration et de facture, défilé de possibilités vocales et instrumentales, l’œuvre de près d’une heure ouvre une multitude de portes que Correspondances franchit avec une aisance renversante. Tissant les différents fils de cette étoffe aux mille reflets, Sébastien Daucé en souligne la théâtralité et l’exaltation, la majesté et le caractère populaire, en s’appuyant sur un effectif vocal d’où se détachent Lucile Richardot, époustouflante de musicalité, d’intelligence et dotée d’un timbre enivrant de beauté marmoréenne, Nicolas Brooymans, basse aux graves impressionnants, et le baryton Etienne Bazola.


Deux jours auparavant, Philippe Herreweghe et le Collegium vocale Gent ont remis Bach sur le métier, deux cantates –BWV 130 et 149- célébrant l’archange Michel et surtout une ode funèbre à l’épouse de l’électeur de Saxe, plus connue comme la cantate BWV 198 « Trauerode », où il est question de confronter les vivants à l’idée de la mort. Le baroqueux flamand impulse une intériorité toute luthérienne à cette ode éclairée comme un tableau de Vermeer par la vivacité intérieure et la beauté des alliages sonores.


Le lendemain, Christophe Rousset n’a pas convaincu avec un interminable Tamerlano, oratorio de Haendel mené avec des tempi de sénateurs. Au manque de relief rythmique et de rubato de l’orchestre s’ajoute une distribution inégale dominée par la contralto italienne Teresa Iervolino. Avec son articulation idéale, son chant incarné et sa voix ample, chacune de ses interventions redonnait à Haendel la vigueur que lui refusait Rousset.

Tempête dans l’abbatiale

Jonas et la tempête est né de la rencontre entre Les Ombres et Chiome d’Oro, deux ensembles dirigés par d’anciens membres de l’Académie baroque européenne et accueillis en résidence en 2010. Original, ce spectacle en deux actes réunit, lors d’une même soirée, deux équipes et deux plateaux artistiques. D’où le rendez-vous avancée à 20 h. Les Ombres démarrent avec une suite d’airs et de danses, extraits d’opéras de Rameau et Purcell. Chiome d’Oro prend le relais avec Jonas, un oratorio à cinq voix de Bassani.


Inédite, cette proposition s’enrichie d’une mise en lumière immersive, imaginée par deux artistes, Nathalie Perrier pour le programme des Ombres, David Debrinay pour Jonas. La mise en lumière totale de l’abbatiale concerne aussi le public qui, à un certain moment, notamment lorsque Jonas est dans le ventre du poisson qui vient de l’avaler après qu’il a désobéi à un ordre divin, se retrouve dans la pénombre. Les éclairages par le sol mettront en valeur les voûtes et le plafond de l’abbatiale comme vous ne l’avez jamais vu.

Abbatiale, 1er octobre à 20h
www.ambronay.org

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