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L'explosion du e-commerce révolutionne la logistique

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L'explosion du e-commerce révolutionne la logistique
Photo DR - e-logistique ge?ne?rique 1

Une dizaine d'années aura suffi pour que le e-commerce bouscule non seulement le quotidien des commerçants......

Une dizaine d'années aura suffi pour que le e-commerce bouscule non seulement le quotidien des commerçants, mais aussi celui de leurs partenaires transporteurs et logisticiens. Car cette nouvelle façon de consommer impose des adaptations majeures dans la façon d'acheminer les produits commandés jusqu'au client final. Au e-commerce est désormais associé la e-logistique. Point faible du commerce électronique dans un premier temps, en raison du manque d'appétence des start-up pour ce sujet qu'elles négligeaient volontiers à la fin des années 1990, la distribution est aujourd'hui unanimement considérée comme un facteur clef du succès. Un enjeu dont les acteurs du marché ont pris conscience, investissant dans des plates-formes dédiées, dont les caractéristiques diffèrent parfois fortement de celles des entrepôts traditionnels.

Avec la montée en puissance du e-commerce, dont le chiffre d'affaires s'élevait à plus de 81 Md€ en France en 2017 (en augmentation de 14,3 % par rapport à 2016), l'ensemble de la chaine logistique a été bouleversée. En amont comme en aval. Hier organisée en étapes successives, cette chaîne logistique est aujourd'hui simplifiée à l'excès. Et la disparition des nombreux intermédiaires, qu'il s'agisse de grossistes ou tout simplement de détaillants, puisque les clients n'ont plus forcément besoin de passer par un magasin pour récupérer leurs articles, a fatalement des incidences sur le transport, l'information, l'entreposage et les prestations à valeur ajoutées comme le co-packing ou le co-manufactoring.

« Les économies ainsi dégagées, grâce à la suppression de ces intermédiaires et des dépenses liées à l'existence physique d'un magasin, permettent en revanche de construire une organisation logistique performante », analyse Frédéric Legras, Responsable de FAQ logistique.

Une organisation performante et très différentes de celle imaginée pour assurer le bon fonctionnement des plates formes traditionnelles. Au niveau du stockage, tout d'abord, puisque la présence d'un nombre de stocks intermédiaires moins importants permet d'obtenir un niveau de stock général également plus réduit. Par ailleurs, toutes les prestations logistiques à forte valeur ajoutée, telle que la préparation de commandes, le co-packing, la différenciation retardée, doivent être réalisée dans un seul entrepôt.

Une autre différence de taille est à prendre en considération au niveau du transport. « Les clients exigent un délai de livraison proche de celui dont ils bénéficieraient s'ils étaient obligés de se déplacer physiquement en magasin. Le transport peut se faire jusqu'au client ou dans un point relais de livraison. Globalement le transport représente un poste de coût plus important que dans la distribution traditionnelle », estime Frédéric Legras.

Enfin, l'organisation de la e-logistique diffère également au niveau des systèmes d'informations, puisque le e-commerce impose un suivi des commandes jusqu'à leur acheminement au client final.

Pour Florent Boizard, Responsable Solutions logistiques dans l'entreprise grenobloise Hardis Group, il est évident que « dans un système de vente entièrement dématérialisé, la logistique constitue un élément de différenciation clé. » La satisfaction du client passe notamment par les garanties apportées sur les délais de livraison, les choix des modes d'expédition (transporteurs), la possibilité de personnaliser l'envoi (adresse de livraison différente de l'adresse de facturation, emballage cadeau, message personnalisé…), de suivre l'état des commandes, et surtout, de retourner les articles qui ne conviendraient pas.

