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Dossier : L'eau irrigue l'économie d'Auvergne-Rhône-Alpes

Dossier : L'eau irrigue l'économie d'Auvergne-Rhône-Alpes
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Auvergne est plutôt bien servie dans le domaine. Cerise sur le gâteau, la mondialisation emmène aujourd'hui des noms comme Vichy, Evian, Thonon ou encore Vals à l'autre bout de la planète.

Le Massif centrale d'un côté. Les Alpes de l'autre. Les sources d'eau jaillissent des sols de Rhône-Alpes Auvergne depuis des millénaires. La première source connue et exploitée dès la période de l'Antiquité romaine se trouve notamment à Saint-Galmier, qui produit aujourd'hui Badoit. Longtemps vendues en pharmacie, pour leurs vertus thérapeutiques, les eaux de sources étaient réservées à la prescription médicale. Diurétiques, détoxifiantes, conseillées pour les nourrissons, les personnes âgées ou encore en cas de troubles hépatiques ou digestifs, les eaux ont quitté le cercle fermé de la médecine et du thermalisme pour être exploitées par les grands industriels. Et commercialisées pour le plus grand nombre.

Rhône-Alpes Auvergne n'échappe pas au phénomène. Les groupes Danone et SNC Neptune trustent l'activité avec plusieurs sites d'exploitation. Peu délocalisables, les investissements et les emplois se concentrent autour des sources. Plusieurs pôles en témoignent. La société des Eaux minérales d'Evian draine l'économie de la ville avec des usines, un centre de décision et de nombreux événements, organisés en Haute-Savoie chaque année par le groupe Danone. Volvic agit dans la même optique : site de production, centre de décision, communication axée sur la « force des volcans » profitent à toute la région. Enfin, Badoit à Saint-Galmier dans la Loire, se veut un pourvoyeur d'emplois et de business pour toute l'agglomération.

Au regard de ce panorama, les « petits producteurs » ont-ils encore une place? La question semble délicate. L'eau de Divonne pourra être commercialisée grâce à un investissement de près de 20 M€ et l'eau du Domaine de Sail, dont l'investisseur qatari avait injecté 2,5 M€ en 2010, n'a pas réussi à émerger. Les lourds engagements financiers réduisent l'accès au marché, qui pourtant ne cesse de progresser. L'eau étant devenu un produit convoité et non moins essentiel à la bonne santé des populations.

Outre l'activité économique locale, ces eaux se révèlent un formidable vecteur d'image pour les communes et les territoires. Les noms d'Evian, Volvic ou encore Vals ont largement dépassé les frontières régionales et mêmes nationales. Le groupe Danone commercialise ses eaux dans le monde entier, communique largement sur les bienfaits des eaux des Alpes ou des volcans d'Auvergne. Les produits se transforment en ambassadeurs de la région.

Des eaux à prix d'or


Tout semblait placer sous de bons auspices pour l'Eau de Sail, un domaine repris par un fond Qatari en 2010 à Sail-les-Bains, dans la Loire. La SAQR Qatari SA, détenue par un homme d'affaires libanais, avait injecté quelque 2,5 M€ pour relancer la production d'une « eau gastronomique » vendue à prix d'or, 20 € les 40 cl, dans un flacon prestige digne des plus grands parfums. A la barre du tribunal de commerce de Roanne mi-juillet, les dirigeants ont confirmé que la production était stoppée depuis mi-juin. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire le 29 juin. Son chiffre d'affaires 2014 s'établissait à… 3 200 €. Visant un marché de restaurateurs et d'épiceries fines haut de gamme, l'ambitieux propriétaire n'aurait pas rencontré son marché.

L'eau pétillante Chateldon, « la reine des eaux » selon la marque elle-même, semble avoir, quant à elle, trouvé son créneau. Vendue jusqu'à 8 € la bouteille, elle a séduit les grandes tables. Plutôt, elle a sélectionné les hôtels et restaurants étoilés qui ont le privilège de la distribuer : restaurant Troisgros à Roanne, groupe Concorde Lafayette, Le Fouquet's, Maxim's… L'eau Chateldon ne s'attarde pas dans les rayons des supermarchés.


Chiffres clés

L'Auvergne compte 18 entreprises industrielles d'eaux de table (code Naf1107A). Elles emploient près de 1 300 personnes (source CCI Auvergne – Arvics Eco), concentrées sur le département du Puy-de-Dôme avec la forte implantation des Eaux de Volvic qui représente à elle seule près de trois-quarts des emplois de cette activité en Auvergne.

La CRCI Rhône-Alpes dénombre 18 établissements du même secteur, soit près de 1 600 emplois. La prédominance d'Evian en Haute-Savoie tire l'activité. Quelques petites structures sont toutefois implantées en Ardèche comme la Société des eaux minérales de Vals avec ses 40 personnes et la société d'exploitation des sources Arcens et ses 30 salariés. Dans la Loire, outre le géant Badoit, Parot emploie 40 salariés.

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