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L'Échange de Claudel par Schiaretti au TNP

Après une saison blanche, Christian Schiaretti s'est remis à l'ouvrage, tout d'abord avec la reprise de La voix humaine de Cocteau en octobre puis maintenant la création d'une des premières pièces de Paul Claudel, L'échange. Avant une dernière création pour la saison en mars, Victor ou les enfants du pouvoir de Roger Vitrac.
L'Échange de Claudel par Schiaretti au TNP
Michel Cavalca - L'échange de Paul Claudel, mise en scène de Christian Schiaretti

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Pièce de jeunesse remaniée par Paul Claudel quand Jean-Louis Barrault voulut la remonter en 1951, L'Echange respecte les codes classiques d'unité de temps, de lieu et d'action. C'est pourtant la première version qu'a choisi de monter Christian Schiaretti, écrite en 1894, alors qu'il effectuait son premier séjour aux États-Unis en tant que vice-consul à New-York puis à Boston.

Une version lyrique à souhait qui met en scène quatre personnages, qui sont comme quatre facettes de l'écrivain ou quatre de ses concepts. Marthe incarne la soumission (on pourra remarquer que c'est, comme par hasard, le seul personnage qui n'a pas de nom propre), Louis Laine la liberté, Thomas Pollock Nageoire la stabilité et l'argent et Lechy Elbernon l'émancipation et le théâtre.

Christian Schiaretti choisit des comédiennes et des comédiens qu'il connaît bien pour ce texte qui nécessite un sacré souffle, même s'il est franchement daté. Que la langue sonne « comme l'on dirait d'une cloche » écrit le metteur en scène dans le programme de salle. La scénographie, magnifique est d'une sobriété exemplaire.

Un sol marbré de rouge, un tabouret et une pluie de sable ouvrant la pièce, également unique fantaisie scénographique, sont les seuls éléments de décor tangibles, les lumières feront le reste. Les interprètes aussi. Parfaits chacun dans un registre différent. Marc Zinga en Paul exalté et lyrique, Louise Chevillotte en femme éplorée (mais pas trop) et tragédienne, Robin Renucci tout en retenue et Francine Bergé, magnifique en Lechy. Ça ne suffira pas à tromper l'ennui d'une mise en scène trop sage.

TNP, jusqu'au 22 décembre, www.tnp-villeurbanne. com

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