AccueilGrand témoinLaurent Tavel, commandant de région de la gendarmerie: "La crise génère beaucoup plus d'agressivité"

Laurent Tavel, commandant de région de la gendarmerie: "La crise génère beaucoup plus d'agressivité"

Dans un climat social où les violences, infractions et outrages s'intensifient, le général Laurent Tavel, à la tête du commandement de la gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes pour la zone de défense et de sécurité Sud-Est, fait montre d'un réalisme et d'un pragma- tisme qu'il insuffle à ses équipes.
Laurent Tavel, commandant de région de la gendarmerie:
© Marine-Agathe Gonard - Laurent Tavel, commandant de la gendarmerie en Auvergne-Rhône-Alpes.

ActualitéGrand témoin Publié le ,

Quelle est votre analyse du climat social actuel ?


"Le climat social est compliqué. On se rend compte que finalement, les crises se succèdent : d'abord terroristes en 2015-2017, puis celle des gilets jaunes et depuis un an, la crise sanitaire. La gendarmerie est organisée pour s'adapter et gérer les situations de crise. Nous sommes en perpétuelle remise en question pour progresser et coller encore mieux aux réalités de nos territoires.

Des données objectives chiffrées nous permettent d'évaluer que cette crise a généré dans nos interventions beaucoup plus d'agressivité ou des réactions violentes (+5 % de violences, des atteintes volontaires à l'intégrité physique, dont 20 % de violences intra-familiales, +11 % de refus d'obtempérer, idem pour les outrages, +17 % de violences contre les gendarmes en 2020, Ndlr). Tout n'est pas non plus imputable à la crise sanitaire."

Quel a été votre travail durant l'année 2020 et encore aujourd'hui ?


"Notre cœur de mission reste de protéger la population. Dans cette période, nous avons constaté, du fait des confinements, une baisse de la délinquance. Ce qui nous a permis de nous dégager du temps pour rendre service à la population à travers l'opération « Répondre présent ». Nous sommes notamment intervenus auprès des plus vulnérables, des personnes âgées et jeunes isolés et du personnel soignant.

Nous restons toujours bienveillants et gardons le sens du discernement et de l'écoute dans des situations complexes même en période de crise. En revanche, une frange de la population génère de vraies tensions qui se traduisent par des embuscades, des jets de projectiles voire des intrusions dans des gendarmeries."

Comment le numérique investit-il votre métier ?

"Nous investissons depuis plusieurs années le champ du numérique, tant dans les équipements que dans les compétences. Nous avons créé une chaîne de commandement « cyber », du national au départemental, notamment via les actions de police judiciaire. Mais nous travaillons également sur la prévention.

Nous avons une vingtaine de référents nouvelles technologie sur la région qui conduisent des actions de sensibilisation à destination des entreprises, des collectivités, des établissements publics mais également dans les écoles. Nous sommes également présents sur les réseaux sociaux. Au niveau national, près de 6 000 personnes travaillent sur ce segment du numérique. La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

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