AccueilL'IAC de Villeurbanne chamboule les perceptions

L'IAC de Villeurbanne chamboule les perceptions

L'IAC de Villeurbanne chamboule les perceptions
© Blaise Adilon - "Topoestesia - Trezone contigue (itinerario programmato)", 1965-1970

Publié le ,

Non seulement par l'atmosphère qui y règne mais aussi par la beauté et l'étrangeté des œuvres exposées et par le retour qu'il opère sur le projet lui-même. Tout à fait passionnnt puisqu'il « interroge, à partir du champ des expérimentations artistiques, les recherches pratiques et théoriques permettant de lier espace, temps, corps et cerveau » en rassemblant les réflexions et expérimentations d'artistes avec celles de chercheurs. Du chamanisme aux neurosciences en passant par l'histoire de l'art et l'astrophysique.

Une salle « ressources » permet de reparcourir les précédentes étapes grâce à des documents écrits, sonores et vidéo ainsi que la bibliothèque constituée par les artistes et chercheurs du projet. Les autres espaces sont consacrés à deux artistes disparus la même année, 1993, et chacun des pionniers dans leur champ d'expression. L'occasion pour le néophyte de découvrir deux pointures de l'art et au connaisseur de se replonger dans les œuvres.

Principal instigateur de l'art lumino-cinétique dans son pays, l'artiste italien Gianni Colombo accueille le visiteur avec l'oeuvre Architettura Cacogniometrica. Interprétation toute personnelle de l'architecture classique, cette pièce créée in situ à l'ELAC (Espace lyonnais d'art contemprain) en 1984 destructure l'horizontalité et modifie le sens de l'équilibre. Tout comme Topoestesia - tre zone contigue (itinerario programmato), une installation en forme de couloir tendu de fils blancs qui propose une déambulation dans trois espaces successifs, où les déformations spatiales sont induites par des variations lumineuses rythmiques et modifient nos perceptions de l'espace environnant. Remontée à l'identique grâce aux plans (également exposés), cette pièce a été créée à l'origine en 1965 pour une expo à Rome et s'inscrit comme une pièce majeure et l'une des plus volumineuses dans le travail de l'artiste italien. À l'inverse Cromostructturra se présente comme un cube constellé de couleurs qui change sans cesses.

Si la lumière fascine Gianni Colombo, l'image a conduit la carrière Paul Sharits, cinéaste expérimental américain. L'IAC présente trois films montés en boucle, Word movie qui fait défiler une suite de mots se superposant les uns aux autres. Analytical studies N°2 questionne la nature même du médium pellicule avec des chutes et des ratées. Axiomatic Granularity explore le grain de l'image, permettant d'en changer la couleur ou l'aspect et jouant avec la rétine de celui ou celle qui regarde.



IAC, jusqu'au 14 août

www.i-ac.eu

Un homme dans une bouteille

Les riverains de la place Lazare-Goujon ont eu la surprise, il y a deux semaines, de découvrir une bouteille échouée dans un des deux bassins de la place avec un homme dedans. Il s'agit de l'artiste Abraham Poincheval, adepte des expériences limites, décidé à vivre aux yeux de tous dans une bouteille pendant 4 jours, avec pour principal contact avec l'extérieur le regard des passants, leurs questions et leurs discussions. Leur incrédulité aussi.

Abraham Poincheval tient un journal de bord, qu'on peut suivre à l'IAC où est situé son « camp de base », un aile du musée aménagée par ses soins, ornée de poissons et de cordages qu'il réalise dans sa bouteille. L'expérimentation a débuté à Port-Saint-Louis en juillet 2015 et se poursuit en Arles, à Villeneuve-les-Avignon (9 au 17 juillet), Miribel-Jonage (24 au 29 août, dans le cadre du festival Woodtower), Andancette (8 au 13 septembre) et Lausanne (21 au 26 septembre), au fil du Rhône.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?