AccueilEconomieLe CIP réclame un « plan Marshall » pour les entreprises

Le CIP réclame un « plan Marshall » pour les entreprises

Le Centre d'information sur la prévention des entreprises en difficulté (CIP) national et son réseau régional appellent à « un plan Marshall » pour accompagner la reprise des TPE/PME. L'instance qui intervient en amont des tribunaux de commerce a d'ailleurs soumis plusieurs propositions au gouvernement. Explications avec André Tixier, président du CIP Loire-Sud.
Le CIP réclame un « plan Marshall » pour les entreprises
André Tixier, président du CIP Loire Sud

Economie Publié le ,

« La crise n'a fait qu'accélérer les défaillances d'entreprises qui connaissaient déjà des problèmes de trésorerie avant le confinement », explique André Tixier, ancien chef d'entreprise aujourd'hui reconverti dans le conseil et président du CIP Loire-Sud. Pendant cette période, ce dernier a pu échanger avec de nombreuses entreprises pour trouver des solutions et surtout les orienter dans le maquis d'offres mis à leur disposition.

Le CIP observe par ailleurs un environnement particulièrement défavorable pour les TPE et un manque de culture de la prévention, à commencer par les auto-diagnostics. Le CIP, qui entretient des relations régulières, aux niveaux national et territorial, avec les services de l'Etat, les associations du Rebond et celles du soutien psychologique, les branches professionnelles, souhaite se mobiliser encore plus via ses antennes régionales. Il propose aux pouvoirs publics de prévoir un texte permettant d'adresser systématiquement aux CIP les entreprises détectées par les greffes grâce aux « signaux faibles », ou encore en réelles difficultés.

Le CIP constate aussi que bon nombre d'entreprises pourraient se développer, avec en particulier l'embauche d'un salarié, mais n'osent pas franchir le pas du fait des charges et de la complexité administrative. « Les procédures de prévention (mandat ad hoc et conciliation) qui fonctionnent bien pour les entreprises plus importantes pourraient être adaptées aux TPE », explique-t-on au CIP. Parmi les urgences relevées : le rétablissement d'un plafonnement des charges sociales, des incitations significatives à l'embauche d'un salarié, apprenti ou non, ou encore l'adaptation du mandat ad hoc.

Créé localement en 2018 sous l'impulsion de l'ancien président du tribunal de commerce de Saint-Etienne, Dominique Jabouley, le CIP Loire-Sud rassemble bénévolement des experts-comptables, des commissaires aux comptes, des avocats et des chefs d'entreprise qui interviennent en amont des tribunaux de commerce. « Les entreprises défaillantes, souvent, manquent d'anticipation, ne travaillent pas assez leurs marges, sont positionnées sur des marchés peu porteurs ou pâtissent de délais de paiements rallongés », poursuit A. Tixier.

Auvergne-Rhône-Alpes possède plusieurs antennes locales du CIP : Auvergne Puy-de-Dôme, Bassin Roannais, CIP Loire-Sud et Haute-Loire. Il n'existe actuellement pas d'antenne lyonnaise, mais André Tixier, qui milite en sa faveur, indique qu'il accueille aussi les entreprises issues de ce bassin économique voisin.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?