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L'Ange de feu, opéra démoniaque

L'Ange de feu, opéra démoniaque
Iko Freese

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Depuis l’enfance, depuis l’apparition de l’ange Madiel, Renata croit dur comme fer à une destinée de martyre et de sainte. Apparition ou possession diabolique ? Ayant cru reconnaître son ange dans les traits du comte Heinrich, elle part à sa recherche avec l’aide de Ruprecht qui s’est épris d’elle. Inspiré par un roman de Valéri Brioussov, porté par une musique expressionniste qui surligne des situations psychodramatiques violentes, L’Ange de feu défie la rationalité. Trop peut-être pour les directeurs d’opéra du début du XXè siècle, indifférents à cet ouvrage que Prokofiev a mis longtemps à accoucher. Composé en 1927, il devra attendre 1954 pour la première audition en version de Concert (Théâtre des Champs Elysées à Paris), et 1955 pour une première version scénique à la Fenice de Venise. Les Russes ne découvriront cet opéra qu’en 1991, sur la scène du Kirov à Saint-Petersbourg.


Comment mettre en scène ce livret qui se déroule au temps de la Renaissance avec ses livres interdits, l’inquisition triomphante et les bûchers pour sorcières? Sans doute pas en la ramenant à une simple lecture psychanalytique. Pas question de raconte, comme l’explique le metteur en scène Benedict Andrews, l’histoire « d’une petite et bonne fillette à son papa devient soudainement incontrôlable pour développer une sexualité propre et inquiétante ». Opéra démoniaque, L’Ange de feu est bien plus que cela.
Le public de l’Opéra de Lyon, où l’œuvre est présentée pour la première fois, découvrira l’ouvrage de Prokofiev sous la baguette de Kazushi Ono. Sur le plateau, Laurent Naouri et Austine Stundyte (inoubliable dans le rôle-titre du Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch, présenté en février dernier) interprètent les ceux principaux rôles, au sein d’une distribution majoritairement slave.

Opéra de Lyon, 11 au 23 octobre
www.opera-lyon.com

Benedict Andrews


Agé de 44 ans, considéré comme l’un des meilleurs metteurs en scène de sa génération, l’Australien Benedict Andrews a fait ses débuts en France, en 2012, avec une pièce de Botho Strauss. Entre les théâtres de Sydney et la Schaubühne de Berlin, il adapte Shakespeare, Brecht, Tchekhov, Tennessee Williams.... Ses lectures, souvent radicales, lui valent de nombreuses récompenses. A l’opéra, il a mis en scène Stifelio et Macbeth de Verdi, La Bohême de Puccini, Les Noces de Figaro de Mozart ou encore L’Ange de feu, l’opéra maudit de Prokofiev, créé à l’Opéra comique de Berlin, repris à Lyon avec une nouvelle distribution. Lyon qui découvre cette griffe iconoclaste dans des décors de Johannes Schütz et des costumes de Victoria Behr.

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