D'où l'impératif pour les professionnels de la distribution classique, ou pour les « pure-players », de mettre en place et de gérer un entrepôt de e-commerce, dont l'organisation est entièrement repensée et optimisée. « Car on ne traite pas un flux logistique individuel vers un client final comme on traite des expéditions globales vers un ensemble de magasins ou distributeurs…, précise Florent Boizard. La plupart des entrepôts sont désormais passés à la préparation de détail, ce qui a imposé une forte évolution de leurs processus opérationnels. Les entrepôts constituent désormais l'interface entre l'entreprise et les clients finaux et sont dès lors confrontés à leurs exigences. »

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Les cinq fondamentaux de la e-logistique

Picking

Deux composantes caractérisent le commerce en ligne : la gamme exceptionnellement étendue d'articles (le e-commerçant n'est pas contraint par les limites physiques d'une boutique) et des commandes en petite quantité, bien souvent mono-lignes, et très disparates, à livrer à des clients individuels. Cela se traduit, au niveau de l'entrepôt logistique e-commerce, par des emplacements de picking nombreux et de taille réduite. Une bonne organisation de la répartition de ces emplacements, ainsi qu'une analyse en amont des commandes sont nécessaires pour optimiser les chemins de préparation des commandes.

Emballage

L'ergonomie du poste emballage doit être pensée dans les moindres détails pour que l'opérateur puisse réaliser en quelques gestes la séquence des opérations. En effet, plus les commandes sont nombreuses, plus l'emballage devient une source de dépense importante dans la chaîne logistique, la plupart des opérations étant réalisées manuellement. Les outils utilisés revêtent donc une importance capitale pour faciliter la tâche de l'opérateur. Des innovations telles que la RFID ou l'utilisation d'écrans tactiles peuvent améliorer la productivité.

Expédition et transport

La grande majorité des e-commerçants sous-traite le transport auprès de plusieurs partenaires, en fonction de la taille des colis, de l'emplacement géographique du client, des délais de livraison souhaités… Un outil de gestion d'entrepôt capable de gérer le paramétrage des étiquettes et des documents de transports conformes aux exigences de chaque partenaire transporteur permet de réduire les coûts, tout en assurant la fluidité et l'automatisation des échanges d'informations.

Suivi des commandes

Pour le client, le site web du e-commerçant est l'unique source d'information, sur lequel il doit peut suivre en temps réel l'évolution de sa commande. Le logiciel de gestion d'entrepôt doit être capable de s'interfacer au site Internet, pour automatiser la mise à jour de l'espace client.

Gestion des retours

Pour les professionnels de la logistique, la gestion des expéditions est au cœur de leur métier. Mais en matière de e-logistique, celle des retours l'est également. Il est donc essentiel d'optimiser l'ensemble du traitement des retours : regroupement et remise en stock immédiate des produits à forte rotation, remise en stock au fil de l'eau selon un chemin optimisé pour les produits à faible rotation, regroupement des articles par fournisseur et / ou par enseigne pour les prestataires logistiques opérant pour plusieurs sites e-commerce…

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Hardis Group installe des drones dans les entrepôts

Créé en 1984, le Groupe Hardis exerce le double métier d'éditeur de logiciels et de société de services informatiques. Il intervient notamment dans la logistique et le transport. Basé à Grenoble, Hardis Group dispose de 5 autres agences en France, dont une à Lyon.

A l'occasion du salon SITL 2015, le Grenoblois Hardis Group a présenté un drone spécialement conçu pour les entrepôts. Concrètement, il s'agit d'un système embarqué sur un drone destiné à automatiser la réalisation des inventaires et des opérations de contrôles de stocks dans les entrepôts. « Avec cette innovation, brevetée je le précise, les logisticiens pourront automatiser les inventaires dans les entrepôts, repérer et corriger les erreurs de stockage tout au long de l'année », indique Florent Boizard.

Souvent utilisés pour des activités outdoor, dans de très nombreux secteurs professionnels, les drones prennent peu à peu leur place et trouvent leurs usages en univers indoor. Pour Hardis Group, leur taille et leur capacité à effectuer des vols stationnaires et en translation, rend judicieuse leur utilisation dans l'entrepôt. « Elle ouvre des perspectives inédites pour les logisticiens », ajoute-t-il.

