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EDITO : L'omniprésence de l'absence

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EDITO : L'omniprésence de l'absence
G.Garitan

Actualité Publié le ,

On ne parle que de lui. Absent il y a quelques mois, aujourd’hui terriblement présent. François Fillon, au programme omineux pour ses détracteurs, salvateur autant qu’indispensable pour ses partisans, a bousculé les pronostics, dominant un Sarkozy trop clivant, puis un Juppé trop consensuel.

L’écrasante victoire de l’homme de la Sarthe lors de la primaire de la droite et du centre irradie depuis la sphère médiatique, et passe sous silence l’honorable score obtenu par Nathalie Kosciusko-Morizet, l’unique représentante féminine de la primaire. Certes, les 2,6 % de NKM n’ont pas impacté la bataille des trois caciques du parti LR, mais ils lui permettent de décrocher une quatrième place inattendue et d’affirmer son envie de se faire entendre lors de la campagne, notamment sur les questions sociétales.

De quoi aussi s’interroger sur la place des femmes en politique : elles ne sont que 27 % dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, ne représentent qu’un quart des élus du Sénat et ne tiennent les rênes que de six grandes villes (plus de 100 000 habitants), dont, et c’est notoire, celles de la capitale. A l’aune des sondages et du poids des diverses familles politiques, seule Marine Le Pen semble en capacité de peser dans la course à l’Elysée.

Difficilement audibles dans ce carrousel d’annonces de candidatures à la présidentielle, Rama Yade, l’ancienne secrétaire d’Etat dans le gouvernement… Fillon, Sylvia Pinel, ex-ministre du Logement, qui défendra les couleurs du Parti radical de gauche, ou Nathalie Arthaud, pour Lutte ouvrière, tenteront d’inoculer leurs idées, leurs projets et leurs visions. Tout comme Marie-Noëlle Lienemann, de l’aile gauche du PS, qui aura fort à faire pour exister lors de la primaire de la gauche face aux Hamon ou Montebourg, également vent debout contre Hollande et sa politique économique.

La politique et l’économie, même combat ? Un peu. Le président de la chambre de commerce et d’industrie de région Auvergne-Rhône-Alpes, Jean-Paul Mauduy, l’a dernièrement souligné : « Sur les 300 000 entrepreneurs de la région, seulement 30 % sont des femmes. Il faut faire plus ». Même son de cloche du côté d’Emmanuel Imberton, reconduit à la tête de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne : « Sur les 100 membres élus, installés le 21 novembre, 41 sont des femmes. Petit bémol : elles ne sont que deux au bureau (ndlr : sur dix) ».

Les choses bougent, lentement mais sûrement. Les trophées Femmes décideurs décernés par notre journal, lundi dernier, procèdent de cette volonté de valoriser l’entrepreneuriat au féminin, ces parcours professionnels parfois atypiques, souvent empreints de réussite.

Présidente de Femmes Chefs d’Entreprises, Anne-Sophie Panséri ne cesse d’asséner son argumentaire en faveur d’un renforcement de la présence des femmes dans la vie économique et au sein des instances décisionnelles. Il semble en tout cas que tendre vers l’égalité hommes-femmes constitue un levier réel d’efficacité économique.

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