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la vie violente de Pasolini

la vie violente de Pasolini
© : DR - BM Lyon, fonds Michel Chomarat, Pier Paolo Pasolini, Rome, 1969

CultureExposition Publié le ,

Une exposition en forme de chemin de croix puisque le commissaire (et propriétaire d'une partie des objets exposés) Michel Chomarat a choisi de découper l'accrochage en 14 stations. Il faut dire que le poète assassiné une nuit de 1er novembre sur une sombre plage d'Ostie (qui ressemblait davantage à une décharge, selon la presse de l'époque) a toujours manifesté un intérêt majeur pour la religion catholique, à la fois pétri de marxisme et de christianisme, en recherche perpétuelle de transcendance et de spiritualité. L'un de ses chefs d'oeuvre, L'évangile selon Saint Mathieu, avait même reçu le prix de l'Office catholique international de cinéma à sa sortie, en 1964.

Ainsi l'exposition, baptisée à propos Una vita violenta (du titre de son deuxième roman sorti en 1958), débute à la toute fin du chemin de croix, la mise au tombeau par sa mort, violente, justement, et les articles de presse de l'époque, dont la photo publiée par l'AFP. Des panneaux rouge sang comme la couleur du parti communiste qu'il a longtemps chéri, ponctuent le parcours, ainsi que des espaces plus fermés, baptisés Chapelles et renfermant des « ex-votos » païens comme celui dédié à Ninetto Davoli, l'archétype du ragazzo romain qui restera l'ami indéfectible d'une vie. Au fil de la déambulation se déroule une existence, marquée par les procès et les succès (critiques), et surtout une oeuvre, majeure et foisonnante. L'occasion de (re)découvrir ses livres, romans et poésie, ses films et ses essais, inépuisable mine d'inspiration et sujet d'admiration. Une oeuvre foisonnante qui révèle la pensée d'un homme toujours en mouvement, toujours en révolte, et laisse en héritage le goût de la remise en question permanente.

Affiches, livres, photos, journaux, images d'exploitation de films constituent une plongée dans l'univers de cet artiste aux nombreuses facettes, fasciné par le sacré et toujours tiraillé, avec comme principales stations, ses films les plus célèbres, mais aussi un long poème enchâssé dans un mur, violente homélie contre le pape Pie XII, l'assassinat de son frère Guido à la fin de la seconde guerre mondiale. Soit 300 objets issus de la collection personnelle de Michel Chomarat et quelques prêts de l'Institut Lumière comme la seule photo prise à Lyon de Pier Paolo Pasolini le 4 février 1969 par Alice Chardère. Un préambule parfait pour explorer l'œuvre que le curieux peut prolonger par la lecture de l'excellent dernier numéro de la revue Initiales (éditée par l''École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon) consacrée au poète.


Bibliothèque municipale de la Part-Dieu. Una vita violenta, jusqu'au 10 août,www.bm-lyon.fr
Une nuit italienne, Sono Pasolini, le 30 juin, Odéon de Fourvière

PPP

La revue Initiales consacre son dernier numéro à Pier Paolo Pasolini et questionne son héritage. Elle cherche à « se dégager d'une appréhension trop souvent segmentée par les champs disciplinaires, qui isole l'artiste du penseur, le cinéaste du romancier, l'essayiste du dramaturge, le poète de l'imprécateur » et permet ainsi d'embrasser les différents champs dans lesquels a opéré l'un des plus grands poètes du XXème siècle.

Un entretien passionnant de Castellucci (ou Pasolini n'a aucune part, sauf en filigrane), un autre d'Arnaud Meunier, le directeur de la Comédie de Saint-Étienne offrent des portes d'entrée de l'oeuvre comme les échappées photographiques de Ruth Cornelisse ou d'Olivier Zabat. Sans oublier le texte écrit par Pier Paolo Pasolini sur une série de sérigraphies d'Andy Warhol, qu'il rapproche des mosaïques des églises de Ravenne dans une analyse très personnelle.
Revue Initiales N°7, éditions ENSBAL, 15€

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