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Juliette Jarry : l'accompagnement différencié

A la fin de ses cinq années d’études en sciences-politiques (trois ans à l’IEP de Lyon, puis un an à Barcelone et un à Paris), Juliette Jarry ambitionne d’intégrer le Quai d’Orsay ou de se pencher sur la question de l’optimisation des politiques publiques.

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Elle n’envisage pas immédiatement la création d’entreprise, dont elle admet avoir, à ce moment-là, « une vision plutôt macro-économique ». Dans le même temps, elle se frotte, pour la première fois, à la problématique de la dépendance : sa grand-mère, une ancienne institutrice de 89 ans, très vive d’esprit mais qui ne peut plus se déplacer à son aise, est en maison de retraite. Elle n’est jamais plus heureuse que lorsqu’elle reçoit ses hôtes, fustigeant régulièrement tous « ceux qui jouent à la belote », leur préférant les grandes discussions, surtout théologiques, avec ses visiteurs. De ces rencontres régulières émerge l’esquisse d’un projet centré autour de l’accompagnement de la dépendance, « des acteurs de vie qui tisseraient des liens intergénérationnels » comme ceux qu’aiment sa grand-mère. Très autonome, en recherche de responsabilité, cherchant à ne jamais s’attacher à ce qui est déjà fait, Juliette Jarry opte finalement pour l’entreprenariat après une formation de six mois puisqu’« elle ne connaît rien à l’entreprise ». Au départ, elle est seule : la jeune femme tient les rôles de comptable, de chargée de recrutement, de commerciale ou d’évaluatrice chez les clients. Cette période est l’occasion « d’apprendre tous les métiers et de développer des capacités et des ressources inimaginables », confie-t-elle. Dans un contexte français plutôt favorable aux services à la personne, l’entreprise grandit, vite, et deux ans plus tard, une directrice d’agence vient seconder la dirigeante. A partir de ce moment, elle structure, déploie, dirige pour atteindre, huit ans plus tard, les 50 collaborateurs en devenant « l’inventeur de solutions, le chef d’orchestre » de l’entreprise. Avec l’énergie et la volonté de « sortir de ce qui existe », elle détonne dans le secteur : tandis que les salariés de la profession ont en moyenne 46 ans, la moyenne d’âge chez Adéa Présence n’est que de 26 ans. Même constat en matière de niveau d’étude : quand le secteur emploie de nombreux non qualifiés, la majorité de ses employés ont le niveau Bac +4. « Nous faisons un métier très difficile, où l’on est seul au domicile, face aux imprévus, aux clients et à leurs réactions. Il faut avoir la capacité de prendre du recul », souligne-t-elle. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5105 du samedi 14 juin 2014

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