AccueilArt de vivreSantéL'hypnothérapie, « médecine d'imagination » fonctionnelle

L'hypnothérapie, « médecine d'imagination » fonctionnelle

L'hypnothérapie, « médecine d'imagination » fonctionnelle
© Charlotte Mounard - Le Dr Jacques Fumex, hypnothérapeute, et Romain Migliorini, président de la MTRL.

Art de vivreSanté Publié le ,

L’hypnose est un art millénaire. 6 000 ans av. J.-C., peut-être même avant, les hommes utilisaient déjà cet art de la transcendance de l’esprit. « Vos paupières sont lourdes, de plus en plus lourdes… » Qui n’a déjà entendu cette sempiternelle rengaine censée vous faire basculer en aller simple dans les bras de Morphée ? Après tout, « hypnose », en grec, ne veut-il pas dire sommeil ?
Inventé en 1819 par le baron Etienne Félix de Cuvilers, le terme même d’hypnose est habituellement défini comme un « état de conscience modifié ». À défaut d’un état, pourtant, il vaudrait mieux parler de processus, comme nous l’explique le Dr Jacques Fumex : « Il y a seulement vingt ans, des appareils ont permis de démontrer que l'hypnose était un mode de fonctionnement du cerveau. Il s’agit d’un mécanisme à la fois spontané et volontairement inductible, tout comme la respiration : on peut l'amplifier, la diminuer ou faire des pauses. » Bien que les Anglo-Saxons utilisent le nom de transe, l’hypnose est donc naturelle. Toutes les deux heures, pendant une à deux minutes, nous sommes appelés à rêvasser et revivre, en esprit, une scène avec ses cinq sens et en mouvement ; c'est ce que l'on appelle l'éveil paradoxal. Et si l’on peut bien sûr s'en servir dans le but de manipuler l’autre, la pratique médicale a naturellement de tout autres visées.

Le traitement par la suggestion

L’hypnothérapie porte bien son nom : il s’agit pour le praticien d’utiliser l’hypnose à des fins… thérapeutiques. Largement influencée par Erickson, qui en a développé les outils dans un esprit plus ouvert et respectueux, cette pratique douce permet de combattre le stress, les états post-traumatiques et les troubles psychosomatiques. « Probablement qu'il existe des mémoires émotionnelles très anciennes qui font que le corps dysfonctionne. Et l'hypnose est l'un des outils que l'on utilise pour arriver à arracher ces racines. »
Les phobies, les nervosités, les angoisses, les insomnies, les dépressions, l'inhibition, les addictions ne sont pas des fatalités. Au moyen de la méthode TIPI (technique d'identification des peurs inconscientes), l’hypnothérapeute va pouvoir guérir ce puzzle de sensations physiques que sont les émotions. En douceur. « L'hypnose n'est pas une lutte, c'est une proposition, explique le praticien. Basée sur des suggestions directes ou indirectes, elle se fixe sur les mots du patient et propose des métaphores incluant la solution, comme un feu qui brûle pour des élancements d'estomac ou une rivière bouillonnante qui matérialise une diarrhée intempestive. On propose (incite ?) la personne à revivre dans sa chair le mal qui la ronge. Une seule séance peut parfois suffire à stopper le mal-être. »

De plus en plus utilisée dans les domaines des soins palliatifs et de la cancérologie, l'hypnose peut aussi favoriser le développement personnel à travers la méditation ou la sophrologie. Une médecine à part entière, loin d’être une histoire à dormir debout !

Milton Hyland Erickson (1901-1980), père de l'hypnose moderne

Paralysé dès l'âge de 17 ans des suites d’une polio, le jeune Erickson doit tout réapprendre. Doué d’un solide sens de l’observation (il a attendu 5 ans avant de prononcer ses premiers mots), cet originaire du Nevada va alors calquer ses mouvements sur ceux de sa petite sœur, qui commence à marcher. Passionné depuis toujours par l’hypnose, il devient médecin et met en place une véritable philosophie basée sur le pragmatisme, l'observation et l'acceptation du problème. Sa vision positive de l'inconscient l'amènera progressivement à développer le fonctionnement hypnotique le plus adapté au monde moderne : oublier les suggestions directes (« Dormez, je le veux ») pour passer à des suggestions indirectes (« Je vous suggère de faire ainsi »), voire des suggestions ouvertes pour laisser au patient la capacité d'intégrer et d'utiliser ses ressources.

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