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Laurent Pelly, Monsieur Offenbach à l'opéra de Lyon

Laurent Pelly, Monsieur Offenbach à l'opéra de Lyon
DR - Laurent Pelly

CultureMusique Publié le ,

La destinée artistique de Laurent Pelly a changé d’orbite en 1996, lorsqu’il signe la mémorable production d'Orphée aux enfers d’Offenbach. Avec le chef d’orchestre Marc Minkowski, associé à ce coup de maître, le metteur en scène de théâtre, à l’époque directeur du modeste CDN des Alpes à Grenoble, va aligner les blockbusters lyriques avec les opérettes du « Petit Mozart des Champs-Elysées », nom que Rossini donnait à Offenbach. Au risque d’être catalogué, il a creusé ce sillon, remportant les suffrages du public et de la critique. Les Lyonnais se souviennent de La Vie parisienne et des Contes d’Hoffmann, les Grenoblois de La Grande Duchesse de Gerolstein, les Parisiens de La Périchole et de La Belle Hélène.
« Depuis l’enfance, j’ai baigné dans cette musique, cet esprit si français régulièrement remis au goût du jour. A l’inverse de Feydeau et de Labiche, Offenbach n’a jamais quitté la scène. Nous n’avons pas de tradition de comédie musicale et l’opérette est tombée en désuétude. Pas l’œuvre d’Offenbach, insiste Laurent Pelly. Je crois que je vais vivre toute ma vie avec lui. On me suggère de monter Rossini. Mais ses opéras n’offrent pas la liberté des œuvres d’Offenbach. » Cette crainte explique sa rencontre tardive avec le compositeur italien. Coup d’essai, coup de maître ! Son Comte Ory, créé l’an dernier à Lyon, a fait un tabac. Il est vrai que l’œuvre a été écrite en français pour la scène parisienne.
« Offenbach exige des chanteurs maîtrisant le français, capables de prendre de la distance, ayant un sens du théâtre et du texte parlé, précise le metteur en scène. Si les interprètes n’ont pas ces qualités, s’ils ne savent pas jouer avec le public comme dans un vaudeville, cela ne fonctionne pas. » Les partitions d’Offenbach n’ont pas toutes du génie, mais l’humour, cette manière de tordre les conventions, la poésie, l’ironie, la folie, la frénésie des situations et la tendresse qu’il a pour ses personnages justifie ce succès.
Laurent Pelly travaille prioritairement sur le répertoire français. « J’ai du mal à travailler dans une langue que je ne comprends pas. Je dirige les chanteurs comme des acteurs. Je m’appuie sur la musique pour les mouvements, sur les mots pour le jeu. Des mots et du mouvement, il n’en manque pas dans le Roi Carotte, un opéra-bouffe-féérie composé par Offenbach sur un livret de Victorien Sardou (l’auteur de Tosca et de Madame sans gêne d’après un conte d’Hoffmann). Accueillie triomphalement à Paris, en 1972, puis Londres, New York et Vienne, soit un total de 195 représentations, l’œuvre tomba dans l’oubli. Les nombreux changements de décor, des centaines de costumes et ses 40 personnages avaient eu raison des ardeurs des directeurs d’opéra.

Cauchemardescocomique


Près d’un siècle et demi après sa création, Le Roi Carotte sort de l’ombre dans une version ramenée à 3 h 30 (au lieu des 6 heures à l’origine) par Agathe Mélinand qui a adapté le livret et réécrit les dialogues. Avec la complicité du jeune chef d’orchestre Victor Aviat et des chœurs de l’opéra, très sollicités dans cet ouvrage, Laurent Pelly relève le défi sur le plateau où il retrouve une distribution d’une douzaine de chanteurs, dominée par Jean-Sébastien Bou, Yann Beurron et Chloé Briot.

Opéra de Lyon, 12 décembre au 1er janvier.

Mesdames de la Halle

Contemporaine de Orfée aux enfers, Mesdames de La Halle fait partie des premières opérettes composées par Offenbach. Jean Lacornerie dynamite la narration de ce mélo dans un spectacle de cabaret Montmartre, mélange de couplets chantés, de sketches et de numéros de magie. Dans le décor de cageots, les fausses girls descendent un grand escalier, en tenues légères et fantasques faites de poireaux, d’œufs ou encore de poissons rappelant le rêve d’absolu des poissardes des halles. Drôle, parfois licencieux, ce parti-pris donne du mordant à un livret sans intérêt. Les connaisseurs s’amuseront de ce pastiche, saturé de références à l’opéra italien et au grand opéra à la française, et découvriront une nouvelle distribution formée au sein du Nouveau Studio de l’Opéra que dirigera Nicholas Jenkins.


Théâtre de la Croix-Rousse, 11 au 28 décembre

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