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Le dialogue de l’absence

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Le dialogue de l’absence

Il y a un mois, lors de la présentation de son projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi, le ministre du Travail, François Rebsamen, l’admettait sans ambages : « La qualité du dialogue social peut être largement améliorée ».

La recension des mouvements de grogne, qui ont émaillé et rythmé la semaine écoulée, valide ce postulat. Le gouvernement de gauche a fait descendre dans la rue les enseignants, notamment ceux concernés par la disparition des sections bilangues, programmée dans la réforme du collège. Si la mobilisation a été jugée « modeste », elle ne fut qu’une touche scarlatine supplémentaire sur la palette des grèves, témoins assourdissants de l’opposition aux troupes de Manuel Valls.

Au plan régional, la CGT et FO ont appelé à une grève de 24 heures (vendredi 22 mai) aux TCL, fustigeant, en une double salve, la dégradation des conditions de travail, responsable selon les syndicats d’une détérioration de la santé des personnels, et l’absence de revalorisation salariale. Dans le nord de la Loire, les médecins généralistes, irascibles depuis l’adoption du projet de loi de santé, ont fermé leur cabinet trois jours consécutifs. Baptisé « Le Printemps de Roanne », ce mouvement de colère, suivi par une centaine de praticiens, a pour dessein d’interpeller les élus et de les sensibiliser à « l’évolution catastrophique de la démographie médicale » qui ne permettra plus aux médecins généralistes, sur le territoire nord-ligérien, « d’assurer une prise en charge correcte de la population ». L’indignation de cette profession sous tension prend de l’ampleur, comme le confirme le ralliement du collectif MST (Médecins sans télétransmission) de Saône-et-Loire ou l’empathie qui irrigue les départements voisins, au premier rang desquels le Rhône. En sus, l’originalité de cette contestation réside dans son caractère affranchi. Non portée par les syndicats, elle dessine de nouveaux contours et représente un poids réel face aux pouvoirs publics. Fermer des cabinets pour ouvrir le dialogue… Baisser les rideaux pour élever le débat…

Et quel meilleur exemple pour mettre en exergue l’absence de dialogue social, que la réforme du collège. Plus précisément, le coup de force du gouvernement avec la publication rapide du décret d’application. Certaines mesures - on pense à l’introduction des enseignements pratiques interdisciplinaires ou l’accompagnement individualisé renforcé (même si les professeurs n’ont pas attendu le joug législatif pour assurer une aide accrue à leurs ouailles en difficulté) - suscitent réflexions et échanges. Ce qui est louable ! C’est donc moins le contenu que la célérité avec laquelle a été décidée la publication au Journal officiel du décret et de l’arrêté de ladite réforme qui est en cause. Autorité et fermeté pour la majorité. Autoritarisme pour des adversaires, enserrés dans le carcan des basses manœuvres politiciennes. Déperlant et imperturbable, l’exécutif a cependant garanti « la poursuite du dialogue ». Utile ?

A l’aune des dissensions qui gangrènent les partis politiques, la question du dialogue trouve toute sa légitimité. Entre des écologistes et élus du Front de gauche qui, sur fond de janotisme, balaient d’un revers de main celle tendue par Jean-Jack Queyranne (PS) à l’approche de l’échéance électorale des régionales, espérant « éviter les petites phrases et procès d’intention qui n’apportent rien au débat », et la démission de Didier Pesson de son mandat de conseiller du 5e arrondissement de Lyon, déplorant « le manque de vision » de Michel Havard (UMP), l’actualité politique locale regorge de références symptomatiques.

La lecture de notre dossier (pages 17 à 20) consacré au Salon des entrepreneurs apporte un éclairage révélateur. Passionnés, dynamiques, décomplexés, audacieux, de jeunes entrepreneurs admonestent ceux qui estiment que le succès ne se forge que dans l’individualisme. Et d’insister sur la « dimension collective », l’atavisme qui coule dans leurs veines de créateurs, le lien permanent avec les entrepreneurs confirmés. Et si les métiers évoluent, si de nouveaux émergent, l’homme demeure au centre. Dialoguer, ce n’est pas chercher à persuader, c’est créer les conditions d’une réussite.

L.O





GiB
Journaliste

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