AccueilEditos-BilletsLa stratégie du territoire

La stratégie du territoire

L'info a écrasé toutes les autres, les a cannibalisées, réduites à la portion congrue. L'élection de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale, en un tsunami médiatique aussi brutal qu'imprévu, a tout balayé !

ActualitéEditos-Billets Publié le ,

Loin de nous, ici, de porter tel ou tel jugement a posteriori sur l’issue du vote du peuple américain, qui s’est exprimé dans sa plus entière souveraineté. Mais voir propulser Donald Trump dans le bureau ovale suscite moult interrogations et interpelle. Les analystes de tous bords, qui se sont fourvoyés dans les grandes largeurs à en juger par le fiasco de leurs prédictions, n’ont pas été en mesure d’anticiper le phénomène. Incapables d’appréhender, ni de déceler, pêle-mêle, le rejet des élites ; celui du discours peu alliciant d’Hillary Clinton, personnification d’une bureaucratie froide et désuète et figure de l’establishment honni ; la colère d’une classe moyenne blanche et rurale dont la mobilisation massive a contrasté avec celle, déficiente, des Noirs et de la jeunesse, électorat traditionnellement acquis aux démocrates ; la défiance envers les medias ; mais aussi, voire surtout, la montée du populisme et le désir d’un repli sur soi, en une revendication affirmée d’une identité clivante et excluante face aux périls de la mondialisation néolibérale et du terrorisme.
Héraut d’une Amérique refermée sur elle-même, Donald Trump joue la carte du protectionnisme, veille aux intérêts de « sa » nation et se positionne en défenseur viscéral de son territoire. De l’autre côté de l’Atlantique, le vocable « territoire » n’a de cesse d’irriguer les programmes des candidats à la primaire de la droite et du centre. La défense du territoire national face aux menaces extérieures, la défense intérieure de ce même territoire en promettant, dans une véritable course à l’armement, un renforcement significatif des effectifs de police et de gendarmerie, la quête d’égalité entre les territoires domestiques en luttant contre la désertification médicale, démographique ou économique des campagnes…
En déplacement dans le Beaujolais - comme Juppé, Fillon et Le Maire avant lui afin de rencontrer des entrepreneurs et des viticulteurs, et en meeting à Meyzieu mercredi, Nicolas Sarkozy poursuit son opération séduction avec la France des provinces, lui qui, il y a quelques mois, avait eu cette sentence malheureuse : « Quand je suis en province, je me sens Parisien ». A l’aune des élections aux Etats-Unis, l’ancien président ferait bien de tirer les leçons de telles arguties à l’égard de ces territoires. Des territoires qui innovent, qui bougent, terreau fécond d’expériences et de dynamismes. Des élections américaines, Nicolas Sarkozy préfère sûrement ne conserver que les sondages aléatoires.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?