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Le billet : "Quand le bâtiment va, tout va", vraiment ?

Publié le - - Editos-Billets

Le billet : "Quand le bâtiment va, tout va", vraiment ?
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Le secteur du bâtiment semble traverser ce deuxième confinement sans trop de casse. Mais rien n'est gagné...

"Quand le bâtiment va, tout va." On doit cet adage populaire à Martin Nadaud, un maçon originaire de la Creuse parti travailler à Paris dans la France du XIXe siècle, en pleine effervescence constructive, au sens propre - la capitale se modernise -, comme au figuré – c'est l'époque de la construction de la jeune république française – on en est à la IIe, juste après la Révolution de 1848, l'occasion pour Nadaud d'être élu député socialiste de la Creuse.

C'est lors d'un discours à la Chambre des députés en 1850 qu'il lance un "vous le savez, à Paris, lorsque le bâtiment va, tout profite de son activité", comme le rapporte le site du musée qui lui est consacré à La Martinèche (Limousin). Une citation qui fut popularisée sous le raccourci "quand le bâtiment va, tout va", et qui induit, lorsqu'on l'écoute du côté du verre à moitié vide, "quand le bâtiment (au sens très général du terme) ne va pas, rien de va".

Tout va bien, mais...

A priori, tout va bien : la majorité du secteur n'est pas impactée par ce deuxième confinement – les chantiers continuent, publics comme privés, les permis peuvent être délivrés, les devis et la programmation des travaux réalisables, les notaires sont prêts à recevoir des actes digitalisés, même si les visites pour vendre ou louer des biens sont suspendues.

Mais rien n'est gagné pour ce secteur d'activité cyclique par excellence, et donc extrêmement perméable aux évènements extérieurs. D'abord, les questions de main-d'œuvre, de l'indisponibilité des travailleurs, du ralentissement des procédures, des difficultés d'approvisionnement dus à la fermeture des frontières ou des usines de production situées hors de France ne sont pas réglées.

Carnets de commande presque vides

Ensuite, il accuse encore un fort retard depuis le premier confinement, plus stricte à son égard. Auquel s'ajoute l'effet cumulé des mois précédents la crise, de la révision du PLUH et des élections métropolitaines et municipales à rallonge. Mais surtout, "les carnets de commandes sont presque vides", nous racontent les différents acteurs du secteur dans notre dossier de cette semaine.

Et qui dit commandes, y compris publiques, implique confiance dans l'avenir. Et par extension, signe que "tout va". Sans confiance, le bâtiment, comme le reste des activités, tâtonne. Et on ne peut pas dire que les signaux extérieurs soient favorables.

LIRE NOTRE DOSSIER "SPÉCIAL RELANCE DANS LE BÂTIMENT"




Stéphanie BORG
Journaliste

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