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La Giselle vengeresse de Dada Masilo

Après Carmen et le Lac des cygnes, voilà que l'impétueuse Dada Masilo s'attaque au chef d'oeuvre romantique Giselle. Après la Giselle tombée en folie de Mats Ek, voici la Giselle sans pitié de Dada Masilo.
La Giselle vengeresse de Dada Masilo
Stella Olivier - Giselle, chorégraphie de Dada Masilo

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Elle n'est désormais plus une inconnue sous nos cieux. Les spectatrices et les spectateurs lyonnais l'avaient découverte en avant-première, lors de la biennale 2012, la première pilotée par Dominique Hervieu, pour un mémorable Swan Lake resté depuis dans les mémoires.

Deux ans plus tard, elle remettait le couvert avec sa vision décapante de Carmen. Voilà que son dernier projet né pendant sa tournée new-yorkaise est de bousculer de nouveau les classiques qu'elle aime tant. En l'espèce, il s'agit de Giselle, LE ballet romantique par excellence dont le livret écrit par Théophile Gautier est un modèle du genre.

Inspiré par les « wilis au teint de neige, à la valse impitoyable » en feuilletant De l'Allemagne de Heinrich Heine, Gautier écrit l'argument en trois jours, le propose à Jean Coralli et Jules Perrot, créant un ballet qui fera un tabac jusqu'aux États-Unis, puis tombera dans l'oubli avant d'être remis au goût du jour par Marius Petipa.

Cette histoire de paysanne séduite puis délaissée par le hobereau du coin, qui meurt de chagrin, et néanmoins sauve son bien-aimé de la vengeance des wilis va prendre une tout autre saveur dans les mains de la chorégraphe sud-africaine.

En effet, la reine des Wilis, Myrtha est une sangoma (chamane sud-africaine) et la « petite » Giselle ne résistera pas à l'appel de ses sœurs pour se venger du prince frivole. La Giselle de Dada Masilo ne connaît que le deuil, le chagrin, la colère et la vengeance, pour devenir enfin un esprit « libéré » des chaînes du monde des vivants.

Aussi ne faut-il pas s'attendre à des tutus et frous-frous, des arabesques et des jolis pas de deux, d'autant que la partition de Adolphe Adam est largement réadaptée dans une création originale du compositeur sud-africain Philip Miller, complice de longue date de William Kentridge, autre illustre artiste sud-africain, qui a réalisé les dessins projetés pendant la pièce.

Une pièce créée en mai 2017 à Oslo, qu'on imagine rageuse et pleine de fougue, secouée de mouvements frénétiques et de couleurs.

Maison de la danse, 3 au 7 octobre, www.maisondeladanse.com

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