Ainsi, le drone imaginé par Hardis Group est à même de se déplacer de manière autonome grâce à une cartographie intégrée de l'entrepôt et à un plan de vol prédéterminé. Il est couplé à un système capable d'identifier et de capturer, grâce à une caméra embarquée, les informations à traiter pour réaliser l'inventaire, associer l'image à sa position dans l'entrepôt et traduire automatiquement sa position 3D en adresse logistique (emplacement de stockage). La technologie embarquée permet de traiter l'intégralité des formats de codes-barres du marché. Les informations recueillies peuvent être exploitées par n'importe quel logiciel de gestion des entrepôts du marché.

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Cécile Michaux : « Le click and collect se développe »

Déléguée générale du Pole d'Intelligence Logistique

La taille des entrepôts diffère-t-elle lorsque l'on passe de la logistique traditionnelle à la e-logistique ?

Il n'y a pas de réponse unique à cette question, car la logique Amazon, à laquelle beaucoup se réfèrent quand ils parlent de e-commerce, n'est pas représentative de toute la filière. Les pure-player ont construit leurs entrepôts et élaboré leur chaine logistique autour du e-commerce avec une forte automatisation. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Les acteurs issus de la distribution classique, qui ajoutent une offre e-commerce, s'attachent quant à eux à créer un autre flux logistique par-dessus les autres. Cela peut demander de créer un nouvel entrepôt dédié, ou de réorganiser sa chaine logistique pour ajouter une couche. Cela n'engendre donc pas automatiquement la création d'entrepôts immenses.

Le développement de la livraison du dernier kilomètre n'impose-t-il pas de rapprocher les entrepôts des centres-villes ?

Là encore on ne peut pas donner une réponse unique. Dans l'absolu, la réponse serait plutôt oui, parce que généralement on raccourcit sa chaine logistique quand on réduit les distances. Mais sur une zone comme la nôtre, avec les bassins de consommation lyonnais et grenoblois, nous ne sommes pas très éloignés des entrepôts qui sont déjà installés dans la périphérie des villes. Et puis, quand on parle des flux logistiques, il faut avoir en tête que, certes l'argument de la distance à parcourir pour les véhicules de livraison est importante, mais il faut aussi prendre en compte la problématique de la rupture de charge. Être obligé d'acheminer une marchandise, de la déposer et de la faire prendre en charge par un autre transporteur pour qu'il assume le dernier kilomètre est aussi très contraignant, parce que cela pose de nouvelles difficultés et des risques de retard. Quand on est sur des distances moyennes comme par exemple Saint-Quentin-Fallavier / Lyon, ce n'est donc pas forcément intéressant de ramener les produits dans un entrepôt plus proche de la ville de consommation. Même s'il y a en effet des enjeux de congestion urbaine, d'horaires de livraison… la solution ne consiste pas forcément à rajouter des ruptures de charge supplémentaires.

La question de l'utilisation des drones pour assurer cette logistique de livraison du dernier kilomètre peut-elle être une solution ?

Non, cela tient plus du fantasme que de la solution d'avenir. Aujourd'hui, la logique dans les entreprises est plutôt d'envisager l'utilisation des drones au sein des entrepôts. Il y a d'ailleurs des expérimentations qui sont déjà menées et même abouties. Pour ce qui est des livraisons, le drone n'est pas une solution en zone urbaine, car cela engendre des difficultés de pilotage. En revanche en zone rurale ou de montagne difficilement accessible, cela peut s'avérer très utile. Toutefois cela pose une question de rentabilité et sur ce point nous ne sommes pas certains que le marché soit mûr.

Quelles sont les autres possibilités ?

