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L'ONL a l'âme slave

L'ONL a l'âme slave
© David Duchon-Doris - Leonard Slatkin

CultureMusique Publié le ,

Cette saison, l’Orchestre National de Lyon met l’accent sur la musique russe, hommage son chef Leonard Slatkin, né aux Etats-Unis d’une famille de musiciens originaires de la Russie tsariste. Et qui mieux que Tchaïkovski et ses six symphonies pour évoquer ces racines. Gageons que le maestro en donnera une lecture éloignée du sentiment exacerbé et sucré de pathos et de lamentation.
Empreinte d’une mélancolie naturelle, la première symphonie, sous-titrée « Rêves d’hiver », ressemble à un portrait de l’âme slave. La deuxième «Petite Russienne » est plus exubérante encore. Tout comme la Troisième, cette « Polonaise » plus rarement jouée. Entre description et musique pure, elles forment une patenthèse heureuse avec la triologie du fatum (symphonies 4, 5 et 6) « cette force fatale qui empêche l’aboutissement de l’élan vers le bonheur ».


Totale soumission au destin, la Quatrième a quelque de Beethoven dans sa construction et son essence humaine. La Cinquième aborde le fatum d’un point de vue métaphysique, presque religieux. La 6è symphonie, « Pathétique », la plus connue, que Tchaïkovski, pressentant sa mort prochaine, écrit comme « un requiem pour lui-même », apparaît comme une rétrospective autobiographique. Elle fait écho à la déclaration de Madame von Meck, son égérie : « Pierre Ilitch,vous n’êtes rien que votre musique, et votre musique n’est rien que vous, votre être même ».


Démonstration éclatante du génie de Tchaïkovski à transfigurer un matériau souvent banal, voire mélodramatique, ces symphonies portent le sceau d’un destin hors norme. Tchaïkovski est mort brutalement, dans des circonstances non encore élucidées (choléra ou suicide imposé par un « tribunal d’honneur » ?) quelques jours après avoir dirigé personnellement la macabre et énigmatique Pathétique.

1ère et 4è symphonies (17 nobembre à 20h)
2 et 5èmes sympbonies (22 novembre à 20 h)
3 et 6èmes symphonies (26 novembre à 18h).

www.auditorium-lyon.com

Echos de Russie


Fondé en 1882 par le tsar Alexandre III, longtemps dirigé par le légendaire Evgueni Mravinski, le plus ancien orchestre symphonique russe fait étape à l’Auditorium. Les mélomanes lyonnais ont appris à aimer Iouri Temirkanov depuis qu’il a pris les rênes du Philharmonique de Saint-Pétersbourg en 1988. Stimulé par la concurrence de son éternel rival, l’orchestre du théâtre Mariinski, ex-Kirov, qui subit la loi du flamboyant Valery Gergiev, le Philharmonique défend son rang.

Pour ce nouveau rendez-vous, l’orchestre interprète Ma Mère L’Oye et La Valse, deux œuvres de Ravel précédées par le 2è concerto pour piano de Tchaïkovski. Au clavier : Boris Berezovski, l’un des géants du piano russe (Auditorium, mardi 8 novembre à 20h). Le Quatuor Borodine complète cette première partie du festival russe avec des oeuvres de Chostakovitch et Borodine (mardi 15 novembre à 20h)

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