L'effet du logis

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Les adeptes et autres passionnés du pays du soleil levant attendent chaque année avec une certaine fébrilité cet événement propice au voyage et à la découverte. La 20e édition de la Japan Touch déclinera, une nouvelle fois à Lyon, les curiosités de l'archipel aux 6 852 îles, ses traditions, ses arts et sa culture. Chacun de nous a en tête le carrefour de Shibuya, aux faux airs de Time Square et traversé par quelque 100 000 Tokyoïtes chaque… heure ! Une densité qui interpelle et renvoie aux difficultés rencontrées par les autochtones pour se loger. A en juger par les diverses études sur l'immobilier local et les classements générés, Tokyo est considérée comme l'une des villes les plus chères au monde. La capitale nippone ferraille avec New York, Londres ou sa rivale asiatique Hong Kong. Les prix au mètre carré flambent, et pas uniquement sur le segment du luxe ! L'accès à la propriété s'avère laborieux.

L'analogie entre les prix pratiqués au Japon et ceux relevés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ne présente que peu d'attrait. En revanche, force est d'admettre que chez nous, l'appétence pour la propriété est manifeste puisque, comme l'indique la dernière étude de l'Insee, « la région Auvergne-Rhône-Alpes est, entre 1968 et 2014, la deuxième région française à avoir connu la plus forte augmentation du taux de ménages propriétaires ». Ces derniers ont littéralement triplé en un demi-siècle. Sur les 3,43 millions de ménages que compte notre région, 2 millions sont propriétaires. La part des ménages propriétaires atteint même 70 % dans le Cantal qui tranche avec le Rhône, seul département à présenter un taux largement inférieur à la moyenne régionale. Légitimant l'adage « ruraux = proprios », plus de deux ménages sur trois le sont en Haute-Loire et en Ardèche. Au cœur des grandes agglomérations, la tendance est tout autre. Les raisons sont légion. Economiquement dynamiques, ce qui engendre un renchérissement du coût de l'immobilier, ces territoires abritent une population jeune, notamment étudiante au pouvoir d'achat contraint, et une forte concentration de grands ensembles de logements sociaux.

L'étude pointe également un paradoxe : la taille des ménages ne cesse de décroître (de 3,1 personnes en 1968 à 2,4 en 2014) alors que celle des logements suit le chemin inverse. Si les maisons demeurent plébiscitées par les propriétaires, les locataires occupent davantage des appartements. Ancien locataire de la place Beauvau, Gérard Collomb a retrouvé « ses » appartements de l'hôtel de ville lyonnais. La durée du bail est connue : jusqu'aux municipales 2020 ! Ensuite ? Soit il proroge, soit les électeurs le remercieront, lui signifiant « bail-bail »…

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