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Le cirque aux 1 000 visages

Le cirque aux 1 000 visages
© DR - Noos, l'insoutenable légèreté de l'être

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Mathurin Bolze avait un rêve. Celui d’ériger le cirque comme art premier. Libre, pluriel, déchaîné. De le faire évoluer pour chatouiller l’intérêt du spectateur. Le faire sourire, puis rire aux éclats, frémir, puis trembler d’angoisse... « Rêver encore, rester en mouvement et inventer les moments d’humanité partagée que sont les spectacles, poursuit le chorégraphe. Agencer ces collections d’intensités, ces instants de vérité pour les vivre avec le public grâce au sensible, à ce qui nous grandit et nous relie, ce qui fait place à nos singularités et nos minorités. »
Avec sa compagnie Mpta et en collaboration avec les Célestins, son rêve devient réalité en 2011. Le festival aura pour nom Utopistes, pour l’envie de dépasser les frontières et d’avoir plus de liberté. « Défendre un autre langage, celui du geste, du mouvement, de l’aérien ». Cinq ans plus tard, l’événement annuel compte – déjà – plusieurs moments d’anthologie. On se rappelle la haute voltige de la Compagnie XY sur le parvis des Célestins. On n’oubliera jamais la performance vertigineuse de Fragan Gehlker et son escalade périlleuse sur le lustre du théâtre, offrant une toute autre manière d’appréhender les espaces.
Plus que du cirque, Mathurin Bolze promet de l’inédit : « Vous passerez d’un dehors au dedans d’une salle puis ressortirez, vous passerez du bas en haut et vice-versa ». Autant de portes à ouvrir qui distillent, par petites touches, l’imaginaire du cirque d’aujourd’hui. Au point de rallier toujours plus d’adeptes à leur noble cause. En 2016, le TNG, Les Nuits de Fourvière, Le Toboggan, Les Subsistances, la Maison de la Danse entrent dans la ronde, et le festival va jusqu’à faire des émules à Valence et Chambéry.

Morceaux choisis

Oui, la 3e édition des Utopistes frappe fort en programmant le nouveau spectacle du maître James Thierrée, La Grenouille avait raison. Mais aux côtés des grands circassiens s’élève aussi la voix des jeunes talents. À l’image de Sébastien Barrier, le performer speaker, qui s’acoquine avec le vin naturel dans Savoir enfin qui nous buvons et soliloque pour Chunky Charcoal. Ou encore Noos, ce duo tout à la fois tendre et exigeant jouant sur l’abandon du corps. Au total, Utopiste affiche 30 représentations, parmi lesquelles plusieurs spectacles en extérieur et totalement gratuits. À l’instar du Cheptel Aleïkoum qui, avec Maintenant ou Jamais, lâchera dans les rues sa farandole ébouriffée de jongleurs, acrobates, danseurs, mais aussi « tous ceux qui souhaitent faire partager leurs idées ».

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