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L'art contemporain des collectionneurs à l'IAC

La dernière exposition de l'Institut d'art contemporain (IAC) de Villeurbanne présente un vaste panel de l'art d'aujourd'hui.
L'art contemporain des collectionneurs à l'IAC
Photo : Blaise Adilon - Delphine Balley, Faux-semblants (1)

CultureExposition Publié le ,

Organisée en collaboration avec l'Adiaf (Association pour la diffusion internationale de l'art français) dans le cadre de la 5e édition de son exposition triennale, « Le temps de l'audace et de l'engagement » présente les choix de 85 collectionneurs privés, soit leurs acquisitions depuis 2012. Cela donne un accrochage tout à fait éclectique et foisonnant où l'on retrouve à la fois les chouchous du marché actuel et d'autres artistes moins repérés ou plus confidentiels.

À l'inverse des précédentes éditions qui s'étaient toutes déroulées dans un musée, l'Institut d'art contemporain, « en tant que centre d'art, s'est proposé d'envisager cette exposition moins comme un panorama des collections françaises que comme l'activation et la mise en évidence du lien entre l'artiste et les différents maillons de la « chaîne de coopération » de la production artistique ». Ainsi, sur les 157 œuvres rassemblées ici, on en trouve 12 spécifiquement réalisées pour l'occasion (signalées par un cartel orange), permettant aux collectionneurs d'être non seulement acheteurs mais aussi acteurs et producteurs d'œuvres d'art. Une belle passerelle qu'offre ainsi l'IAC aux artistes et à leurs mécènes.

C'est le cas dans la première pièce qui accueille le visiteur à l'entrée, avec une image très grand format de deux visages de femmes en très gros plan, extraite de la dernière vidéo de l'artiste drômoise Delphine Balley, qui travaille sur l'inquiétante étrangeté qu'a décrit Sigmund Freud comme « la sensation d'avoir déjà vu une chose quelque part, mais légèrement différente ».

Une inquiétante étrangeté

Une inquiétante étrangeté que le visiteur ressent tout au long de sa déambulation dans les vingt espaces qui jalonnent l'exposition. Ainsi de la vidéo de Julien Crépieux, en salle 6, Sans titre (vortex), un étonnant plan fixe de 10 minutes à regarder en intégralité, également une œuvre nouvelle. Ou encore la très poétique installation de Isa Barbier, composée de plumes de goélands, de fil et de poudre de marbre de Carrare, agencés avec une grande minutie pour former un cône, à la frontière du réel et de l'évanescent.

Le parti-pris de Mehdi-Georges Lahlou est tout autre même s'il est teinté d'étrangeté, avec Les Talons d'Abraham, une installation politique qui interroge la religion et le genre, déplaçant le regard et brouillant les cartes. Tout comme celle de Jonathan Loppin et ses Déracinés, troncs d'oliviers de 800 ans arrachés par l'armée israélienne et rapportés de Palestine, qui figureraient des sculptures antiques d'aujourd'hui.

Au fil du parcours, le visiteur découvre des mondes très différents, une sculpture minimale de Toni Grand converse avec le squelette de cygne monté sur roulettes de Basserode. Des supports très divers aussi, de la peinture à l'huile à la vidéo en passant par le bois et la photo. 129 artistes à découvrir dans un même lieu, ce serait dommage de bouder son plaisir.

IAC, « Le temps de l'engagement et de l'audace », jusqu'au 8 mai, http://www.i-ac.eu

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