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L’INFO - A 45 : la supplique du monde économique

Il est vrai que cette autoroute n’en fini plus de se faire attendre.

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Le débat est démocratiquement tranché, l’utilité publique avérée et la décision de réaliser l’A45 d’ici 2015 officiellement publiée. Et pourtant aujourd’hui le dossier piétine, les appels d’offres se font attendre, le tracé pourtant validé presque remis sur la table de travail. « Depuis 10 ans, nous attendons cette infrastructure qui est une suite logique notamment de l’axe Lyon-Toulouse. Nous en avons besoin » constate Jocelyne Duplain, présidente de la chambre de commerce et d’industrie de Haute-Loire. « Aujourd’hui, le temps perdu dans les embouteillages est estimé à 500 millions € chaque année par les services de l’Etat (dossier d’enquête publique), soit une A45 tous les 2 ans » souligne Philippe Grillot, président de la chambre de commerce et d’industrie de Lyon. « L’A47 est obsolète, dangereuse, nous devons aujourd’hui faire entendre la voix du monde économique pour maitriser notre avenir. Nous sommes déterminés mais nous ne sommes pas arrogants » surenchérit-il. « La démocratie a eu toute sa place dans ce dossier, il faut maintenant lancer les appels d’offres et que le dossier avance. Chaque jour de plus est un coût insupportable pour notre économie » argue André Mounier, président de la chambre de commerce et d’industrie Saint- Etienne Montbrison.

Une urgence pour la compétitivité du territoire

La métropole lyonnaise a été identifiée par l’Etat comme l’un des territoires économiques à enjeux sur le plan national. La Directive territoriale d’aménagement,signée par le Premier ministre le 15 janvier 2007, en planifie le développement, afin de lui permettre d’atteindre rapidement la taille critique européenne. L’A45 figure dans la DTA comme l’axe moderne et performant favorisant la qualité des échanges.
Au-delà, la réalisation de l’A45 permettra l’émergence d’une transversale Est-Ouest Lyon-Toulouse, maillon d’une liaison continentale considérée comme stratégique par l’Union Européenne. A l’occasion de l’enquête publique, l’ensemble des institutions économiques de l’axe Lyon/Toulouse a fait valoir la nécessité de réaliser l’A45.

Une alliance économique unique

Il est vrai, presque prouvé que la liaison actuelle pénalise gravement la compétitivité des entreprises. Elle constitue un obstacle important aux projets d’investissement. Le sondage IFOP A45 d’octobre 2006 réalisé auprès de 1002 chefs d’entreprises de Lyon, Saint Etienne, Le Puy fait apparaître un taux d’insatisfaction record de 67 % quant à la liaison actuelle. Des coûts directs et indirects sont dénoncés : surconsommation de carburant, pénalités de retard, rendez-vous manqués, perte de clients, d’attractivité, heures perdues. « La saturation et l’obsolescence de la liaison actuelle pénalisent en tout premier lieu les PME, les TPE Rhône-Alpes a une envergure internationale et pour nous monde économique, c’est un devoir de faire aboutir ce projet. Loin d’être une diatribe contre l’Etat, nous souhaitons par ce message unanime apporter notre contribution technique » ajoute Jean-Paul Mauduy, président de la CCIR. François Trucas, d’une façon théâtrale qui en dit long, enfonce le clou : « c’est un véritable scandale. Les 500 000 entreprises de ce bassin, n’en peuvent plus ».
Jacques Chanut, président de la Fédération régionale du bâtiment pointe aussi du doigt une véritable distorsion de concurrence entre les deux pôles importants de Rhône-Alpes que relie l’actuelle A47. Et le président de l’UPA Rhône-Alpes, Christian Brunet de préciser : « les entreprises de petite taille sont souvent les plus pénalisées par le manque d’infrastructures compétitives ».

« Le privé est prêt à investir »

Côté financement, le lancement de l’appel d’offres à la construction et à l’exploitation de l’A45 est conditionné à un tour de table préalable des collectivités locales pour se répartir les pourcentages de prise en charge de l’éventuelle subvention publique qui serait demandée par les candidats. Ce tour de table préalable est une procédure habituelle, à l’image des dossiers A41 – Annecy/Genève et A65 – Pau/Langon.
L’expérience montre que les réponses à l’appel d’offres peuvent comporter un financement 100 % privé (A41, A65), ou, à l’opposé, présenter une demande de subvention excédant les capacités de financement public, amenant à déclarer l’appel d’offres infructueux. Dans un cas comme dans l’autre, le dossier de l’A45 sera enfin tranché.
Toutefois, les perspectives de trafic (20 000 à 30 000 véhicules jour) confèrent à l’A45 un niveau de rentabilité qui rend probable le financement exclusivement privé de l’infrastructure, ne nécessitant donc pas l’engagement des collectivités publiques.
Rappelons que l’A41 et l’A65 ont été exclusivement financées par le privé, alors qu’elles présentaient des perspectives de trafic beaucoup moins élevées. Pour Philippe Grillot : « le privé est prêt à investir. La fenêtre de tir est importante. Nous n’avons pas d’avis sur le tracé mais nous voulons que l’infrastructure soit lancée au plus vite ».

C.B-A

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