Ce qui se développe beaucoup c'est le click and collect. Le consommateur commande en ligne et vient retirer son article en magasin ou en point relais. Ainsi l'article est acheminé par le biais d'un circuit de distribution déjà existant entre l'entrepôt et le magasin. On vient se greffer sur un circuit existant et c'est le consommateur qui se déplace ; on n'ajoute pas de circuit de livraison supplémentaire. Chez Décathlon, on développe également le click and collect à l'entrepôt. On accueille le consommateur final dans l'entrepôt, ce qui est novateur, même si ça n'a rien à voir avec de la consolidation en entrée de ville avec de la livraison à vélo ensuite.

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Spartoo a repris sa logistique en main

Acteur incontournable depuis quelques années sur le marché de la vente en ligne de chaussures, Spartoo.com a repris en direct sa logistique en 2015. A la tête de son entrepôt de Saint-Quentin Fallavier, Stéphane Bulliod explique le fonctionnement de cette plateforme.

Installée sur 23 000 m2 couverts au cœur du Parc de Chesnes, le « ventre » logistique de l'agglomération lyonnaise, la plateforme d'entreposage et de distribution Spartoo.com symbolise parfaitement les nouveaux défis que doit relever la e-logistique. Sur ce site qui a nécessité un investissement de 5 M€, 120 personnes sont employées pour assurer la réception et l'expédition de 7 000 à 8 000 colis chaque jour. « Nous enregistrons des pointes à 15 / 16 000 par jour le lundi et jusqu'à 25 000 au moment des soldes », indique Stéphane Bulliod, directeur général de la branche logistique de Spartoo.com.

En dépit d'une automatisation très poussé (Ndlr : véritable usine logistique 2.0, la plate-forme de Saint-Quentin Fallavier fonctionne avec tablettes, smartphone, RFID), Spartoo a tenu à conserver des effectifs importants sur le site. « L'automatisation n'est pas là pour chasser l'Homme et il n'y a pas moins de salariés que dans une unité logistique traditionnelle, bien au contraire, explique Stéphane Bulliod. Cela nous permet surtout de soulager les employés, qui sont confrontés à des tâches répétitives. On ne travaille plus avec un support de manutention palette, mais au produit. Et à partir d'un certain volume de produits, la question de la mécanisation se pose automatiquement. »

En zone de réception du site, les boîtes de chaussures sont déposées à la main sur un convoyeur. Des caméras haute résolution identifient les étiquettes associées aux boîtes, et les comparent pour vérification à la base des articles attendus. De manière automatique, une étiquette RFID (identification automatique par radiofréquence) est collée sur chaque boîte. Cette dernière est ensuite pesée, puis entourée d'une banderole Spartoo avant qu'un opérateur ne la mette en bac.

La RFID a fait énormément gagner en qualité et en cadence de traitement des flux entrants. « Sur certains process, nous avons multiplié par cinq nos cadences, notamment sur le colisage des commandes mono-produits, souligne indique-t-il. Cette façon de faire nous permet de suivre un produit, où qu'il se trouve dans le dépôt, et surtout d'éviter les erreurs avant expédition. »

En préparation de commande, des lecteurs de codes-barres ont été fixés sur les chariots, afin que les opérateurs scannent le produit au moment du prélèvement. S'ils scannent une mauvaise référence, leur préparation est bloquée et un message est envoyé sur le téléphone du chef d'équipe. « Nous avons ainsi quasiment 100 % de fiabilité en préparation. » En bout de ligne, deux tunnels RFID, couplés à des lecteurs de codes-barres, valident les commandes en associant les tags RFID des boîtes de chaussures aux numéros de série apposés sur des cartons de suremballage d'expédition dans lesquels elles ont été déposées au préalable.

En prenant possession d'un site sur lequel il n'y avait quasiment rien à modifier, Stéphane Bulliod a donc pu relever le défi qui lui était lancé. « Notre credo est simple : délais courts et qualité d'expédition. Notre rôle consiste à livrer le plus vite possible le bon produit. Et pour que le modèle fonctionne, nous devons amener le magasin dans la salle à manger de notre client », achève-t-il.




Jacques DONNAY
Journaliste

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