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Jean-Louis Martinelli, le franc-tireur

En mars 1972, Jacques Duhamel, ministre des Affaires culturelles, donne le sigle du Théâtre National Populaire au Théâtre de la Cité à Villeurbanne.

ActualitéSociété Publié le ,

En juin, le TNP ouvre ses portes avec Massacre à Paris, une pièce d’après Marlowe, mise en scène par Patrice Chéreau. Dans la salle, un jeune homme de 21 ans, étudiant à l’Ecam, dont l’accent trahit les origines aveyronnaises, et sa femme, une étudiante en lettres qui deviendra la mère de ses enfants. « Je veux faire ça ! », proclame-t-il à l’issue de la représentation. Quatre décennies plus tard, Jean-Louis Martinelli fait partie du paysage théâtral français à qui cet enfant de la décentralisation a donné ses lettres de noblesse en creusant le sillon du théâtre contemporain.
Dans les semaines qui suivent, aux Lazaristes, collège où Roger Planchon avait essuyé ses fonds de culotte, il monte la compagnie du Réfectoire, nom donné à la troupe qui répétait dans ce local que l’école mettait à sa disposition. « J’avais envie de raconter des choses sur le monde », explique le futur ingénieur qui travaillera deux ans à la Part- Dieu pour le groupe Saint-Gobain. Il se souvient de Défense de circuler sous la charge, création collective où il dénonçait les conditions de travail en usine. « Je me souviens que, le soir de la première, il y avait quatre spectateurs, et parmi eux, Lucien Attoun, patron du Théâtre ouvert, et sa femme ». L’année suivante, il monte La Colonie, une pièce de Serge Rezvani sur le thème de l’immobilier. En 1977, la professionnalisation consacre un parcours sans faute qui passe par Saint-Fons, Les Célestins, le TNP et quelques grands théâtres de l’Hexagone. « Au début, nous n’avions pas un centime de subvention, se souvient-il. Pendant dix-huit mois, nous fonctionnions avec des emplois jeunes ».
La consécration vient en juillet 1987 lorsque la Ville lui donne les clés du Théâtre de l’Ouest lyonnais. Le nomade pose ses valises dans cette salle dédiée à l’accueil de spectacles, lui qui, depuis un an, réfléchissait « à l’ouverture d’un lieu dans le quartier de la Confluence ». Visionnaire ! Pendant six ans, le Théâtre de Lyon, ainsi rebaptisé, crée l’événement avec quelques productions emblématiques. Parmi elles, La Maman et la putain de Jean Eustache, Quartett d’Heiner Müller ou encore L’Eglise de Céline, un tiercé qui place Jean-Louis Martinelli parmi les meilleurs metteurs en scène français. .../...



Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5088 du samedi 15 février 2014

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