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Le continent blanc à portée de main

Le continent blanc à portée de main
Vincent Munier - Luc Jacquet au plus près de l'empereur

CultureExposition Publié le ,

À partir de l'expédition à la fois scientifique et artistique du même nom, " Antarctica " immerge le spectateur au cœur de ce continent assez peu connu, puisqu'éminemment hostile et invivable pour l'homme dans des conditions normales. 10 ans après le succès planétaire du film La marche de l'empereur, son réalisateur, Luc Jacquet s'est lancé dans une nouvelle aventure extrême, en compagnie de deux photographes naturalistes et une dizaine de collaborateurs (preneurs de sons, vidéastes, techniciens, etc...). Pendant 45 jours, ils vont affronter les rigueurs de l'Antarctique avec un matériel super-sophistiqué et ramener des images à nulles autres pareilles.
L'exposition commence dans le « vestiaire » de la station Dumont-d'Urville où sont rassemblées des parkas conçues pour résister aux grands froids, des combinaisons de plongée adaptées aux conditions et du matériel conçu spécifiquement pour les besoins de l'expédition, une tente du campement et toutes sortes d'objets nécessaires à la survie. Puis le visiteur est invité à plonger à la suite des phoques de Weddell ou à regarder les minutieuses préparations que doit effectuer le plongeur avant de s'immerger dans une eau à la température glaciale (- 2 C°). Quand l'animal plonge en une seconde, l'homme doit se préparer entre 4 et 6 heures ! Et là, surprise ! Le manchot, animal plutôt pataud sur la terre ferme, se métamorphose en torpille dès qu'il est sous l'eau. Il faut voir ces drôles d'oiseaux se déplacer comme des poissons sous l'étendue liquide et remonter sur la banquise seulement avec la force de l'élan, ou ces incroyables organismes qui se déploient incognito sous la surface. Des images exceptionnelles et inédites (certaines espèces n'avaient jamais été observées) qui permettent de découvrir le fond de l'océan antarctique (presque) comme si nous y étions.

L'exposition a gardé le meilleur pour la fin. Une grande salle à 360 degrés tapissée d'images, remplie de cris d'oiseaux et du bruit du vent où chacun peut se poser et regarder le ballet d'une colonie de manchots sur la banquise, du premier plongeon des juvéniles aux individus qui tergiversent avant de traverser une rivière, des montagnes de la banquise aux horizons à perte de vue. Comme dans une immense bulle de blancheur seulement troublée par les sons de la faune et les éléments. Les contemplatifs pourront y rester des heures tandis que les autres ne feront que passer, mais chacun se souviendra de cet espace assez magique qui procure une sensation unique d'être au milieu des oiseaux... et de nulle part.

Musée des Confluences, jusqu'au 31 décembre, www.museedesconfluences.fr

Luc Jacquet, le co-concepteur de l'exposition, s'est lancé dans une aventure au long cours avec l'association Wild-Touch qu'il a créée suite à la réussite planétaire de La Marche de l'empereur. Avec la volonté d’agir pour la préservation de la nature à travers l’émotion de l’image et du cinéma, il travaille avec Wild-Touch sur un projet artistique global et de grande envergure autour de la biodiversité : " The Flow of Life ", 5 expéditions pour raconter comment chaque être vivant sur la planète est connecté aux autres et dont " Antarctica " est le premier volet. Biologiste tombé en amour pour l'Antarctique après un hivernage de 14 mois sur le continent blanc, il œuvre à sa façon contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité.

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