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Dossier : La filière aéronautique décolle en Auvergne

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Dossier : La filière aéronautique décolle en Auvergne

Derrière Michelin, emblématique leader, l'industrie auvergnate compte aujourd'hui plusieurs acteurs majeur, éléments moteurs de trois pôles de compétitivité et d'une dizaine de clusters d'excellence, du pôle ViaMéca au cluster Automac dédié à l'automobile. Depuis quelques années, c'est la filière aéronautique qui se distingue, en affichant un taux de croissance à deux chiffres. Longtemps sous-estimé dans la région, son poids ne cesse d'augmenter en Auvergne. La montée en puissance de la filière est symbolisée par celle du cluster Avia, devenu depuis le début de l'année Aerospace Cluster Rhône-Alpes Auvergne, qui renouvelle peu à peu l'image de l'industrie auvergnate.

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On est certes encore très loin de la notoriété internationale qu'a acquise la région toulousaine, mais la filière aéronautique auvergnate commence à peser d'un poids qui en fait d'ores et déjà un acteur important dans l'Hexagone. Avec des compétences uniques dans la métallurgie, la maintenance et les technologies de pointe... « Le secteur connaît une croissance quasi insolente en période de crise, avec une progression de 10 % au cours des deux dernières années, commente Eric Fernandez, spécialiste de la filière chez Pyramis Consulting. C'est d'ailleurs l'une des rares filières en France qui enregistre une telle croissance. » A tel point que l'Auvergne, avant même de finaliser la fusion avec sa voisine de Rhône-Alpes, s'était déjà installée à la cinquième place des régions françaises les plus dynamiques dans le secteur de l'aéronautique.

Réunies au sein de l'Aerospace Cluster Rhône-Alpes Auvergne, les deux anciennes régions pèsent d'un poids plus lourd : 350 entreprises, 30 000 emplois directs et 3,3 Md€ de chiffre d'affaires. « L'Alliance aéronautique Auvergne Rhône-Alpes sera l'opportunité de développer de nouvelles synergies entre les acteurs de cette grande région. Elle favorisera la mise en place de nouvelles collaborations pour le développement de technologies d'avenir et de nouvelles activités », analyse Frédéric Antras, le délégué général du cluster. Elle permettra également de mutualiser et de renforcer les programmes de support aux PME pour améliorer la compétitivité de la filière régionale. Enfin, cette alliance permettra d'augmenter la visibilité de cette puissance aéronautique à l'échelle régionale, nationale et internationale et ainsi de renforcer l'attractivité de tous ses territoires.

Concrètement, une centaine d'entreprises auvergnates sont positionnées sur les grands programmes aéronautiques et spatiaux, parmi lesquelles des acteurs majeurs du secteur tels Constellium, Aubert & Duvel ou Safran. L'Auvergne peut même s'enorgueillir de compter un constructeur d'avions : Issoire Aviation (Rexiaa Group). « Les entreprises de notre région sont en effet très présentes dans le secteur de l'aéronautique, comme le souligne une étude de l'Agence régionale de développement économique », confirme Pascal Rey, président du laboratoire 2MAtech à Aubières, dans le Puy-de-Dôme. Réalisée auprès de plus de 80 sociétés auvergnates, l'étude de l'ARDE souligne le dynamisme de la filière, qui emploie un peu plus de 11 000 personnes sur le territoire régional et pèse quelque 1,27 Md€.

Cette dynamique a notamment été insufflée par les programmes Airbus, sur lesquels plusieurs entreprises auvergnates interviennent désormais. Le laboratoire 2MAtech est de celles-là. Ses experts testent les matériaux utilisés par Airbus avant leur production. Le laboratoire basé à Aubières a le vent en poupe, son chiffre d'affaires s'affichant en hausse de 30 % par rapport à 2013. Seul laboratoire du genre dans toute la région, 2MAtech a fait de son savoir-faire et de sa flexibilité des atouts majeurs. « Le fait d'être une structure à taille humaine nous donne un avantage concurrentiel important. Nous sommes capables de répondre très vite à certains acteurs de l'aéronautique. Ce n'est pas un avantage concurrentiel technologique, mais un avantage concurrentiel qui est lié à notre structuration et à notre organisation », analyse Pascal Rey.

Certifié COFRAC et ISO 9001, 2MAtech fait d'ores et déjà partie des 80 laboratoires qualifiés par Airbus dans le monde. Cette qualification lui permet de travailler avec le constructeur aéronautique et ses sous-traitants sur l'expertise de matériaux. « L'aéronautique représente actuellement 30 % de notre activité. En France principalement, mais aussi à l'étranger, puisque nous avons obtenu des contrats à l'international au Maroc, en Belgique et en Angleterre », poursuit-il. Une première approche de l'international que le laboratoire entend faire fructifier. « Nous devrions obtenir une accréditation américaine, la certification NADCAP, qui nous permettra de partir à la conquête de nouveaux marchés, car c'est un enjeu majeur pour maintenir l'activité aéronautique à l'avenir », ajoute le président de 2MAtech.

Des atouts et des pistes de progrès

L'étude menée par l'ARDE a permis d'identifier les activités qui différencient l'Auvergne des autres grandes régions françaises de l'aéronautique (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Île-France, Rhône-Alpes). Elle s'affirme dans l'élaboration en amont et le travail du métal (Aéro13, Auvergne Aéronautique). En aval, plusieurs entreprises se consacrent à la maintenance d'avions civils et militaires (AIA, Hop Régional, Enhance Aéro). L'Auvergne développe également des technologies de pointe comme l'impression 3D, la robotique ou la simulation numérique. Enfin, l'étude met en avant la qualité des entreprises aéronautiques auvergnates, tant sur leur gestion financière (85 % ont une trésorerie adaptée aux exigences de la filière) que sur leur capacité de production (72 % des entreprises ont des investissements de bon niveau en termes d'outils de production). Néanmoins, l'ARDE souligne les grands enjeux auxquels le tissu économique du secteur devra répondre pour maintenir ses positions : atteindre une certaine taille critique et optimiser la performance industrielle.




Fabien RIVIER
Journaliste

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