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Le diamant noir de Shakespeare

Le diamant noir de Shakespeare
© Nicolas Joubard - Thomas Jolly meten scène un spectacle de bruit et de fureur, aux accents de concert rock gothique

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Quoi de neuf ? Shakespeare ! Richard III ! Le souverain anglais fascine toujours autant. L’été dernier, Thomas Ostermeier faisait l’unanimité du public et de la critique public d’Avignon. Auréolé de ses lettres de noblesse shakespeariennes, chèrement acquises avec la saga de Henry VI (18 heures de spectacle dans son intégrale), Thomas Jolly s’en empare à son tour pour conclure un cycle d’horreur et de barbarie.


L’histoire. Richard, l’ambitieux duc de Gloucester vise une couronne d’Angleterre dont il parviendra à ceindre le front au prix d’une succession de trahisons et d’assassinats qui finiront par se retourner contre lui. Prototype du mal, cet anti-héros figure parmi les personnages les plus diaboliques du panthéon de Shakespeare. Cette fresque royale est, avec La Duchesse d’Amalfi de John Webster, l’une des plus sanglantes du répertoire élisabéthain. La sauvagerie de l’action et sa puissance dramatique expliquent qu’elle soit l’œuvre de Shakespeare la plus portée à la scène, devant même Hamlet.


Que peut-elle encore nous apprendre ? A cette question Thomas Jolly répond par un spectacle de bruit et de fureur, aux accents de concert rock gothique, qui tient le public en haleine comme les meilleures séries télé futuristes. Mais le jeune metteur en scène, qui joue le rôle-titre, ne s’arrête pas aux effets purement technologiques. L’associé au TNB de Rennes et au TNS de Strasbourg propose un angle pour renouveler notre vision de ce chef-d’œuvre en empruntant à la vraie vie du duc de Gloucester. « Richard ne veut pas tant être roi, que bâtir une lignée. La couronne est ici un moyen, pas une fin et c'est une fois son enfant mort qu'il devient vraiment un tyran, parce que le pouvoir n'a alors plus de sens pour lui."

Théâtre des Célestins, 17 au 20 mai.

La mécanique implacable de Feydeau

Chaque fois que l’ingénieur Ribadier veut rejoindre une de ses maîtresses, il abuse de ses dons d’hypnotiseur, plongeant sa femme dans un sommeil artificiel. Mais une indiscrétion à un ancien rival va gripper la machine amenant le mari à se prendre dans les pieds dans le tapis des mensonges. Le Système Ribadier n’est pas a pièce la plus connue de Feydeau, mais la mécanique parfaitement huilée fonctionne à plain régime dans ce spectacle mis en scène par Jean-Philippe Vidal. Evoluant à l’intérieur d’un cadre en forme de cinémascope, un décor en N&B, les acteurs semblent crever l’écran. Ecran où apparaît, tel un spectre, la figure de Robineau, premier mari de Madame Ribadier qui l’aurait déshonorée... 365 fois en 8 ans de mariage.


Théâtre de la Renaissance, 11 au 13 mai.

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