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L'Opéra fan du Roi Carotte

le - - Musique

L'Opéra fan du Roi Carotte
stofleth - De cour à jardin, Laurent Pelly transforme le plateau en potager

L'imagination débordante de Laurent Pelly prend le pouvoir sur la scène de l'Opéra de Lyon où il signe la production du Roi Carotte, un opéra-féerie d'Offenbach, oublié depuis plus de 140 ans. Un spectacle frais, drôle et tonique, à mettre vos zygomatiques à rude épreuve.

Oublié depuis sa création en 1872, à la Gaité lyrique, à Paris, Le Roi Carotte refait surface, déterré par Laurent Pelly et sa complice Agathe Mélinand. Opéra-féerie, plus qu’opérette, l’œuvre porte en elle les germes des Contes d’Hoffmann dont se nourriront des générations de mélomanes. Prétextes aux délires les plus inouïs, le livret arpente les jardins des jeux de l’amour. Il brise les règles du temps (Pompéi avant l’éruption du Vésuve) et de l’espace (châteaux hantés par des armures animées, fourmilières ou encore ruches) dans un décor imposant et en perpétuel mouvement. Le public ne verra pas la version originale hollywoodienne - 6 heures de spectacle, 150 figurants, 45 danseurs, 75 choristes, 24 décors et 1 500 costumes - mais la réduction d’une version déjà raccourcie par Offenbach lui-même pour une reprise à Londres, Vienne et New York.
L’argument nous entraîne dans un royaume imaginaire où une  sorcière rancunière installe une carotte sur le trône du roi Fridolin. L’usurpateur finira dans un immense presse-purée, après des péripéties dignes des Monthy Pyton. Drôle de bout en bout, n’hésitant devant aucune invraisemblance, accumulant les anachronismes, le livret offre un matériau idéal pour le compositeur. Tout n’est pas de la meilleure eau, surtout sous la direction paresseuse - peut-être tétanisée - du très jeune chef d’orchestre Victor Aviat. Cette exhumation méritait sans doute un chef aguerri à ce répertoire plus difficile qu’il n'en donne l’air. Mais que de traits de génie dans cette partition où Offenbach parvient à imiter le démarrage d’une locomotive à vapeur.
Dans ce monde fou, fou, fou, sur ce plateau transformé en potager de cour à jardin, les interprètes courent, virevoltent, jouent la comédie sans trahir une musique toujours renouvelée. Yan Beurron (Fridolin), Chloé Briot (Rosée-du-Soir) et Antoinette Dennefeld (Cunégonde) dominent la distribution. Les autres ne déméritent pas. Mais, pour une fois, les chœurs leur volent la vedette. La troupe de l’Opéra prend autant de plaisir que le public aux calembours de salle de garde, aux pantalonnades, aux clins d’oeil appuyés à l’actualité politique. Pour autant, et malgré des figurants travestis en légumes (carotte, navets, radis, raves), cette production n’a rien d’une macédoine. Plutôt d’une assiette de légumes (au sens propre comme au sens figuré) dressée avec habileté et imagination par Laurent Pelly qui, s’il ne signe la meilleure de ses productions, griffe un spectacle tonique, drôle de bout en bout, idéal pour les fêtes de fin d’année.

 

Opéra de Lyon, jusqu’au 1er janvier




Fabien RIVIER
Journaliste

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